Une mission de suivi de terrain de l’ONU Femmes séjourne actuellement en Guinée auprès du Centre guinéen de formation et d’éducation pour le développement (CEGUIFED), dans le cadre de la mise en œuvre des activités financées au titre de l’allocation Muskoka 2024.

Composée notamment de Dr Dieynaba Ndao, Project Manager à ONU Femmes WCARO, et de M. Paolo Cousna, Programme Associate EVAW à ONU Femmes WCARO, la mission vise à faire le point sur l’état d’avancement des activités, à apprécier les résultats obtenus et à échanger avec les différents partenaires et bénéficiaires du projet.

Après une première phase consacrée au suivi administratif et programmatique dans les locaux du CEGUIFED à Sangoyah, la mission a poursuivi, le mardi 1er septembre 2026, ses activités sur le terrain auprès des structures partenaires et des bénéficiaires.

La première journée a été marquée par une série de rencontres et de visites. La délégation a notamment échangé avec la Direction générale des Centres d’appui et d’entrepreneuriat des femmes et filles (CAEF) sur l’état de mise en œuvre des activités relatives à la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle (SRMNIA-NUT).

La mission a également visité le Centre médico-communautaire  Bernard Kouchner  sis à Coronthie dans la commune de Kaloum afin de vérifier les services SRMNIA-NUT disponibles, notamment au niveau de l’Espace Amis Jeunes. La délégation a aussi visité le CAEF de Camayenne dans la commune de Dixinn où elle a échangé avec les responsables du centre sur les formations en cours.

La journée s’est poursuivie ensuite par une causerie éducative avec les bénéficiaires rencontrés à Taouyah, dans la commune de Ratoma. Une rencontre qui a été consacrée aux échanges liés à la santé sexuelle et reproductive et à la planification familiale.

Mme HAPOU KOFOA MAMY, Coordonnatrice du projet SRMNIA-NUT, estime que cette mission constitue une occasion de mesurer concrètement les progrès réalisés sur le terrain.

Mme HAPOU KOFOA MAMY, Coordonnatrice du projet SRMNIA-NUT.

« Nous avons reçu depuis avant-hier la mission d’ONU Femmes, pour passer en revue notre plan d’action trimestriel et voir le niveau d’avancement de la mise en œuvre du projet. Nous nous sommes dit que c’est bien beau de montrer le bureau aux partenaires et de faire les travaux intellectuels, mais la communauté pour laquelle nous travaillons, il faut aussi venir la voir. Donc nous avons visité le Centre Amis Jeunes de Bernard Kouchner et également un CAEF, toujours dans le cadre de la mise en œuvre de ce même projet qui prend en compte les problèmes liés aux femmes, la santé de la femme, l’autonomisation des femmes et la santé reproductive. », a-t-elle déclaré.

Sur le plan des résultats, le CEGUIFED fait état d’un niveau d’exécution jugé satisfaisant pour plusieurs activités prévues au cours du trimestre. Selon Mme HAPOU KOFOA MAMY, 100 leaders religieux sont déjà formés. Ce qui fait qu’à ce niveau l’objectif a été entièrement atteint.

« Il était question de former 100 leaders religieux. Sur les 100 leaders religieux, nous avons atteint un résultat de 100 %.»

Le même niveau de réalisation est enregistré pour la formation des prestataires de santé, ajoute Mme HAPOU KOFOA MAMY. « Il était question aussi de former 100 prestataires de santé. Sur ces 100 prestataires, nous avons également formé les 100. »

Concernant les monitrices des CAEF, le programme prévoit la formation de 72 bénéficiaires. À ce stade, 28 monitrices ont déjà été formées. Pour la Coordinatrice, ces résultats traduisent une progression encourageante du projet.

 « Il est question de former 72 monitrices des CAEF, et là aussi nous sommes déjà à 28 sur les 72. Globalement, nous avons atteint les indicateurs clés du projet au trimestre. »

Au-delà de la sensibilisation et de la santé reproductive, la mission entend également examiner les perspectives liées à l’autonomisation économique des femmes et des jeunes filles. Les visites effectuées dans les CAEF doivent notamment permettre d’identifier les besoins et les possibilités de renforcer l’accompagnement des bénéficiaires.

