Après plusieurs mois de préparation, la grande finale du Concours Universitaire de l’Entrepreneuriat de Guinée (CUEG) s’est tenue ce mardi 12 mai dans un complexe hôtelier de la capitale. Initiée par le média en ligne avenirguinee.org à travers son concept « L’avenir c’est nous », cette compétition ambitionne de promouvoir l’esprit entrepreneurial chez les étudiants guinéens et de révéler les talents de demain.

L’événement a réuni des étudiants, des encadreurs universitaires, des membres du jury ainsi que des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Huit candidats, issus de huit universités différentes du pays, ont présenté leurs projets innovants devant un jury rigoureusement sélectionné.

Dans son discours d’ouverture, Mohamed Cissé est tout d’abord revenu sur les motivations de cette initiative avant de rappeler les objectifs du concours.

« Ce concours s’inscrit dans une politique d’accompagnement des initiatives juvéniles et de révélation des talents en République de Guinée. Malgré les efforts remarquables de votre département, le constat révèle que chaque année, des milliers d’étudiants sortent de nos universités. Les plus chanceux d’entre eux décrochent un emploi, tandis que les autres restent malheureusement sans opportunité concrète. C’est pourquoi, dans les institutions d’enseignement supérieur, vous avez instauré des Pools de valorisation, de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Ces structures sont exclusivement réservées à la formation, au coaching et à l’encadrement des étudiants qui allient études et projets. Le CUEG s’inscrit précisément dans cette optique de valorisation de vos réformes. En mettant en compétition les universités guinéennes, notre objectif est de révéler le talent de cette jeunesse qui doit devenir, demain, nos champions nationaux », a-t-il expliqué.

S’adressant à la représentante du ministère, Mohamed Cissé a souligné les défis liés à l’employabilité des diplômés guinéens et a salué les efforts du département de l’Enseignement supérieur, notamment la mise en place des Pools de valorisation, de l’innovation et de l’entrepreneuriat destinés à accompagner les étudiants porteurs de projets.

« Cette ambition prend tout son sens à l’heure où notre pays franchit une étape historique de son développement avec le projet Simandou. Ce gisement de classe mondiale ne doit pas seulement être une opportunité pour les grandes firmes internationales ; il doit être le catalyseur de notre économie locale », a-t-il fait savoir.

Le promoteur du concours a également établi un lien entre l’entrepreneuriat étudiant et les perspectives économiques ouvertes par le projet minier de Simandou. Selon lui, ce gigantesque projet doit profiter aux entrepreneurs locaux et constituer un levier de développement pour l’économie nationale.

« Pour que la Guinée tire pleinement profit de Simandou, nous avons un besoin impérieux d’entrepreneurs nationaux formés, audacieux et capables d’offrir des solutions innovantes tout au long de la chaîne de valeur de ce méga-projet. En encourageant ces étudiants aujourd’hui, nous préparons les acteurs qui feront de Simandou un levier de prospérité pour tous les Guinéens.

Le Concours Universitaire de l’Entrepreneuriat de Guinée n’est pas qu’une simple compétition. C’est aussi un cadre de rencontre, d’échange et de partage d’expériences entre les véritables entrepreneurs opérant déjà sur le marché et les étudiants entrepreneurs qui vont contribuer, à l’avenir, à booster l’économie guinéenne. »

Au-delà de la compétition, Mohamed Cissé a annoncé la mise en place d’un comité de suivi chargé d’accompagner les trois meilleurs projets afin de faciliter leur accès aux financements auprès des bailleurs et partenaires stratégiques.

« Ce soir, huit candidats représentant huit universités guinéennes vont exposer leurs projets et leur génie créateur devant un jury exigeant et rigoureusement choisi. Au-delà des prix et des distinctions qui seront décernés ce soir, je tiens à souligner que notre engagement envers ces jeunes ne s’arrête pas à cette cérémonie. En effet, un comité de suivi a déjà été mis en place avec pour mission spécifique d’assurer la promotion des trois meilleurs projets auprès des bailleurs de fonds et de nos partenaires stratégiques. L’objectif est de transformer ces idées brillantes en entreprises viables en leur facilitant l’accès aux financements nécessaires à la réalisation de leurs ambitions. »

Dans la même dynamique, la cheffe de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, représentante de la ministre Dr Djaka Sidibé, a salué une initiative qui met en lumière l’audace, l’ingéniosité et la vision de la jeunesse guinéenne.

Dans son discours, elle a insisté sur la nécessité de renforcer l’intégration de la recherche scientifique appliquée dans les secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, le numérique et l’intelligence artificielle.

« Les technologies émergentes ne sont plus des options, mais des outils indispensables que nous devons vulgariser au sein de nos institutions universitaires », a affirmé la cheffe de cabinet, Professeure Fanta Touré, exhortant les étudiants entrepreneurs à utiliser ces technologies pour répondre aux réalités locales et créer des emplois durables.

Au nom de son département, Fanta Touré a également réaffirmé l’engagement du ministère à accompagner les jeunes innovateurs à travers le programme de recherche à impact pour la Guinée et le Prix 2026-2028 destiné au financement des projets scientifiques portés par les étudiants et chercheurs.

« Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, sous l’égide du gouvernement guinéen, s’engage à vous accompagner au-delà de ce concours à travers le programme de recherche à impact pour la Guinée et le Prix 2026-2028. Nous voulons financer des projets scientifiques de tous niveaux émanant de vous. Je tiens à saluer votre engagement à nos côtés. Sans votre appui, ces initiatives d’innovation et de mise en relation avec les investisseurs ne seraient pas possibles. »

Cette première édition du CUEG marque ainsi une nouvelle étape dans la promotion de l’entrepreneuriat universitaire en Guinée. Les organisateurs ambitionnent déjà d’étendre la compétition à l’ensemble des universités du pays lors des prochaines éditions afin de détecter et valoriser les talents dans toutes les régions, de Kindia à N’Zérékoré, en passant par Labé, Mamou, Kankan et Faranah.

A. Camara