La réponse à cette question est dubitative. Elle est relative aux tranches sociales de la population Guinéenne. Ceux qui ont les moyens de payer, ne le font pas et ceux qui n’ont pas les moyens, ne peuvent pas payer les factures fiscalisées. L’eau et l’électricité ont été
mises en lumière dans le cas d’un échec de développement. Pourquoi la Direction Générale des Impôts (DGI) ne veut-elle pas un changement dans sa politique fiscale ?
En effet, le Code général des Impôts (CGI) de la Guinée prévoit des exonérations de TVA sur les consommations annuelles domestiques d’eau et d’électricité (l’article 362). Ce qui est un avantage essentiel du développement économique. Mais, voyons tout ça dans la pratique de l’économie Guinéenne :
-Pour l’eau, sur l’ensemble de la Guinée moins de 300 000 branchements privés desservent environ 400 000 personnes sur une population urbaine d’environ 1 000 000 de personnes, soit 23% de la population urbaine. Les 120 000 personnes desservies par les 2307 bornes fontaines ne supportent pas l’impôt. L’exonération au titre de la tranche sociale bénéficie donc à une minorité de la population probablement la plus favorisée. La tranche sociale sur l’eau a pour conséquence d’exonérer de TVA 35% du chiffre d’affaires de la société de gestion des eaux.
-Pour l’électricité, la société Guinéenne de l’électricité gère près de 190 000 branchements, dont 150 branchements industriels. Sur l’ensemble de la Guinée, environ 3 000 000 personnes environs accèdent à l’électricité. Là encore la tranche sociale bénéficie à une minorité de
la population relativement favorisée. La perte de recettes fiscales en tenant compte de la TVA jusqu’ici non déduite peut être estimée à près de 25 milliards de francs Guinéens en 2022, soit 4% des recettes de TVA. La société d’électricité a subi un surcoût fiscal de « 359 millions
de francs Guinéens » qui est un facteur de renchérissement du coût déjà élevé de l’électricité.
Enfin, l’administration fiscale Guinéenne devrait avoir un très grand impact sur l’eau et l’électricité. Cet impact ne devrait pas être limité aux seuls consommateurs. Il devrait aussi concerner les producteurs du bien exonéré. C’est pourquoi la bonne pratique en matière d’impôt sur l’eau et l’électricité doit être compatible avec les capacités administratives
disponibles. C’est pourquoi nous sollicitons au nouveau président élu démocratiquement de considérer ce facteur pour qu’afin les Guinéens puissent obtenir l’eau et l’électricité par le biais de l’impôt.
Dr Mamadou Aliou BAH, Inspecteur Principal des Impôts.









