Dans le cadre de la lutte contre les maladies invalidantes et les malformations congénitales en Guinée, la ministre de la femme, de la famille et des solidarités, Mme Pauline Patricia Adeline Lamah, à travers le centre national d’Orthopédie a procédé ce mercredi 08 avril
au lancement officiel des journées d’information et de sensibilisation sur les maladies invalidantes dans les communes de Conakry. Cet événement majeur présidé par Mme la gouverneur de Conakry se tiendra du 08 au 09 avril au chapiteau By Issa.

Cette première journée de sensibilisation a rassemblé les citoyens de la commune de Kaloum, Dixinn et de Kassa, ainsi que la présence de l’ancien ministre, Dr Makalé Traoré.
Avant de revenir sur le motif de la rencontre, dans son discours de circonstances, la ministre Patricia Lamah a tenu à rappeler que cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du président de la République, sous l’égide de son chef du gouvernement qui place la santé, la dignité humaine et la protection des couches vulnérables au cœur de ses priorités.

« Les maladies invalidantes, qu’il s’agisse de malformations congénitales, des accidents vasculaires cérébraux, de la poliomyélite, du diabète ou encore des séquelles liées aux accidents de la circulation constituent aujourd’hui un véritable défi de la santé publique dans notre pays. 
Selon les estimations disponibles, bien qu’il n’existe pas encore de statistiques nationales exhaustives, environ 2,2 % des décès sont liés aux malformations congénitales. Une proportion importante de ces cas pourrait être prise en charge efficacement si son diagnostic précoce et un accès adéquat aux soins étaient garantis. Cependant, au-delà de ses conséquences médicales, ces situations ont également un impact significatif sur notre économie nationale. Les invalidités physiques qu’elles soient temporaires ou définitives entraînent une réduction de la participation des personnes concernées à la production nationale. Cette perte de potentiel humain constitue un manque à gagner pour notre pays, freinant ainsi notre dynamique de développement. Une nation qui laisse une partie de ses citoyens en marge est une nation qui se prive elle-même de son propre potentiel. » explique la ministre.

Mme Pauline Patricia Adeline Lamah, ministre de la femme, de la famille et des solidarités.

Se prononçant sur la prise en charge de ces maladies, Patricia Lamah précise : « Par ailleurs, les coûts liés à la prise en charge des invalidités soins médicaux, rééducation, assistance sociale, présente une charge importante pour le budget national de développement. Investir dans la prévention apparaît donc non seulement comme une nécessité sanitaire, mais aussi comme une stratégie économique rationnelle. » a-t-elle souligné avant de déplorer que les personnes victimes de cette maladie sont également stigmatisées dans la société.

« Au-delà des chiffres, ces enfants et ces personnes sont trop souvent victimes de stigmatisation. Dans certaines communautés, ils sont malheureusement qualifiés d’enfants malchance. 
Une perception qui conduit à leur rejet à leur marginalisation et parfois même à leur exclusion du système éducatif et social. Il est important de rappeler avec force que ces enfants ne sont ni une fatalité, ni une malédiction. Grâce au progrès de la médecine aux interventions chirurgicales à la rééducation fonctionnelle et un accompagnement approprié. 
Beaucoup d’entre eux peuvent être soignés, réhabilités et retrouver une vie pleine et active. Mieux encore une fois correctement pris en charge, ils peuvent devenir des acteurs à part entière du développement économique et social de notre pays. Leur inclusion constitue non seulement un impératif moral, mais également un investissement stratégique pour l’avenir de la nation. C’est pourquoi à travers cette campagne, nous entendons non seulement informer et prévenir, mais aussi changer les mentalités, lutter contre les préjugés et promouvoir une société plus inclusive et solidaire. » a-t-il déclaré

Elle affirme également que la réussite de cette campagne repose sur l’engagement de tous les relais communautaires, les leaders religieux, les responsables communautaires, les structures faitières, les organisations de la société civile, ainsi que les médias, ont tous un rôle essentiel à jouer en tant que vecteur de transmission des messages clés. Leur proximité avec les populations fait d’eux des acteurs incontournables dans la diffusion des bonnes pratiques et dans la promotion de comportements favorables à la prévention des maladies invalidantes.

« Je tiens à rappeler que les efforts déjà consentis par le gouvernement dans la lutte contre ce phénomène, notamment en matière d’amélioration de l’offre de soins, de renforcement des capacités des structures spécialisées et d’appui aux personnes vivant avec un handicap. 
Toutefois, des défis importants demeurent notamment en ce qui concerne l’accès équitable aux soins, la sensibilisation des populations et la mobilisation des ressources suffisantes pour une prise en charge durable et inclusive. Je tiens également à saluer le rôle du centre national d’orthopédie ainsi que l’engagement de tous les partenaires techniques et financiers dans l’appui constant contribue à améliorer la prise en charge des personnes vivant avec un handicap. »

Par ailleurs, la ministre rappelle que la réussite de cette campagne dépendra d’un engagement collectif avec détermination afin de porter ce message de sensibilisation, d’acceptation et d’espoir. « Faisons de la prévention une priorité de l’inclusion, une réalité et de l’espoir, une promesse tenue. » a-t-elle conclu.

Il faut rappeler qu’au cours de ces deux journées de rencontres, plusieurs thématiques seront abordées et développer par les spécialistes à travers la projection des vidéos et images de sensibilisation sur la prévention des maladies invalidantes, l’importance de la vaccination, le suivi parental, la prévention des accidents de la circulation, ainsi que les mécanismes de prise en charge et de rééducation disponibles.

A. Camara