Dossier: Comment les gros producteurs de pétrole font du lobbying contre les efforts de décarbonation

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Créée en 1919, l’American Petroleum Institute qui compte les plus grandes entreprises du secteur pétro-gazier aux USA et engrange près de 240 millions USD de revenus annuels, est devenu une force politique de premier plan. Elle fait notamment du lobbying auprès du Congrès pour le compte de l’industrie, et récemment, il a été découvert qu’elle mène des actions ciblées auprès de pouvoirs publics pour mettre à mal les nouvelles politiques du gouvernement américain en faveur du climat. Des actions commanditées par les compagnies pétrolières, principalement les majors. Un constat qui vient remettre en question la sincérité de leur engagement climatique. Décryptage.

Influence

Dans son rapport annuel sur l’environnement publié en avril dernier, Shell a énormément insisté sur ses investissements dans les énergies propres et ses projets dans ce sens. Le document indique notamment que la société envisage d’installer des centaines de milliers de stations de recharge pour véhicules électriques dans le monde, dans un élan de compensation des dommages causés par l’exploitation des énergies fossiles. Aussi cette action s’inscrit-elle dans la droite ligne des perspectives reluisantes de l’industrie des voitures électriques, la société cherchant à se positionner sur ce segment. Au même moment, le géant a révélé dans un autre document avoir appuyé les actions de l’American Petroleum Institute (API) avec 10 millions de dollars en 2020.

Des sources proches de l’API indiquent d’ailleurs que la société anglo-néerlandaise en est l’un des plus grands appuis. Avec elle, on retrouve ExxonMobil, Chevron et BP, dont les contributions n’ont toutefois pas été publiées.

Contrairement aux déclarations officielles de Shell, Mike Sommers, le directeur général de l’API, s’est montré particulièrement acerbe vis-à-vis des politiques en faveur du climat de la nouvelle administration américaine. Il s’en est notamment pris au projet de financement des bornes de recharge de véhicules électriques en affirmant que « cette transition précipitée vers les véhicules électriques fait partie d’une action gouvernementale visant à limiter le choix des Américains en matière de transport ».

Analysant cette déclaration, The Guardian indique : « Ces liens financiers étroits soulignent le pouvoir et l’influence de l’API dans l’ensemble de l’industrie pétrolière et gazière, et le rôle déterminant du groupe commercial dans la mise en place d’obstacles majeurs aux nouvelles politiques et législations climatiques ».

« Ces liens financiers étroits soulignent le pouvoir et l’influence de l’API dans l’ensemble de l’industrie pétrolière et gazière, et le rôle déterminant du groupe commercial dans la mise en place d’obstacles majeurs aux nouvelles politiques et législations climatiques ».

Sous l’administration Biden, on commence à ne plus compter le nombre de fois ou l’API s’est opposée à des politiques environnementales.

Il faut rappeler qu’en 1998, après que les pays eurent signé le protocole de Kyoto pour aider à réduire les émissions de carbone, l’API avait élaboré une campagne de désinformation à plusieurs millions de dollars pour assurer que le changement climatique n’était pas un problème, rapporte notre source.

Au cours des vingt dernières années, l’API a joué un rôle clé dans le blocage de textes visant à protéger l’environnement. Sous l’administration Trump où les producteurs de schiste ont reçu plusieurs milliards d’aides et d’allègements fiscaux, le groupe de pression s’est introduit à tous les niveaux de l’exécutif. Entre autres exemples, l’ex-secrétaire d’État Rex Tillerson, qui était le patron d’Exxon Mobil et autrefois membre du Conseil d’administration de l’API.

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