Le Niger cherche à relancer sa filière uranium et à renforcer sa position sur un marché mondial porté par le regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. Longtemps considéré comme l’un des principaux producteurs africains, le pays mise notamment sur de nouveaux projets miniers pour accroître sa production et diversifier ses activités dans le secteur.
Parmi les projets au cœur de cette stratégie figure Dasa, développé par la compagnie canadienne Global Atomic. Situé dans la région d’Agadez, ce gisement à haute teneur est présenté par son promoteur comme l’un des projets d’uranium les plus importants du continent.
Le projet bénéficie actuellement d’un important dispositif de financement. En septembre 2026, le conseil d’administration de l’International Development Finance Corporation (DFC) des États-Unis a approuvé un financement pouvant atteindre 414,2 millions de dollars pour Dasa. Global Atomic estime désormais le coût total du projet à environ 777,2 millions de dollars, tandis que la mise en service de l’usine et les premières expéditions de « yellowcake » sont prévues au second semestre 2028, sous réserve de l’avancement du financement et des travaux.
Le contexte international est également favorable au développement de nouveaux projets. Après plusieurs années marquées par une demande plus faible, le marché de l’uranium bénéficie aujourd’hui de la relance de nombreux programmes nucléaires. Au deuxième trimestre 2026, le prix spot de l’uranium se situait entre 83,35 et 86,90 dollars la livre, tandis que le prix des contrats à long terme a atteint 97 dollars la livre, selon les données citées par Global Atomic.
Cette dynamique pourrait également soutenir d’autres projets nigériens, notamment Madaouela et Imouraren, tandis que la reprise éventuelle d’Azelik constitue un autre enjeu pour la production nationale. Selon la World Nuclear Association, le Niger ne compte actuellement qu’une importante mine d’uranium en activité, Somaïr, tandis qu’Azelik reste en attente d’une éventuelle reprise de la production.
Le défi pour Niamey sera toutefois de transformer ces ressources et ces projets en production effective. Le financement des nouvelles mines, les infrastructures, la sécurisation des corridors logistiques et les capacités d’exportation constituent autant de facteurs déterminants pour l’avenir de la filière.
Dans ce contexte, le Niger cherche à s’appuyer sur la remontée des prix de l’uranium, le développement de nouveaux gisements et la diversification de ses partenaires pour repositionner cette ressource comme un pilier de son industrie minière.
La trajectoire du secteur dépendra toutefois de la capacité du pays à relancer durablement sa production, à développer les infrastructures nécessaires et à concrétiser les investissements annoncés autour des principaux projets uranifères.










