Le sempiternel problème des communautés côtières de Bangouya, dans la préfecture de Kindia, réside dans la hausse du niveau d’eau du barrage de Souapiti. Cette situation entraîne des impacts sur l’environnement et les communautés riveraines.

Les impactés du projet Souapiti manquent cruellement de moyens. Ils se sentent abandonnés par les autorités, en dépit des promesses qui leur ont été faites.

« Notre localité a été envahie par les eaux. Les autorités nous ont recensés. Nous avons des preuves. Nous sommes allés jusqu’au gouvernorat. Ils ont promis de nous dédommager. Une délégation conduite par le préfet, le colonel Abdel Kader Mangué Camara, s’était rendue à Bangouya. Ils nous ont dit qu’ils paieraient notre argent au mois d’avril ou de mai. Malheureusement, rien n’est fait. Aucune promesse n’a été honorée. Nos maisons, ainsi que nos arbres et nos domaines agricoles, ont été recensés. Nous n’avons reçu aucune compensation jusqu’ici », a déploré Mamadouba Conté.

Plusieurs familles ont été recasées par le gouvernement. Elles vivent aujourd’hui dans une cité où elles ont du mal à accéder aux terres cultivables. Les personnes déplacées affirment ne plus être aussi heureuses qu’auparavant.

« Nous étions à Barenya. Ils nous ont recasés à Mordiya. Ils nous ont promis beaucoup de choses, telles que la construction d’un centre de santé, d’un marché et la prise en charge alimentaire pendant sept ans. Mais toutes ces promesses n’ont pas été tenues. Nous n’avons pas de terres agricoles ici. Les animaux nous fatiguent. Nous n’avons que deux forages. On se bat parfois pour s’approvisionner en eau potable », a affirmé Mabinty Sylla.

Le rêve de nombreux citoyens de la sous-préfecture de Bangouya s’est transformé en cauchemar pendant et après la réalisation du projet Souapiti. Ils ont quitté leur village pour échapper à la montée des eaux. Selon eux, le gouvernement guinéen n’a versé aucune compensation. Ils vivent aujourd’hui de l’aide humanitaire et de la solidarité des villages d’accueil.

De Kindia, Ibrahima Sory Traoré, pour Guineeminesnature.com