Construit en 1975 grâce aux fruits de la coopération sino-guinéenne, le Centre de vulgarisation agricole de Bamban, dans la commune urbaine de Kindia, fait face aujourd’hui à une occupation anarchique et agressive d’une grande partie de sa superficie par des citoyens.

Cette situation a été mise en lumière lors de la récente visite de la cheffe de cabinet du ministère de l’Agriculture. Le directeur du centre a profité de l’occasion pour tirer la sonnette d’alarme. Les limites du Centre de vulgarisation agricole de Bamban s’effritent sous la pression immobilière.

« Nous avons des difficultés. C’est l’envahissement du domaine. Si vous sortez, vous verrez des briques. Ce sont des gens qui voulaient s’installer, mais on a réussi à les dissuader. Ceux qui sont là avant notre arrivée ont des documents délivrés par l’ancienne équipe qui était là. C’est cette équipe qui a morcelé des domaines pour les donner », a affirmé Abdourahamane Diallo.

Les responsables du centre sont impuissants face aux occupants illégaux. Ils sont dépourvus de moyens coercitifs et du soutien d’une force publique pour procéder au déguerpissement. Le directeur du centre tente tant bien que mal de limiter les dégâts en protégeant les espaces encore vierges de toute construction. L’effort se concentre désormais sur la prévention.

« On n’a pas la force de chasser ceux qui sont déjà installés il y a de cela des dizaines d’années. Nous n’avons pas suffisamment de force pour les déguerpir. On cherche à protéger les domaines vides. Actuellement, nous n’acceptons plus que les citoyens occupent ce domaine. Quand tu viens, on va t’empêcher de construire », a indiqué Abdourahamane Diallo.

Au-delà du manque de moyens, c’est un vide administratif et technique qui paralyse l’action de l’État. Théoriquement, le Centre de vulgarisation agricole de Bamban s’étendrait sur une superficie de 22 hectares. Cependant, sur le plan juridique et cadastral, les preuves manquent cruellement.

L’inexistence d’une carte délimitant les frontières du domaine agricole empêche les autorités d’engager des procédures de déguerpissement.

De Kindia, Ibrahima Sory Traoré, pour Guineeminesnature.com