A plus de 40 kilomètres de la ville de Kindia, le village de GBÔKÔ est devenu un point chaud de l’exploitation aurifère illégale. Des milliers d’orpailleurs y ont pris d’assaut le cours d’eau local, utilisant des engins flottants artisanaux pour extraire de l’or des sédiments. Une pratique non autorisée qui a des conséquences écologiques inquiétantes, notamment sur la faune aquatique.
Ce mercredi, une délégation conduite par le préfet de Kindia, le colonel Abdel Kader Mangue Camara, s’est rendue sur les lieux, accompagnée du directeur préfectoral des Mines, de la Géologie, des Carrières et de l’Exploitation artisanale. Sur place, plusieurs engins flottants utilisés pour le dragage ont été retrouvés immobilisés dans l’eau, attachés avec des cordes, mais aucun orpailleur n’était visible.

Face à ce constat, le préfet a ordonné, séance tenante, le démontage immédiat des installations illégales. Il a exprimé sa fermeté :
« Nous avons trouvé des machines artisanales montées sur des fûts en plastique, reliées à des moteurs. Ce site n’a jamais été recensé par le ministère des Mines et de la Géologie comme zone aurifère ou diamantifère. Lors de ma première visite, j’avais averti les citoyens de GBÔKÔ de ne pas détruire l’environnement. Aujourd’hui, ils ont quitté la terre ferme pour s’attaquer au cours d’eau. »
Le colonel Camara a également lancé un avertissement aux exploitants clandestins : « L’État n’interdit pas l’exploitation des ressources minières, mais elle doit être légale. Si ces individus continuent dans la clandestinité, ils feront face à la justice. Nous sommes encore dans une phase de sensibilisation, mais cela ne durera pas éternellement. »
Les autorités locales, déterminées à éradiquer ce phénomène, multiplient les descentes sur le terrain. C’est la deuxième visite des responsables administratifs de Kindia à GBÔKÔ. Des mesures sont en cours pour mettre fin définitivement à cette activité destructrice.
Présente sur les lieux, la coordinatrice préfectorale de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes, Madame Fanta Sylla, a souligné les dégâts environnementaux alarmants causés par cette exploitation anarchique.

« Toutes les activités observées ici sont illégales. Il existe des textes et des lois dans le Code minier qui encadrent ce secteur. S’ils sont respectés, les orpailleurs peuvent exercer sans problème. »
Le dragage artisanal, décrié par plusieurs experts pour son impact sur les milieux aquatiques, reste l’une des méthodes les plus utilisées dans cette exploitation illégale. Les autorités locales appellent à la responsabilité des citoyens et réaffirment leur engagement pour la protection de l’environnement.


Depuis Kindia, Ibrahima Sory Traoré, pour guineeminesnature.com










