La zone de transit et de tri (ZTT) de Sanoyah, qui joue un rôle important dans la chaîne de gestion des déchets, fait face à d’importantes difficultés depuis la fermeture du dépôt de Dar-Es-Salam. L’éloignement du nouveau site d’évacuation situé à Kouria, le manque de moyens matériels et le faible abonnement des populations aux services des PME de collecte compliquent davantage le travail des équipes.

Selon Yakhouba Bandjan Keita, responsable de la ZTT de Sanoyah, cette infrastructure constitue un maillon essentiel dans le processus de gestion des déchets.

« Comme les autres ZTT, elle reçoit les ordures collectées par les petites et moyennes entreprises (PME). Ces déchets sont ensuite triés par catégories avant d’être orientés vers le recyclage ou l’évacuation », explique Yakhouba Bandjan Keita.

Yakhouba Bandjan Keita, responsable de la ZTT de Sanoyah.

Sur le site, les équipes travaillent en collaboration avec les PME chargées de la collecte des ordures. Une fois les déchets acheminés vers la ZTT, ils sont séparés en fonction de leur nature.

« Nous travaillons avec les PME de collecte d’ordures. Lorsqu’elles acheminent les déchets jusqu’ici, nous procédons au tri par catégories. Les plastiques, le fer, l’aluminium et d’autres matériaux sont séparés afin de permettre leur recyclage ultérieur », précise le responsable de la ZTT.

Ce processus permet notamment de réduire le volume des déchets destinés à l’évacuation et de récupérer certains matériaux qui peuvent être valorisés.

Cependant, la fermeture du dépôt de Dar-Es-Salam a considérablement compliqué le travail de la ZTT de Sanoyah. Auparavant, ce site constituait l’un des principaux points d’évacuation accessibles aux équipes. Désormais, les déchets doivent être transportés jusqu’à Kouria, située beaucoup plus loin.

« Partir jusqu’à Kouria est très contraignant. La distance nous fait perdre beaucoup de temps et la plupart de nos engins sont également en mauvais état. Tout cela rend notre travail encore plus difficile », déplore Yakhouba Bandjan Keita.

À cette contrainte logistique s’ajoute le manque de moyens matériels, qui affecte la capacité des équipes à assurer efficacement le transport et l’évacuation des déchets.

Les difficultés de la ZTT de Sanoyah ne sont cependant pas uniquement liées aux moyens matériels et à l’éloignement du site d’évacuation. Le comportement de certaines populations constitue également une préoccupation majeure.

Selon Yakhouba Bandjan Keita, de nombreux habitants refusent encore de s’abonner aux services proposés par les PME de collecte d’ordures. Certains continuent de déposer leurs déchets dans les caniveaux, dans les rues ou dans d’autres espaces publics.

Cette situation complique le travail des structures chargées de la collecte, du tri et de l’évacuation des déchets, car elle favorise l’accumulation des ordures dans certains espaces.

Face à ces difficultés, Yakhouba Bandjan Keita lance un appel aux autorités pour renforcer les moyens matériels mis à la disposition de la ZTT, afin de faciliter le transport et l’évacuation des déchets vers Kouria.

Il invite également les populations à s’abonner aux services des PME de collecte et à adopter de meilleures pratiques de gestion des déchets, notamment en procédant à un premier tri à la source. Car pour lui, une meilleure implication des habitants, associée à un renforcement des moyens des structures d’assainissement, permettrait de réduire la quantité de déchets à évacuer et d’améliorer la gestion des ordures dans la commune.

Bountouraby Bangoura, pour Guineeminesnature.com