Une urgence silencieuse retient l’attention à Kagbelen, secteur relevant du district de Madina 1, dans la commune rurale de Madina Oula, préfecture de Kindia.
Désertant les bancs de l’école et les champs, la quasi-totalité des jeunes s’adonne corps et âme à un unique gagne-pain : la carbonisation du bois.
Les autorités locales tirent la sonnette d’alarme face à cette hémorragie socio-économique: « Nous avons exhorté les jeunes à postuler auprès des sociétés en charge de la construction des tunnels et des rails du projet Simandou pour obtenir des emplois stables et formels. Certains sont partis, mais après quelques jours, ils sont revenus à leur village pour reprendre leurs activités. J’ai enseigné beaucoup de jeunes de Kagbelen, mais aucun n’est allé jusqu’à l’université. Ils se livrent aujourd’hui à la carbonisation », a déploré Aboubacar Sidiki N’diaye, secrétaire général de la commune rurale de Madina Oula.

Entre la rigueur du salariat industriel, le manque de qualifications durables et l’attrait d’une autonomie journalière illusoire, les jeunes de Kagbelen choisissent un mode de survie à court terme. La fumée âcre et les émanations toxiques dégagées par les meules de charbon ravagent les voies respiratoires des habitants.
« L’argent généré par la vente du charbon ne peut pas couvrir tous les frais médicaux de ceux qu’il rend malades. Je demande aux jeunes d’étudier ou de pratiquer un métier. La carbonisation a des conséquences néfastes pour la santé et l’environnement. Les sociétés minières qui viendront chez vous auront besoin d’ouvriers qualifiés. Ces derniers seront bien payés. Arrêtez de détruire vos forêts à cause du charbon qui consume votre avenir », a conseillé Aboubacar Sidiki N’diaye, secrétaire général de la commune rurale de Madina Oula.
La ruée vers le charbon de bois, motivée par la recherche de liquidités immédiates, menace à la fois l’environnement et la santé publique. Beaucoup de citoyens de Kagbelen se livrent à la carbonisation sans se soucier de ses conséquences.
De Kindia, Ibrahima Sory Traoré, pour Guineeminesnature.com










