À Daloya, dans la sous-préfecture de Moussaya, préfecture de Forécariah, de nombreuses femmes gagnent dignement leur vie en extrayant du sable sur les berges de ruisseaux arides. À l’aide d’outils rudimentaires, elles travaillent dans des carrières de fortune pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Cette activité économique, particulièrement pénible, n’empêche pas ces femmes de racler quotidiennement les berges afin de couvrir les dépenses essentielles du foyer.
« J’ai quatre enfants dont deux filles. Mes deux garçons ont quitté le village pour aller étudier et apprendre un métier. Je vis avec mes deux filles qui ne sont pas en mesure de se prendre en charge. Elles sont élèves. Mon mari est devenu vieux. Notre champ n’est plus productif. C’est pourquoi j’ai décidé de me lancer dans l’extraction du sable. Je peux aujourd’hui subvenir aux besoins de la famille en vendant du sable. Je fais cette activité pour assurer les charges familiales », a affirmé Fatou Sylla.

Sous un soleil de plomb, ces femmes passent toute la journée à extraire et transporter du sable. Elles supportent des charges pouvant atteindre 10 kilos sur la tête. Pour beaucoup, cette activité représente une véritable lutte de survie, malgré des revenus souvent dérisoires.
Le prix du sable varie selon le volume extrait.
« Je peux obtenir un chargement de sable en l’espace de cinq jours. Quand il fait trop chaud, je me repose avant de reprendre les activités le soir. Nos clients nous disent parfois que nos sables n’atteignent pas un chargement. Ils donnent alors 300 000 francs guinéens. Si le volume est bon, c’est 500 000 francs guinéens. La situation est difficile cette année. Nous attendons toujours une aide précieuse de l’État qui, par le passé, nous venait en aide », a-t-elle ajouté.
L’extraction du sable exige un effort physique épuisant. Ces femmes travaillent sans aucune protection adéquate et sont exposées à des maladies respiratoires causées par l’inhalation de poussière.
À Daloya, la pauvreté a poussé de nombreuses femmes à travailler dans les carrières de sable pour tenter de donner un sens à leur existence.


Ibrahima Sory Traoré, pour Guineeminesnature.com










