Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, à travers le Centre National de Protection du Milieu Marin et des Zones Côtières (CNPM-ZC), a lancé ce mardi 23 juin 2026 une réunion interministérielle consacrée au processus de planification de l’usage des terres en zone côtière en République de Guinée. Les travaux, qui se poursuivront jusqu’au 24 juin, réunissent une trentaine de participants issus de quatorze départements ministériels ainsi que des directions techniques du ministère en charge de l’Environnement.
Cette rencontre vise à créer un cadre permanent de concertation entre les institutions concernées par l’aménagement du territoire afin de renforcer la coordination et la cohérence des interventions dans les zones côtières. Financée par la Banque mondiale à travers le projet concerné et mise en œuvre avec l’appui de l’Unité de Gestion du Projet (UGP), l’initiative s’inscrit dans le processus d’élaboration du Plan de Gestion Intégré des Zones Marines et Côtières de la Guinée.
Dans son discours de bienvenue, Mamoudou Binta Keïta, Chef du Département de Protection des Zones Côtières au Centre National de Protection du Milieu Marin et des Zones Côtières, a souligné l’importance de cette rencontre pour l’avenir du littoral guinéen.
« Cette réunion s’inscrit dans le cadre d’une concertation généralisée avec l’ensemble des acteurs qui interviennent sur le littoral guinéen. Dans le cadre de l’usage des terres, nous voulons mener une concertation approfondie afin de poser un diagnostic réel de l’occupation et de l’utilisation des terres, dans le but d’élaborer un Plan de Gestion Intégré des Zones Marines et Côtières en Guinée. »

Évoquant les thématiques qui seront abordées durant les deux jours de travaux ainsi que les résultats attendus, Mamoudou Binta Keïta a indiqué : « Nous allons principalement échanger sur les questions liées à l’usage des terres en Guinée, avec un accent particulier sur le littoral, l’espace marin et côtier. Les discussions porteront également sur le cadre juridique et institutionnel, les activités anthropiques qui s’exercent dans cet espace ainsi que sur les mécanismes de planification permettant une utilisation rationnelle et durable des terres du littoral guinéen. Nous souhaitons nous assurer que l’ensemble des intervenants évoluant dans cet espace soient pleinement impliqués dans le processus d’élaboration du Plan de Gestion Intégré des Zones Marines et Côtières en Guinée. »
Prenant la parole, Alpha Oumar Bah, Directeur national adjoint du Centre National de Surveillance et d’Observation Environnementale (CNSOE), a insisté sur l’importance stratégique du littoral dans le développement socio-économique du pays.

« Cette réunion interministérielle est une étape décisive dans le processus de planification de l’usage des terres de notre zone côtière. Notre littoral est au cœur du développement de la Guinée. Cependant, la superposition des activités agricoles, urbaines, touristiques et minières crée des conflits d’usages qui menacent la durabilité de nos ressources naturelles et la résilience de nos populations face aux effets du changement climatique. »
S’adressant aux représentants des différents départements ministériels, il a souligné la nécessité d’une mobilisation collective : « Face aux défis climatiques et environnementaux, votre leadership constitue le moteur qui nous permettra de construire une stratégie durable, capable de protéger à la fois nos écosystèmes et le bien-être de nos populations. »
Présidant l’ouverture des travaux de l’atelier au nom de la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Moustapha Le Grand Sylla, Chef de Cabinet du département, a salué la mobilisation des acteurs présents et réaffirmé l’engagement du Gouvernement à promouvoir une gestion durable du littoral guinéen.
« C’est avec un immense plaisir qu’au nom de Madame la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, j’ai l’honneur de prendre la parole à l’occasion de l’ouverture de cette réunion interministérielle consacrée à la gestion des terres en zone côtière. Je remercie chaleureusement l’ensemble des départements ministériels pour leur disponibilité et leur engagement à contribuer à cette importante réflexion nationale. »
Par ailleurs, le Chef de Cabinet a rappelé que le littoral guinéen, long d’environ 320 kilomètres, abrite des écosystèmes exceptionnels, notamment les mangroves, parmi les plus importantes d’Afrique de l’Ouest. Cependant, il a souligné que cet espace stratégique fait aujourd’hui face à de nombreuses pressions, notamment l’expansion urbaine, le développement des infrastructures, les activités minières, les aménagements portuaires, l’exploitation des ressources naturelles, l’intensification des usages agricoles et halieutiques ainsi que les effets du changement climatique qui exercent une pression croissante sur les terres et les ressources côtières.
Selon lui, ces enjeux appellent à une meilleure coordination des interventions publiques et à une planification plus cohérente du développement du littoral : « Ces écosystèmes jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité, la protection contre l’érosion côtière et l’élévation du niveau de la mer, le stockage du carbone ainsi que le maintien des moyens de subsistance de milliers de ménages qui dépendent directement ou indirectement des ressources du littoral. »

Pour le Chef de Cabinet, la réussite de cette ambition doit principalement reposer sur une collaboration étroite entre les institutions concernées: «Le Gouvernement s’est engagé à promouvoir une approche intégrée de gestion de la zone marine et côtière, fondée sur la concertation, la planification territoriale et la recherche d’un équilibre durable entre les impératifs économiques, sociaux et environnementaux. Le littoral est un espace où se rencontrent de multiples intérêts et usages. C’est pourquoi le processus de planification de l’usage des terres doit être conçu comme une approche concertée, multisectorielle et participative. », a-t-il déclaré.
Il faut rappeler que pendant deux jours, les participants examineront les enjeux liés à l’occupation des terres, au cadre juridique et institutionnel, aux activités économiques exercées sur le littoral ainsi qu’aux mécanismes de planification nécessaires pour assurer une gestion durable des zones marines et côtières de la Guinée.
Les conclusions de ces travaux vont contribuer, selon les organisateurs, à la mise en place d’un cadre stratégique favorisant une utilisation rationnelle des terres côtières tout en conciliant développement économique, préservation de l’environnement et résilience climatique.






Younoussa Sylla, pour Guineeminesnature.com










