La tension reste vive autour du dossier de Badra Koné, ancien président de la délégation spéciale de Matam et tête de liste du parti GMD (Génération pour la Modernité et le Développement) aux élections communales dans cette commune de Conakry.
Détenu depuis plusieurs jours à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ) à Kaloum, l’ancien maire n’a toujours pas été présenté devant un juge d’instruction, une situation qui suscite colère et incompréhension au sein de son mouvement .
Ce mardi 28 avril 2026, les candidats du GMD inscrits sur la liste électorale communale de Matam se sont massivement mobilisés devant les locaux de la DPJ pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « détention illégale » de leur tête de liste.
Prenant la parole au nom des 41 conseillers de la liste GMD, Touré Aboubacar, également candidat dans la commune de Matam, a exprimé leur vive préoccupation face à cette situation.
« Nous sommes venus à la Direction Centrale de la Police Judiciaire pour prendre des nouvelles de notre tête de liste, M. Badra Koné. Aujourd’hui, nous constatons qu’il est détenu de manière illégale », a-t-il déclaré.

Selon lui, Badra Koné s’était présenté volontairement après avoir été invité par les services de sécurité. Toutefois, sa garde à vue aurait été prolongée à plusieurs reprises, au-delà des délais prévus par la loi.
Le porte-parole du groupe affirme également qu’aucune preuve tangible n’a, pour l’instant, été produite contre l’ancien maire.
« Jusqu’à présent, aucune preuve concrète n’a été apportée contre lui. Sa détention semble reposer uniquement sur les accusations formulées par d’autres candidats de Matam », a-t-il soutenu.
Les responsables du GMD s’appuient aussi sur l’article 66 du Code électoral guinéen, qu’ils jugent explicite concernant la protection des candidats pendant la campagne électorale.
« Aucun candidat ne peut être privé de sa liberté durant la période de campagne électorale », a rappelé Touré Aboubacar, appelant les autorités judiciaires à faire respecter cette disposition.
Le parti exige ainsi la libération immédiate de Badra Koné et prévient qu’il pourrait contester la tenue des élections communales à Matam si leur candidat reste détenu.
« Nous ne sommes pas prêts à accepter la tenue des élections communales à Matam tant que notre candidat n’est pas libre. Pour qu’il y ait une compétition équitable, tous les candidats doivent pouvoir circuler librement et battre campagne », a-t-il insisté.
Cette affaire continue d’alimenter les débats politiques dans la commune de Matam, à quelques semaines d’un scrutin communal déjà très attendu.
A suivre…










