Le gouvernement guinéen à travers le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers a officiellement lancé, ce lundi 29 juin, le Projet Eau et Assainissement en Guinée (PEAG). Doté d’une enveloppe de près de 670 millions de dollars américains, ce programme vise à améliorer durablement l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement dans le Grand Conakry tout en renforçant les capacités des institutions du secteur.

Ce projet structurant, prévu sur une période de six ans (2025-2031), ambitionne d’apporter une réponse durable aux difficultés d’approvisionnement en eau potable auxquelles sont confrontées les populations du Grand Conakry.

Dans sa présentation, le coordonnateur du dit projet PEAG, Arafan Bayo, a expliqué que cette initiative va bien au-delà de la réalisation d’infrastructures hydrauliques.

« Le PEAG a pour objectif de développement d’accroître l’accès à des services améliorés d’eau et d’assainissement dans l’agglomération de Conakry et de renforcer la performance opérationnelle et organisationnelle des institutions du secteur. Il a été approuvé en avril 2025 et mis en vigueur en septembre de la même année. Il s’étend sur une période de six ans, de 2025 à 2031 », a-t-il déclaré.

Selon lui, le projet mobilise une enveloppe globale d’environ 670 millions de dollars, financée par la Banque mondiale à travers l’IDA, la Banque européenne d’investissement, l’Union européenne, le Fonds pour l’environnement mondial, Exim Bank ainsi que la contrepartie de l’État guinéen.

« L’ampleur de ce financement témoigne de la confiance que la communauté internationale place dans la Guinée et dans ses institutions », a-t-il souligné.

Arafan Bayo a précisé que le projet s’articule autour de cinq composantes : l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans le Grand Conakry, les réformes institutionnelles du secteur de l’eau, la gestion durable des ressources en eau, l’appui à la mise en œuvre du projet et une composante d’intervention d’urgence mobilisable en cas de besoin.

Il a également annoncé que plus de 2,6 millions de personnes bénéficieront directement du projet.

« La mise en œuvre sera assurée par une unité de coordination sous la maîtrise d’ouvrage du ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, en étroite collaboration avec la Société des Eaux de Guinée (SEG) et les autres agences d’exécution. Les procédures de passation des marchés seront conformes aux règles applicables et le dispositif de suivi-évaluation sera orienté vers des résultats concrets pour les populations. Une attention particulière sera accordée à la performance environnementale et sociale du projet. Les instruments de sauvegarde seront pleinement appliqués et un mécanisme de gestion des plaintes sera opérationnel dès le démarrage. Les questions de réinstallation, de genre et d’inclusion sociale seront traitées avec rigueur et dans le respect des droits des personnes affectées. L’unité de coordination s’engage à conduire ce projet avec transparence, redevabilité et exigence de résultats. Nous sommes prêts. Les populations du Grand Conakry attendent des résultats et nous ferons tout pour être à la hauteur de cette attente », a-t-il assuré.

Prenant la parole, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a qualifié cette journée de « rupture historique » pour le secteur de l’eau en Guinée.

« Aujourd’hui n’est pas seulement le lancement d’un projet. Aujourd’hui marque le commencement d’une nouvelle histoire. Une histoire où la Guinée cesse progressivement de subir ses paradoxes pour commencer à les vaincre. Une histoire où l’eau, source de vie, cesse d’être une promesse lointaine pour devenir un droit effectivement garanti », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que ce projet est le résultat de trois années de négociations, d’études techniques et de concertations avec les partenaires financiers.

« Derrière ces 670 millions de dollars d’investissements mobilisés pour la période 2025-2031, il y a trois années d’efforts ininterrompus, de négociations, de missions techniques, d’études et de persévérance. Nous avons dû convaincre, expliquer, reprendre, améliorer et parfois recommencer. Mais jamais nous n’avons abandonné, parce que derrière chaque réunion, il y avait les attentes silencieuses de millions de Guinéennes et de Guinéens », a-t-il affirmé.

Aboubacar Camara a également rendu hommage aux différents partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux autorités ayant accompagné la préparation du projet, notamment le ministre directeur de Cabinet de la Présidence, Djiba Diakité.

Selon lui, le PEAG s’inscrit pleinement dans la vision de développement portée par le Programme Simandou 2040 et constitue un investissement majeur dans le capital humain.

« Ce que nous lançons aujourd’hui dépasse la simple réalisation d’infrastructures. Nous lançons une nouvelle manière de concevoir le développement. La Guinée, pourtant considérée comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, voyait une partie importante de sa population confrontée aux pénuries d’eau. Sous l’impulsion du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, notre pays a choisi de rompre avec les solutions provisoires pour investir durablement dans l’eau potable, la santé, l’éducation, l’économie, la protection de l’environnement et la paix sociale », a indiqué le ministre.

Le chef du département a insisté sur les retombées attendues du projet, tant sur les conditions de vie des populations que sur la préservation des ressources naturelles.

« Chaque borne-fontaine réalisée est une femme libérée de longues heures de corvée. Chaque réseau construit est une activité économique facilitée. Chaque quartier alimenté est une espérance nouvelle. En renforçant le réseau public de distribution, le PEAG permettra également de réduire progressivement la multiplication anarchique des forages qui menace les nappes souterraines. Nous protégerons ainsi une richesse qui appartient aussi aux générations futures », a-t-il expliqué.

Le ministre a enfin rappelé que le projet repose sur cinq composantes majeures portant notamment sur le renforcement de la production et de la distribution d’eau potable, les réformes institutionnelles, la gestion des ressources en eau, l’appui à la mise en œuvre du projet ainsi qu’un mécanisme d’interventions d’urgence.

« Notre responsabilité est désormais immense. Nous n’avons plus droit à l’erreur. Derrière chaque conduite qui sera posée, chaque station qui sera construite et chaque quartier raccordé, il y a des familles qui attendent. Pour la première fois, l’eau potable et l’assainissement avancent ensemble. Nous voulons bâtir une économie circulaire où les déchets ne seront plus considérés comme une charge mais comme une ressource. Aujourd’hui, nous ne lançons pas seulement un projet. Nous posons l’une des pierres fondatrices de la Guinée que nous voulons léguer à nos enfants », a conclu Aboubacar Camara.

À travers le PEAG, les autorités guinéennes ambitionnent ainsi d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable pour plus de 2,6 millions de personnes, tout en renforçant la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet figure parmi les plus importants investissements jamais réalisés dans ce domaine en Guinée.

A. Camara, pour guineeminesnature.com