Le Sénégal renforce son engagement en faveur de la santé reproductive avec l’adoption du Plan d’Action National Budgétisé de la Planification Familiale (PANB-PF) 2024-2028. Élaboré par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, ce document fixe un objectif majeur : faire passer le taux de prévalence contraceptive moderne (TPCm) de 25,6 % en 2023 à 46 % d’ici 2028.
Dans un contexte marqué par une population estimée à plus de 18 millions d’habitants, dont 75 % ont moins de 35 ans, le pays entend relever plusieurs défis liés à l’accès aux services de planification familiale, à la disponibilité des produits contraceptifs, au financement du secteur et à une meilleure coordination des interventions.
Le plan repose sur six axes stratégiques : le renforcement de l’offre et de l’accès à des services de qualité, la création de la demande, la sécurisation des produits contraceptifs, le plaidoyer pour un environnement favorable, la mobilisation des ressources financières et l’amélioration de la gouvernance du programme. Il prévoit notamment le renforcement des services publics et privés, l’élargissement de l’offre au niveau communautaire, des actions spécifiques en faveur des adolescents et des jeunes, ainsi que des campagnes de sensibilisation ciblant les hommes, les femmes, les personnes handicapées et les prestataires de santé.
Des objectifs régionaux ont également été définis afin de contribuer à l’atteinte de la cible nationale. Au total, le Sénégal vise près de 1,47 million d’utilisatrices actives de méthodes contraceptives modernes à l’horizon 2028.
La mise en œuvre du PANB-PF sera accompagnée d’un dispositif de suivi-évaluation comprenant une plateforme numérique de collecte des données, des commissions de suivi, des réunions périodiques, des audits de qualité et deux évaluations majeures, prévues respectivement à mi-parcours en 2026 et à la clôture du programme en 2028.
Le coût global du programme est estimé à 66,27 milliards de francs CFA sur cinq ans, soit environ 110,4 millions de dollars américains. La plus grande part des ressources, représentant 45,4 % du budget, sera consacrée au renforcement de l’offre de services de planification familiale. La sécurisation des produits contraceptifs bénéficiera de 28,3 % des financements, tandis que 20,6 % seront destinés aux actions de création de la demande. Les volets consacrés au plaidoyer, à la gouvernance et à la mobilisation des ressources se partageront le reste du budget.
À travers ce nouveau plan quinquennal, les autorités sénégalaises ambitionnent d’améliorer durablement l’accès à la planification familiale, de réduire la morbidité et la mortalité maternelles et néonatales, tout en renforçant l’équité dans l’accès aux services de santé reproductive sur l’ensemble du territoire national.










