Le Ministère des Mines et de la Géologie a servi de cadre, ce mercredi 1er juillet 2026, à la signature d’un partenariat stratégique entre la Société Anglogold Ashanti de Guinée (SAG) et l’Université de Moncton, au Canada. Cette convention s’inscrit dans le cadre du Programme de bourses d’excellence Anglogold Ashanti de Guinée, destiné à offrir chaque année des formations universitaires de haut niveau à des jeunes Guinéens issus principalement des communautés riveraines des zones minières.
Cette initiative, portée par le Gouvernement guinéen, la SAG, le Ministère de l’Enseignement supérieur et l’Université de Moncton, ambitionne de renforcer le capital humain national et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de cadres qualifiés appelés à contribuer au développement économique du pays.
Présidant la cérémonie, le Ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a souligné que cette convention matérialise la vision du Président de la République, qui place le développement du capital humain au cœur de son projet de société.
« Cette cérémonie de signature du partenariat entre l’Université de Moncton, d’une part, et la SAG ainsi que le Gouvernement guinéen à travers le Ministère des Mines et le Ministère de l’Enseignement supérieur traduit concrètement la vision du Président de la République. Il veut que, plutôt que d’investir des fonds dans des comptes bancaires, ils soient investis dans le capital humain. Comme il le dit si bien, lorsque le minerai est vendu sur le marché, il ne reviendra plus. Il souhaite que demain, les investisseurs viennent en Guinée non seulement parce que nous avons des mines, mais surtout parce que nous disposons de ressources humaines de qualité. » a-t-il déclaré.

Le Ministre a rappelé que cette orientation s’inscrit dans le deuxième pilier du programme Simandou 2040, consacré à l’éducation. Selon lui, les discussions engagées avec les compagnies minières visent désormais à privilégier davantage les investissements dans la formation des jeunes, en complément des infrastructures sociales déjà réalisées.
« Depuis plus de trente ans, les entreprises minières construisent des écoles, des centres de santé, des routes ou encore des ouvrages d’adduction d’eau. Ces infrastructures sont importantes, mais investir dans le capital humain l’est encore davantage », a-t-il affirmé.
Évoquant les défis liés à l’exploitation artisanale de l’or dans la région nord-est de la Guinée, Bouna Sylla a indiqué que ce programme de bourses constitue également une réponse au décrochage scolaire observé dans ces localités.
Le Ministre a précisé que six étudiants bénéficieront chaque année de ces bourses jusqu’à la fin de la convention minière, entièrement financées par la SAG. Il a également révélé que le gouvernement négocie actuellement plus de 1 400 bourses avec plusieurs sociétés minières opérant en Guinée.
« Nous voulons envoyer un message fort aux jeunes de la région : il vaut mieux aller à l’école que dans les mines. En allant à l’école, il existe désormais des perspectives concrètes d’études à l’étranger…Avec la CBG, nous avons négocié un million de dollars par an pour financer des études à l’étranger. Avec d’autres partenaires comme SD Mining, Red Rock ou encore CHICO, plusieurs dizaines de jeunes sont déjà partis poursuivre des formations techniques et d’ingénierie. L’objectif est clair : former des compétences qui reviendront servir la Guinée. » a-t-il fait savoir.
Selon lui, les six premiers bénéficiaires effectueront leur départ vers le Canada dès le mois de septembre prochain, après avoir suivi une préparation académique au Centre préparatoire aux grandes écoles de Dalaba.
« Cet accord avec l’Université de Moncton permettra de faciliter leur intégration et leur accompagnement afin qu’ils réussissent leurs études dans l’un des meilleurs systèmes universitaires au monde avant de revenir contribuer au développement économique de la Guinée », a-t-il ajouté.
Dans son discours de circonstances, le Facilitateur principal de ce partenariat, Mamadou Oury Diallo, représentant de Claude Canada, a salué cette initiative porteuse d’espoir pour la jeunesse Guinéenne.

« Ce projet est extrêmement important pour la jeunesse guinéenne. Il permettra aux jeunes talentueux de bénéficier de formations d’excellence dans des universités de renommée internationale comme celles du Canada avant de revenir contribuer au développement socio-économique du pays. » a-t-il soutenu.
Pour sa part, le représentant de la SAG, Abdourahamane Diaby, a insisté sur la portée stratégique de cette initiative.
« Aujourd’hui, nous ne signons pas uniquement un accord de financement. Nous lançons une vision qui place la jeunesse, le savoir et l’excellence au cœur du développement durable. Notre ambition est de permettre à des jeunes méritants issus de nos communautés riveraines d’accéder à une formation universitaire de classe mondiale afin qu’ils deviennent demain des ingénieurs, des spécialistes des technologies, des gestionnaires et des leaders au service de la Guinée. »

Le responsable de la société minière a rappelé que la SAG investit depuis plusieurs années dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau potable et des infrastructures communautaires, tout en estimant que le véritable héritage réside désormais dans la formation des hommes et des femmes.
« Aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape. Nous investissons directement dans le capital humain, car nous sommes convaincus que le plus grand héritage qu’une entreprise puisse laisser aux communautés n’est pas uniquement des infrastructures, mais des femmes et des hommes qualifiés capables de transformer durablement leur pays. »
Il a précisé que les premiers bénéficiaires ont été sélectionnés à l’issue d’un processus rigoureux mené avec le concours du ministère de l’Éducation nationale et suivront une préparation académique avant leur départ pour le Canada.
« Ce programme ne s’arrêtera pas à cette première promotion. Chaque année, de nouveaux étudiants rejoindront cette initiative, qui a vocation à devenir un modèle de partenariat entre l’État, le secteur privé et les établissements d’enseignement supérieur », a-t-il assuré.
De son côté, le Chargé des initiatives internationales à l’Université de Moncton, Mohammed Chekkoui a réaffirmé l’engagement de son établissement à accompagner les futurs étudiants Guinéens.

« Nous sommes heureux de collaborer à cette initiative qui permettra de développer les ressources humaines de la Guinée, notamment dans les régions minières. Nous travaillerons à faciliter l’intégration et la réussite de ces jeunes. » a-t-il déclaré.
Pour sa part, le représentant du Ministère de l’Enseignement supérieur, Facinet Conté, a salué une coopération exemplaire entre le secteur privé, l’État et le monde universitaire.

« C’est un grand honneur de représenter la ministre à cette importante cérémonie qui permettra à des jeunes Guinéens de bénéficier d’une formation de qualité dans une université de renommée internationale comme l’Université de Moncton. Nous assistons aujourd’hui à un bel exemple de capitaux étrangers qui participent à la formation du capital humain indispensable au développement de notre pays. Quant à l’université de Monton, nous comptons vraiment si vous vous l’avez dit, vous allez œuvrer pour vraiment donner une meilleure intégration à ces jeunes Guinéens qui vont aller. Mais ce que nous souhaitons, c’est que ces jeunes nous reviennent avec une formation de qualité qu’ils vont mettre en fait au service de la nation. En tout cas pour le ministère de l’enseignement supérieur, nous sommes très honorés d’être d’accompagner ce projet et Nous encourageons vraiment l’initiative. » a-t-il conclu.
Aminata Camara, pour Guineeminesnature.com










