Une trentaine de représentants des administrations publiques, des institutions financières, des organisations professionnelles du secteur minier, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) ont pris part, ce mardi 30 juin, à Conakry, à un atelier national consacré à la validation de la Stratégie nationale d’inclusion financière des EMAPE. Organisée par le projet planetGOLD Guinée, cette rencontre vise à renforcer l’accès des exploitants artisanaux aux services financiers formels afin d’accélérer la formalisation du secteur, promouvoir des pratiques minières plus durables et réduire progressivement l’utilisation du mercure.
Le projet planetGOLD Guinée, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) à travers le Centre africain pour la santé environnementale (CASE), intervient dans les préfectures de Siguiri, Mandiana et Kouroussa. Il accompagne la Guinée dans la mise en œuvre de la Convention de Minamata sur le mercure en favorisant une exploitation artisanale de l’or plus sûre, plus inclusive et plus respectueuse de l’environnement.
L’objectif principal de cet atelier est de valider les orientations stratégiques, le cadre opérationnel et les mécanismes de mise en œuvre de la future stratégie nationale d’inclusion financière des exploitants miniers artisanaux.
Dans son discours d’ouverture, le représentant pays du Centre Africain pour la Santé Environnementale (CASE), Yao Julien, a rappelé que depuis 2023, le projet planetGOLD Guinée accompagne les autorités guinéennes dans la transformation de l’exploitation minière artisanale vers un modèle plus responsable, plus sûr et plus durable. Selon lui, cette stratégie constitue une étape décisive pour améliorer les conditions de vie des communautés minières tout en conciliant développement économique, protection de la santé publique et préservation de l’environnement.

« Nous croyons fermement que l’inclusion financière est un levier essentiel pour transformer l’exploitation minière artisanale en un secteur structuré, sécurisé et porteur de prospérité partagée. Nous réaffirmons notre engagement à accompagner toutes les initiatives qui concilient le développement économique, la protection de la santé des populations, la préservation de l’environnement et l’amélioration des conditions de vie des communautés minières. »
Le représentant pays a également salué l’engagement du Gouvernement guinéen ainsi que celui des partenaires techniques et financiers qui ont contribué à l’élaboration de cette stratégie.
Le coordonnateur national du projet planetGOLD Guinée, Dr Ibrahima Khalil Doumbouya, a expliqué que le projet est né à la suite d’une étude réalisée en 2021 révélant que l’exploitation minière artisanale utilise près de 42 tonnes de mercure par an en Guinée. Pour inverser cette tendance, le projet repose sur quatre piliers : la formalisation du secteur, l’inclusion financière, la promotion de technologies alternatives au mercure ainsi que la formation et la sensibilisation des exploitants. Selon lui, l’accès au financement est indispensable pour permettre aux artisans d’acquérir des équipements modernes, de couvrir les coûts de leur formalisation et d’adopter des pratiques plus durables.
« Notre objectif est de réduire considérablement cette utilisation du mercure, voire de l’éliminer complètement. Lorsqu’on veut parler d’un secteur durable, il faut permettre aux artisans d’acquérir des équipements alternatifs au mercure, de payer les frais liés à leur formalisation et d’accéder à des financements adaptés. »

Le coordonnateur a également indiqué que le projet ambitionne de formaliser environ 3000 exploitants, principalement à travers la création de coopératives. Il a rappelé que la Guinée fait partie de la troisième phase mondiale de planetGOLD, un programme qui couvre actuellement 28 pays.
« Cette stratégie doit faciliter l’accès des artisans miniers au crédit, à l’assurance et aux moyens de paiement sécurisés, tout en améliorant progressivement la formalisation du secteur, la maîtrise des flux financiers et de la production. Après cette validation, il faudra poursuivre la formation des artisans et renforcer le dialogue avec les banques et les institutions de microfinance afin de favoriser leur inclusion financière. »
Pour Bangaly Djoumessy, conseiller chargé de l’Environnement au Ministère de l’Environnement et du Développement durable et point focal de la Convention de Minamata sur le mercure, cette stratégie répond à l’un des principaux défis de l’exploitation minière artisanale en Guinée : son caractère largement informel. Il a rappelé que les différentes évaluations réalisées dans le cadre du projet ont démontré que l’absence d’un véritable accompagnement financier constitue un frein majeur à la formalisation des exploitants.
« Malgré son importance économique, l’exploitation minière artisanale demeure largement informelle. La formalisation passe nécessairement par un meilleur accompagnement financier des acteurs. C’est précisément pour répondre à cette difficulté que le projet planetGOLD Guinée a fait de l’inclusion financière l’une de ses composantes prioritaires. »

Il a également rappelé que le projet est mis en œuvre depuis 2023 par le Centre africain pour la santé environnementale (CASE), sélectionné à l’issue d’un processus international grâce à son expertise dans les domaines de la santé environnementale et de la gouvernance minière.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom de la Ministre de l’Environnement et du Développement durable, le chef de cabinet Moustapha Le Grand Sylla a souligné que l’accès limité aux services financiers constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à la modernisation de l’exploitation minière artisanale en Guinée. Selon lui, cette stratégie permettra non seulement de renforcer la formalisation du secteur, mais aussi d’encourager des pratiques minières plus responsables, conformes aux engagements environnementaux du pays.
« Sans accès au financement, à l’épargne, au crédit, à l’assurance et à des mécanismes de paiement sûrs, il est difficile d’envisager une transformation structurelle et responsable de l’activité minière artisanale. Il ne s’agit pas simplement d’examiner un document technique, mais de construire un consensus national autour d’une vision commune et d’engagements concrets. »
Insistant sur la dimension environnementale de cette stratégie, il a estimé qu’un meilleur accès aux services financiers contribuera également à réduire la dépendance des exploitants au mercure et à accélérer la transition vers une exploitation plus durable.

« En améliorant l’accès aux services financiers, nous créons les conditions d’une transition vers des pratiques d’exploitation plus sûres, plus responsables et moins dépendantes du mercure. Notre ambition collective doit être de faire de cette stratégie un document opérationnel débouchant sur des actions concrètes, des partenariats renforcés et un mécanisme de suivi efficace. Ensemble, nous pouvons bâtir un secteur minier artisanal plus inclusif, plus formel, plus résilient et plus respectueux de l’environnement. »
À l’issue des travaux de cette session, la République de Guinée disposera désormais d’une Stratégie nationale d’inclusion financière des exploitations minières artisanales et à petite échelle de l’or (EMAPE). Cet outil stratégique sera mis à la disposition des autorités gouvernementales, des acteurs du secteur de l’exploitation minière artisanale et du monde financier afin de favoriser des EMAPE plus responsables, plus inclusives et plus durables.
L’élaboration de cette stratégie sera rendue possible grâce au projet planetGOLD Guinée, financé par le Fonds mondial pour l’environnement (FEM), mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et exécuté par le Centre africain pour la santé environnementale (CASE). Elle constitue une étape importante dans les efforts de formalisation du secteur, de réduction de l’utilisation du mercure et de promotion d’une exploitation minière artisanale conforme aux engagements de la Guinée au titre de la Convention de Minamata sur le mercure.







Sylla Youn, pour Guineeminesnature.com










