À l’heure où la Guinée fait face aux effets croissants de la dégradation des terres, de la déforestation et des changements climatiques, des initiatives citoyennes émergent pour encourager chacun à contribuer, à son niveau, à la préservation de l’environnement.
Acteur de la société civile et du monde rural, Mamadou Saliou Souaré invite ainsi les organisations paysannes, les agriculteurs et l’ensemble des citoyens guinéens à adopter un geste simple : récupérer les graines des fruits consommés et les utiliser pour favoriser la régénération de la végétation.
Dans son appel, il cite notamment les graines de papaye, de mandarine, d’orange, de mangue, d’avocat, de pastèque ou encore de citron. Son idée consiste à les récupérer après consommation, à les laver, à les sécher au soleil puis à les conserver dans des sacs en papier ou des enveloppes.
L’étape suivante serait de profiter des déplacements à l’intérieur du pays pour disperser ces graines dans des espaces susceptibles de favoriser leur développement, notamment dans certaines zones dégradées ou peu exploitées.
« Chaque fois que vous sortez dans un champ ou lorsque vous voyagez le long des routes, jetez ces graines dans les abords des routes, des pistes, des rivières, des terrains vagues et des lits de lacs », propose-t-il.
Pour Mamadou Saliou Souaré, cette pratique pourrait permettre à chaque paysan ou à chaque citoyen de participer directement à la création de nouveaux arbres : « Avec ce simple geste, nous pouvons apporter au moins un arbre chaque saison », estime-t-il.
L’initiative repose sur un principe particulièrement simple : transformer les graines habituellement considérées comme des déchets en futures plantations. Si une partie des graines ne germe pas ou ne survit pas en raison des conditions naturelles, leur dispersion peut néanmoins, selon lui, offrir des opportunités supplémentaires de régénération végétale.
L’acteur du monde rural fait également référence à une expérience menée en Thaïlande, où une démarche similaire aurait été encouragée auprès des populations : « Le gouvernement thaïlandais a promu et donné cette idée à ses citoyens ces dernières années », affirme-t-il.
Il estime que cette expérience peut constituer une source d’inspiration pour la Guinée, en tenant compte des réalités environnementales et agricoles du pays.
La Guinée dispose d’un important potentiel agricole et d’une grande diversité de fruits. Mais la pression exercée sur les ressources naturelles, la déforestation, l’urbanisation et la dégradation de certains sols constituent des défis importants pour le pays.
Dans ce contexte, la plantation et la régénération des arbres fruitiers peuvent contribuer à renforcer la couverture végétale, à protéger les sols contre l’érosion et à améliorer certains écosystèmes. Elles doivent cependant être accompagnées d’actions structurées de reboisement et de restauration des terres.
Pour Mamadou Saliou Souaré, l’urgence est surtout de faire comprendre que la protection de l’environnement ne relève pas uniquement de l’État ou des organisations spécialisées. Chaque citoyen peut également apporter sa contribution.
« Il ne sert à rien de se plaindre de la chaleur, du manque de pluie ou du prix de la nourriture. Nous devons jouer notre rôle de bons citoyens lambda », lance-t-il.
À travers cet appel, Mamadou Saliou Souaré souhaite particulièrement mobiliser les organisations paysannes et les agriculteurs, qui disposent d’un contact direct avec les terres et les espaces ruraux.
L’objectif est d’encourager une culture de la responsabilité environnementale et de faire de la récupération des graines une pratique citoyenne susceptible de s’inscrire dans les habitudes quotidiennes.
Son message invite finalement les Guinéens à privilégier les petits gestes pouvant, lorsqu’ils sont multipliés à grande échelle, produire des effets importants.
« J’ai reçu ce message de quelqu’un. Je pense que l’idée est merveilleuse, alors je la partage maintenant. Vous pouvez faire la même chose aussi ! »
Au-delà de la simple plantation de graines, cet appel pose ainsi une question plus large : comment faire de chaque citoyen un acteur de la restauration de l’environnement et de la préservation des ressources naturelles ?
Décryptage réalisé par Sylla Youn, pour Guineeminesnature.com