« Le second volet du projet est consacré à la sensibilisation. Vu ce que la mission a vu dans les CAEF et ce que nous sommes en train de faire, elle a promis de passer au volet autonomisation. C’est pourquoi nous sommes en train de visiter le centre d’apprentissage des jeunes femmes. Pour la suite de la mission, nous allons capitaliser tout ce que nous avons eu à dire avec les partenaires et nous allons nous servir des CAEF comme porte d’entrée opérationnelle du projet dans le futur. »

Pour Oumou Aminata Sacko, Directrice générale adjointe des CAEF, le projet constitue une opportunité importante pour renforcer les capacités des femmes et des jeunes filles en matière de santé reproductive, de prévention des violences basées sur le genre et d’autonomisation.

Mme Oumou Aminata Sacko, Directrice générale adjointe des CAEF.

« Le projet porté par le CEGUIFED a ciblé neuf de nos centres pour accompagner les filles et les femmes qui évoluent dans ces structures à être autonomes, mais aussi à avoir une formation sur la santé reproductive. Nous faisons déjà ces activités dans nos centres, et ce projet vient renforcer les capacités des femmes et des filles afin qu’elles puissent mieux prendre en charge leur santé et leur hygiène. »

La responsable estime toutefois que les efforts en matière de santé doivent être accompagnés d’un soutien économique durable. Elle appelle ainsi à une approche intégrée permettant d’accompagner les bénéficiaires jusqu’à leur indépendance financière.

« Quand on parle de l’autonomisation, on parle d’abord de la santé. C’est bien que les femmes soient en bonne santé et qu’elles soient informées sur leur santé, mais il faut aussi les former et les accompagner de façon très structurelle. Quand elles sont en bonne santé et qu’elles ne sont pas accompagnées, qu’elles ne sont pas autonomes financièrement, je pense que le parcours est à mi-chemin. Il faut aller jusqu’au bout. »

Selon elle, cette approche nécessite une implication conjointe de l’État et des partenaires au développement : « L’État fait quelque chose, mais les partenaires qui sont aujourd’hui là doivent aussi accompagner ces femmes et aller au bout de leur idée. Au bout de leur idée, c’est de les voir aujourd’hui autonomes et indépendantes financièrement. »

A Taouyah, Finda Rosaline Iffono est l’une des animatrices socio-éducatives et présidente de l’Association des jeunes pour le travail (AGT). Elle a expliqué que les séances de sensibilisation s’appuient également sur une démarche de restitution par les pairs.

Finda Rosaline Iffono, animatrice socio-éducative.

« Nous sommes là pour une causerie éducative. Nous avons été formées et nous sommes sur le terrain pour faire la restitution à nos copines qui n’ont pas eu la chance de suivre la formation. Nous avons parlé de la santé sexuelle et reproductive, de la planification familiale avec nos sœurs et nos mamans qui n’ont pas eu la chance de suivre la formation. Nous avons également parlé des contraceptifs, des préservatifs et d’autres moyens de prévention. »

Selon elle, les échanges ont suscité un réel intérêt chez les participantes : « Les filles ont très bien compris le message. Elles nous ont montré qu’elles étaient vraiment satisfaites. Elles se sont montrées engagées et motivées. Elles ont aimé la causerie éducative et certaines nous demandent même de revenir de temps en temps pour refaire ces séances avec elles. »

Pour CEGUIFED, l’enjeu est désormais de capitaliser les acquis enregistrés au cours de cette phase et de renforcer la synergie entre les différents acteurs afin de faire de la santé reproductive et de l’autonomisation des femmes deux leviers complémentaires du développement communautaire.

Quant à la mission de suivi, au terme de ses travaux, devrait permettre de dégager les principales recommandations pour la poursuite des activités et le renforcement du partenariat entre ONU Femmes, CEGUIFED et les CAEF.

Sylla Youn, pour guineeminesnature.com