Le Centre Guinéen de Formation et d’Éducation pour le Développement (CEGUFED), avec l’appui financier de l’ONU Femmes, a organisé du 23 au 24 juillet 2026 un atelier de renforcement des capacités de vingt leaders religieux musulmans et chrétiens sur la Santé de la Reproduction, Maternelle, Néonatale, Infantile et des Adolescents-Nutrition (SRMNIA-Nut), ainsi que sur les Violences Basées sur le Genre (VBG).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du projet : « Améliorer le droit à la santé sexuelle reproductive et la santé maternelle, néonatale infantile, des adolescents et la nutrition », qui vise à faire des leaders religieux de véritables acteurs du changement social et comportemental au sein de leurs communautés.
Pendant deux jours, les participants ont été outillés en techniques de communication et de sensibilisation afin de promouvoir des comportements favorables à la santé des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents, tout en contribuant à la prévention des violences basées sur le genre et à l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF).
Au sortir de la rencontre, Mme HAPOU KOFOA MAMY, coordonnatrice du projet SRMNIA-Nut, rappelle que cette première session vise une centaine de bénéficiaires qui seront formés progressivement. Pour elle, les leaders religieux occupent une place centrale dans les communautés guinéennes et disposent d’une forte capacité d’influence.

« Aujourd’hui, nous avons réuni vingt leaders religieux sur les cent prévus dans le cadre du projet pour renforcer leurs capacités sur la santé sexuelle et reproductive, maternelle, néonatale, infantile, de l’adolescence et la nutrition afin de favoriser un changement des normes sociales. Lorsqu’on parle du bien-être des communautés, on parle forcément de santé. Les leaders religieux sont aujourd’hui parmi les personnes les plus écoutées. Ils constituent des relais incontournables pour transmettre les messages de sensibilisation », a-t-elle affirmé.
Elle annonce que le projet couvrira cette année les treize communes de Conakry ainsi que les préfectures de Faranah, Kissidougou et Nzérékoré. Après les leaders religieux, d’autres acteurs communautaires bénéficieront également des formations.
« Nous voulons travailler avec eux afin de remettre en question certaines normes sociales néfastes qi persistent dans nos communautés et qui nuisent à la santé des femmes, des filles et des enfants. Leur implication est essentielle pour favoriser l’abandon de ces pratiques. Nous allons poursuivre avec les communicateurs traditionnels, les Centres d’Autonomisation Économique des Femmes (CAEF), les établissements scolaires, les clubs de jeunes, les enseignants et les agents de santé. L’objectif est de diffuser largement les messages de prévention afin d’améliorer durablement la santé des femmes et des enfants en Guinée », a-t-elle précisé.
De son côté, FODE CAMARA, Coordinateur de projets, a rappelé que cette initiative constitue la deuxième phase du projet lancé en 2025. Il souligne que la principale nouveauté de cette deuxième phase réside dans l’élargissement des bénéficiaires.
« Les résultats obtenus lors de la première phase ont été très satisfaisants. C’est pourquoi ONU Femmes a décidé de poursuivre son accompagnement cette année. L’année dernière, nous avions principalement travaillé avec les groupements, les associations et les structures de santé. Cette année, nous avons choisi d’impliquer davantage les leaders religieux afin que chacun participe au changement. La santé des femmes est une responsabilité collective qui concerne les hommes, les femmes, les jeunes et tous les acteurs communautaires. »

Selon lui, le changement des comportements est un processus qui nécessite une implication continue de toutes les composantes de la société. Il attend également des leaders religieux qu’ils relaient ces messages lors des prêches dans les mosquées et les églises afin de toucher un public plus large.
« Notre ambition est que les connaissances acquises durant ces formations soient retransmises au sein des communautés. Nous souhaitons que les populations adoptent progressivement de meilleures pratiques sanitaires, notamment le respect des consultations prénatales, des rendez-vous médicaux et le recours aux structures de santé. »
Le vice-président de l’Association des Leaders Religieux de Guinée (ALERGUI), SEKOU MOHAMED CONDE, a salué la qualité de cette formation. Il a rappelé qu’une première cohorte de vingt-sept imams avait déjà bénéficié d’un renforcement de capacités sur les violences faites aux femmes, le mariage précoce et l’allaitement maternel, avant cette nouvelle session destinée à vingt autres leaders religieux.
« Les imams occupent une place importante entre les populations et Dieu. Les messages qu’ils transmettent doivent contribuer au bien-être des communautés et au développement du pays », a-t-il affirmé.
Selon lui, l’objectif est de mettre progressivement en place un réseau national de leaders religieux capables d’aborder les grandes questions de santé et de développement. Il assure qu’après cette formation, les messages seront relayés à travers les prêches, les célébrations de mariage, les baptêmes et les différentes activités religieuses.

« Nous voulons contribuer au changement des comportements concernant le mariage des enfants, les violences faites aux femmes et la scolarisation des jeunes filles. Beaucoup de personnes attribuent à tort certaines pratiques à l’islam. Notre rôle est de lever ces malentendus en montrant que la religion encourage avant tout la protection et le bien-être des populations. »
Les participants s’engagent à sensibiliser leurs communautés. Parmi eux, Aïcha Fofana. Elle s’est réjouie de la qualité des échanges et des connaissances acquises durant la formation.
« Nous ne sommes pas venus seulement pour participer à un atelier. Nous sommes venus pour devenir des relais auprès de nos communautés, de nos familles, de nos quartiers et à travers les médias. Nous allons porter ces messages dans les mosquées, les quartiers, les familles et à la radio. Nous voulons contribuer à une société où les femmes et les enfants vivent en meilleure santé et dans un environnement exempt de violences », a-t-elle déclaré.

À travers cette initiative, le CEGUIFED et ONU Femmes entendent faire des leaders religieux des partenaires stratégiques dans la promotion de la santé maternelle et infantile, la lutte contre les violences basées sur le genre et l’évolution des normes sociales, avec l’ambition de bâtir des communautés plus saines, plus inclusives et davantage protectrices des droits des femmes, des filles et des enfants.





Sylla Youn, pour le REMAPSEN










