Quelques mois après la grève qui a secoué l’usine de ciment Diamond Cement, en lien avec l’application de la nouvelle convention collective des mines et carrières, les responsables de l’entreprise ont décidé de mettre fin au contrat de travail de dix ouvriers guinéens. Une décision que les travailleurs concernés contestent, estimant avoir été victimes d’un licenciement arbitraire. Ils ont saisi le tribunal du travail afin d’obtenir réparation.
« Nous avons mené un mouvement de grève à Amaraya, dans la sous-préfecture de Souguéta, préfecture de Kindia. Le préfet est intervenu pour mettre fin au mouvement d’humeur. Nous avons signé un protocole d’accord qui contraignait l’employeur à ne procéder à aucun licenciement jusqu’à la mise en place du bureau syndical. Trois mois après la grève, nous avons été licenciés. Nous sommes au total dix ouvriers. Nous avons tous des contrats à durée indéterminée (CDI). Nous n’avons rien volé. Nous n’avons rien fait de mal. Ils ont décidé de licencier les travailleurs qu’ils considèrent comme récalcitrants ou comme des canailles. Nous avons porté plainte contre l’employeur devant le tribunal du travail. Le patron et son intermédiaire ont été convoqués et entendus. Les avocats des deux parties vont désormais gérer le dossier », a affirmé Alseny Camara, l’un des ouvriers licenciés.

Selon les travailleurs concernés, cette décision les plonge aujourd’hui dans une situation d’insécurité sociale. Pour compenser la rupture des contrats, l’employeur aurait versé des indemnités que les salariés jugent insuffisantes. « Après le licenciement, ils ont donné cinq millions de francs guinéens à certains et six millions à d’autres. Nous ne sommes pas d’accord. C’est pourquoi nous avons porté plainte. Nous contestons ce licenciement », a ajouté Alseny Camara.
Pour ces employés, leur situation illustre une réalité plus large touchant de nombreux travailleurs guinéens confrontés, selon eux, à des licenciements abusifs. « Les Indiens et les Togolais disent qu’il n’y a pas de lois en Guinée. C’est le riche qui a toujours raison. Ils nous ont licenciés sans aucune crainte. Ils n’ont peur de rien. Ils nous disent d’aller nous plaindre là où nous voulons », a conclu Alseny Camara.

Pour rappel, le lundi 15 septembre 2025, les travailleurs de Diamond Cement et de la SOMICO avaient déclenché une grève pour exiger l’application de la nouvelle convention collective des mines et carrières, entrée en vigueur en août 2025. Le mouvement social avait duré 29 jours.
Malgré plusieurs tentatives, nous n’avons pas réussi à joindre les responsables de Diamond Cement pour recueillir leur version des faits.
A suivre….
De Kindia, Ibrahima Sory Traoré, pour Guineeminesnature.com










