A travers une cérémonie officielle organisée ce mercredi 25 février 2026 à Conakry, le Ministère du plan et de la Coopération internationale a présenté les résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4).
La rencontre, qui s’est tenue dans un réceptif hôtelier, a réuni de hautes personnalités de l’État, notamment Dansa Kourouma, président du Conseil national de la transition (CNT), Amadou Oury Bah, Premier ministre, chef du Gouvernement, la Générale M’mahawa Sylla, Gouverneure de la ville de Conakry, des représentants d’ambassades et d’institutions internationales accréditées en Guinée, ainsi que plusieurs membres du Gouvernement de la cinquième République.
Les partenaires techniques et financiers ont également marqué leur présence, notamment le Groupe de la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le Fonds des Nations unies pour la population(UNFPA) et l’UNICEF.
Dans sa présentation, le Directeur général de l’Institut National de la Statistique (INS), Dr Makan Doumbouya, a rappelé que le RGPH-4 vise à déterminer l’effectif de la population, sa répartition géographique, sa structure démographique ainsi que ses principales caractéristiques socioéconomiques.
Selon lui, le programme s’est déroulé en huit phases, il s’agit des travaux préparatoires (méthodologie, outils de collecte, infrastructures informatiques) ; cartographie censitaire subdivisant le territoire en zones statistiques homogènes ; recensement pilote ; dénombrement général des ménages et des personnes, enquête post-censitaire ; traitement, analyse, publication et diffusion des résultats.
Deux innovations majeures ont marqué cette édition: digitalisation complète du processus, garantissant rapidité, transparence et sécurisation des données ; et la réalisation, pour la première fois, d’une enquête post-censitaire destinée à mesurer le taux d’omission et d’erreur, conformément aux standards internationaux.
D’après lui, les données provisoires indiquent qu’en 2025, la population résidente de la Guinée est estimée à 17 521 167 habitants. Entre 1996 (7 156 406 habitants) et 2025, la population a plus que doublé, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 3,1 %.
La structure par sexe révèle une légère majorité féminine (51,8 %). La population demeure majoritairement rurale (61,3 %), bien que l’urbanisation progresse rapidement : la population urbaine est passée de 3 656 362 habitants en 2014 à 6 776 769 en 2025.
Les régions les plus peuplées sont Région de Kankan (environ 4,1 millions d’habitants) et Conakry (3,5 millions). À l’inverse, la Région de Mamou enregistre la plus faible population, estimée à 916 535 habitants.
La population guinéenne demeure particulièrement jeune : plus de la moitié a moins de 15 ans et près de 80 % a moins de 35 ans, confirmant un fort potentiel démographique.
La densité moyenne nationale est estimée à 71 habitants par km², avec d’importantes disparités : Conakry atteint 10 200 habitants/km², suivie de Coyah (310 habitants/km²) et Labé (807 habitants/km²).
En matière d’infrastructures, 113 371 infrastructures socioéconomiques de base ont été recensées, dont 102 270 fonctionnelles (près de 90 %), principalement des lieux de culte, établissements d’éducation et points d’eau.

Prenant la parole, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a souligné que cette cérémonie dépasse la simple publication de statistiques. Elle constitue « un moment fondateur dans la construction d’un État moderne », un État qui décide sur la base des faits, agit avec rigueur et efficacité au service de ses citoyens.
Il a rappelé que le RGPH-4 s’inscrit dans la continuité des grandes étapes statistiques nationales (1983, 1996, 2014) et marque une avancée majeure dans le renforcement du système statistique guinéen. Pour la première fois, les technologies numériques ont été mobilisées à toutes les étapes du processus, et une enquête post-censitaire rigoureuse a permis d’évaluer la couverture et la fiabilité des données selon les standards internationaux.
Les résultats préliminaires constituent ainsi « une photographie vivante de la nation », un point de départ essentiel pour mieux planifier les infrastructures, orienter les politiques sociales, anticiper les besoins en éducation, en santé, en emploi et en aménagement du territoire.
Le ministre Nabé a salué la mobilisation collective ayant permis la réussite de cette opération d’envergure nationale : organes de gouvernance du recensement, autorités administratives, religieuses et coutumières, ainsi que plus de 22 000 agents de terrain, dont de nombreuses femmes et de nombreux jeunes, déployés à travers villes, villages et localités parfois difficiles d’accès.
Il a également exprimé sa gratitude envers les partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement déterminant. Pour lui, le RGPH-4 s’impose comme un levier stratégique pour la planification du développement et la maîtrise de l’avenir national.


Sylla Youn, pour guineeminesnature.com










