Après avoir officialisé son partenariat avec le Group TIAST Guinée, le 22 décembre dernier, à travers la signature d’un protocole d’accord dans le cadre du projet de valorisation de la filière manioc dans les quatre régions naturelles de la Guinée, la Société Coopérative Ouvrière de Développement Agroalimentaire et Artisanal-GIE (SCODAA GIE), a entamé sa visite de prise de contact sur le terrain.

Ce dimanche 1er janvier 2023, les responsables de la structure ont effectué un déplacement dans la préfecture de Forécariah, au compte de la première étape de leur sortie, pour identifier leurs potentiels producteurs de maniocs. Sur place, l’équipe a été reçue dans plusieurs villages par les coopératives agricoles, les groupements d’intérêt économique et bien d’autres faitières évoluant dans le secteur de l’agriculture.

A Kily Fandié par exemple, un district situé à 5 km du centre ville de la sous-préfecture de Mafèrinyah, l’équipe a fait l’immersion dans un vaste espace agricole appartenant à un homme à la retraite, d’une trentaine d’années d’expérience dans le secteur de l’agriculture. M. Ibrahima Doumbouya, comme il s’agit de lui, est un ingénieur Génie mécanique, il a acquis son domaine en 1992. Depuis cette date, il est à la quête de moyens pour  valoriser ses terres mais en vain. Pour lui, l’avènement du projet de la SCODAA dans cette zone constitue pour lui un ouf de soulagement.

« C’est un sentiment de fierté, de réconfort et d’espoir pour moi de voir que ce projet vient pour aider les compatriotes à lutter contre la pauvreté et autonomiser les communautés. En ce sens, je sollicite un partenariat gagnant-gagnant. Je mettrais à leur disposition tout ce que j’ai comme espace, et les amener à trouver une formule pour la mise en valeur de ces terres en faisant tout ce qu’il faut en matière d’expertise technique et d’autres types d’accompagnement pour aboutir à un résultat bénéfique pour toutes les deux parties ».

Très engagé pour ce type de partenariat, M. Ibrahima Doumbouya rassure l’équipe de la SCODAA d’user de tous ses moyens pour faciliter l’accès à ses terres au profit non seulement de la communauté mais aussi de contribuer personnellement à l’autosuffisance alimentaire dans le pays.

« A Fandié ici j’ai 68 hectares, quand le projet arrivera on aura besoin de dégager par des engins mécanisés, débroussailler et aplanir.  Il y a des machines pour l’entretien qui nous manquent, mais il vaut mieux un bulldozer pour déblayer toutes les parties encombrantes, et un nettoyage systématique sera appliqué avec les herbicides pour ne pas que les herbes génèrent rapidement… Il y a des endroits où les palmiers ne produisent pas, on peut les éliminer pour remplacer par le manioc. Donc dans un premier temps, on peut parler de 25 à 30 hectares qui sont actuellement disponibles pour le manioc ».

Ainsi, il compte s’impliquer personnellement à encourager la construction de cette usine sur place, a-t-il ajouté : « Ce qui nous fatiguait ici, c’est qu’on produisait mais on ne pouvait pas écouler parce qu’il n’y a avait pas de moyen de transformation. Et tout produit agricole qui est exploité non transformé sur place ne peut pas avoir de la valeur ajoutée qu’il faut. Donc il est du devoir de chacun d’encourager la construction de cette usine sur place. On est prêt à les accompagner. Tout ce qu’on peut faire pour accompagner ce projet on est prêt à le faire, en matière d’expérience, de compétence, puisque c’est une chaine de valeur qui se trouve dedans ».

Après Kily Fandié, l’équipe s’est rendue ensuite dans le district de Labö situé a environ 3 km de la commune rurale de Maferinyah. Ici, le domaine est à perte de vue, sous la supervision de M. Mohamed Saliou Camara, un planteur de très longues années expérience. Se réjouissant de la visite, il estime que ce projet porté par la SCODAA sera pour eux l’occasion de s’épanouir désormais à partir des résultats de leurs activités.

« Je pense que l’avènement de ce projet de manioc chez nous va permettre non seulement de lutter contre la pauvreté mais aussi nous encourager nous les agriculteurs à produire beaucoup. Donc cette main tendue de SCODAA nous réjouit à plus d’un titre. Ça nous permet de vivre  de notre propre sueur sans l’apport de l’extérieur, de nous nourrir nous-mêmes et créer de l’emploi pour les jeunes. Ici, nous avons 52 hectares. Il y en a d’autres ailleurs. Depuis des années, nous sollicitons des équipements pour mettre en valeur ces terres, mais aussi des financements et de la technique culturale, mais impossible. Il nous manquait aussi des matériels tels que les motopompes et les forages pour l’adduction d’eau. Mais je pense qu’avec la SCODAA, nous aurons tout ça, et cela va nous permettre de produire beaucoup»

Au terme de la visite, le chargé de relations extérieures de la SCODAA-GIE, Jean Onivogui, s’est félicité du constat effectué sur le terrain. Selon lui, son organisation ne ménagera aucun effort pour apporter un soutien technique et financier à ces agriculteurs dans le cadre de la valorisation de la filière du manioc dans la zone de Forécariah.

« C’est une fierté pour moi de visiter ces espaces agricoles. La SCODAA-GIE qui a signé le protocole d’accord avec Group TIAST  Guinée dans le cadre de ce projet doit coopérer avec tous les agriculteurs, tous les paysans et tous ceux qui s’investissent dans le domaine agricole. C’est pourquoi après la signature, nous avons jugé nécessaire de sortir sur le terrain pour identifier les contacts. C’est la raison pour laquelle nous sommes venus vers ces agriculteurs qui ont déjà de l’expérience dans le secteur pour collaborer avec eux ».

Selon M. Jean Onivogui, le projet a pour objectif d’impacter les jeunes et les femmes à travers les revenus de la culture du manioc, qui peut les rendre autonomes, émancipés et favoriser l’éradication de la pauvreté pour un développement durable, ajoute-t-il.

« Avec l’objectif du projet, on veut impacter les jeunes et les femmes. Déjà nous avons estimé que ces agriculteurs ne sont pas accompagnés en amont. Alors que TIAST Guinée, qui est notre partenaire, investit dans la fabrication des machines industrielles. Donc ils sont prêts à implanter ces industries dans toutes nos régions administratives pour non seulement aider les entrepreneurs mais aussi les populations à la base. Et pour faire fonctionner ces usines, il faut d’abord accompagner les producteurs à produire suffisamment. Et pour faire tout ça, il faut mettre à leur disposition des tracteurs et bien d’autres équipements agricoles. Les produits qui seront sortis de ces productions seront rachetés et transformé sur place. Sur chaque hectare, on peut obtenir environ 250 tonnes.  Et quand ils travaillent en coopératives, il y aura encore plus de résultats ».

Il faut rappeler que cet ambitieux projet entrepris par la SCODAA, en collaboration avec son partenaire TIAST Guinée, envisage de mettre en valeur dans chaque préfecture une cinquantaine de groupements constitués de trente membres par communautés rurales. Chacune d’elle aura la charge d’exploiter une dizaine d’hectares de culture de manioc, qui, à la récolte, va leur permettre d’obtenir une production de 250 tonnes de manioc. En conséquence la coopérative rassure du rachat de la production à la fin de chaque cycle de récolte.

Compte rendu de Younoussa Sylla, pour guineeminesnature.com

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