Dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui à la promotion de l’égalité des sexes pour améliorer la santé sexuelle et reproductive, maternelle, néonatale, infantile, des adolescents ainsi que la nutrition, vingt (20) sages-femmes ont entamé, ce lundi 27 juillet 2026, une session de formation sur le paquet de services adapté aux adolescents et aux jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR).

Cette formation, organisée dans les locaux du Centre Guinéen de Formation et d’Éducation pour le Développement (CEGUFED), s’inscrit dans le cadre d’un projet financé par ONU Femmes et mis en œuvre par le Centre. Elle vise à renforcer les compétences des sages-femmes afin qu’elles puissent offrir des services de santé sexuelle et reproductive adaptés aux besoins spécifiques des adolescents et des jeunes, dans le respect de la confidentialité, des droits et de la dignité des bénéficiaires.

Cette première cohorte de participantes fait partie d’un programme plus vaste qui prévoit le renforcement des capacités de cent (100) agents de santé dans les zones d’intervention du projet.

La coordonnatrice du projet SRMNIA-Nut, Mme HAPOU KOFOA MAMY, a rappelé que cette activité s’inscrit dans une série d’actions menées auprès de différents acteurs communautaires.

Mme HAPOU KOFOA MAMY, Coordonnatrice du projet SRMNIA-Nut.

« La semaine dernière, nous étions avec les leaders religieux. Aujourd’hui, nous poursuivons cette dynamique avec les sages-femmes. Le projet, financé par ONU Femmes, vise à améliorer la santé sexuelle et reproductive, maternelle, néonatale, infantile, des adolescents et des jeunes, tout en contribuant à l’amélioration de la nutrition. C’est un projet qui accorde une attention particulière aux femmes et aux jeunes filles », a-t-elle expliqué.

Elle a précisé que cette première session concerne vingt sages-femmes de santé qui seront progressivement formés.

« Nous formons aujourd’hui un premier lot de vingt sages-femmes sur les cent prévus dans les différentes zones d’intervention du projet. Ces professionnelles évoluent dans les structures sanitaires de Conakry et sont en première ligne dans la prise en charge des femmes enceintes, des adolescents et des jeunes. Cette formation a pour objectif de renforcer leurs capacités en matière de prévention des infections sexuellement transmissibles, des violences basées sur le genre, des viols ainsi que dans la prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant », a-t-elle indiqué.

Selon elle, cette initiative ne s’arrêtera pas seulement à la formation des prestataires de santé, elle s’entendra également à d’autres cibles, notamment les jeunes, les adolescents et les femmes.

« Après cette étape, il est prévu de former au total cent agents de santé, dont quarante à Conakry, vingt à Faranah, vingt à Kissidougou et vingt à Nzérékoré. Nous allons également mettre en place, dans les centres de santé ciblés, des espaces amis destinés aux adolescents, aux jeunes et aux femmes. Ces espaces permettront aux bénéficiaires d’échanger en toute discrétion avec des professionnelles formées sur des questions sensibles, notamment les violences sexuelles. Une jeune fille mineure victime de viol ne peut pas raconter publiquement ce qu’elle a vécu. Elle a besoin d’un espace sécurisé, de personnes de confiance et d’une prise en charge respectueuse de sa dignité. C’est précisément ce que nous voulons offrir à travers ces espaces », a souligné Mme Hapou Kofoa Mamy.

De son côté, le consultant du projet SRMNIA-Nut, SEKOUBA CONDE, a mis en avant le rôle des relais communautaires dans la réussite de cette initiative et le suivi des activités sur le terrain.

SEKOUBA CONDE, Consultant du projet SRMNIA-Nut.

« Mon rôle consiste à servir d’interface entre le CEGUIFED et les relais communautaires afin de m’assurer que les connaissances acquises lors des formations sont effectivement appliquées sur le terrain et que les populations bénéficiaires reçoivent les informations attendues. Avec la Direction communale de la santé de Conakry, nous avons identifié quarante-six sages-femmes issues de quinze centres de santé. Avant cette session, nous avions déjà formé vingt leaders religieux qui jouent également un rôle important dans la sensibilisation communautaire », a-t-il expliqué.

Il a insisté sur la nécessité d’assurer un suivi régulier afin de mesurer l’impact des formations : « Après les formations, notre mission est de vérifier si les messages sont correctement transmis aux communautés, d’identifier les difficultés rencontrées et de proposer des solutions adaptées. La santé maternelle demeure une priorité dans nos sociétés. L’objectif du projet est de contribuer à réduire la mortalité maternelle et infantile tout en renforçant la promotion de la santé maternelle. Nous attendons des bénéficiaires qu’ils diffusent largement les connaissances acquises afin que les communautés puissent en tirer pleinement profit », a confié Sékouba Kondé.

Parmi les bénéficiaires figure Mme GUILAVOGUI, sage-femme au Centre Médical Communal (CMC) de Ratoma. Elle estime que cette formation constitue une véritable opportunité pour améliorer la qualité des soins offerts aux adolescents dans les structures sanitaires.

Mme GUILAVOGUI, bénéficiaire.

« Aujourd’hui, nous participons à une formation qui vise à renforcer nos capacités afin d’améliorer les prestations dans nos différentes structures sanitaires. Cette formation met particulièrement l’accent sur les adolescents de nos communautés. Les compétences que nous allons acquérir constitueront un véritable outil de travail pour mieux orienter, accueillir et prendre en charge les adolescents dans les centres de santé. Après cette formation, chacune de nous devra partager les connaissances acquises avec les collègues de son service qui n’ont pas pu y participer afin que l’ensemble du personnel puisse en bénéficier », a-t-elle déclaré.

A travers ce projet, le CEGUIFED, avec l’appui d’ONU Femmes, entend renforcer durablement les compétences des prestataires de santé afin de garantir aux adolescents, aux jeunes et aux femmes un meilleur accès à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité, confidentiels et respectueux de leurs droits.

 

Sylla Youn, pour le REMAPSEN