Post-covid: La reprise ne sera pas effective pour 3,8 milliards de personnes dans le monde ( la Banque mondiale)

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ans une récente alerte, la Banque mondiale craint une nouvelle catastrophe économique pour les pauvres du monde, dont ceux d’Afrique. Mais une lecture alternative de ce nouveau cri du cœur pousse à plus de questions que de réponses.

Pour 74 pays identifiés par la Banque mondiale comme les plus pauvres au monde et dont la moitié se retrouve sur le continent africain, la reprise post-covid ne sera pas au rendez-vous. Cela met en péril la situation de leurs populations qui constituent la moitié des habitants de la terre (3,8 milliards de personnes), apprend-on de l’institution multilatérale de financement du développement.

« Pour eux, il n’existe aucun signe de « reprise » mondiale. En 2021, leur taux de croissance sera le plus faible depuis 20 ans (abstraction faite de l’année 2020). Ce qui aura pour effet d’éliminer des progrès accomplis dans le cadre de la lutte contre la pauvreté des années durant », a expliqué la Banque mondiale rappelant que ces pauvres vivent avec moins de 1,9 $ par jour.

L’institution estime aussi que la situation devrait s’aggraver, car pendant que les pays riches retrouvent un semblant de normalité, la pandémie de coronavirus « continue de faire des ravages » dans les pays pauvres. Ce tableau sombre a été dressé alors que plusieurs dirigeants africains s’étaient réunis à Abidjan en Côte d’Ivoire, dans le but d’appuyer une reconstitution accélérée des ressources de l’Association internationale de développement (IDA).

« Un grand nombre de ces pays sont déjà fortement endettés, et n’ont guère de possibilité d’emprunter. Etant donné les difficultés budgétaires auxquelles sont confrontés la plupart des pays du fait de la pandémie, l’aide publique au développement demeurera probablement stationnaire, et pourrait même diminuer. Dans ces circonstances, les pays IDA auront de plus en plus besoin de bénéficier d’un appui sous forme de dons et de prêts ne portant pas d’intérêts », explique la Banque mondiale qui estime qu’il faudrait 785 milliards $ pour remédier à la situation.

L’Afrique et d’autres régions du monde dites pauvres sont en effet au centre de nombreuses attentions en vue d’une meilleure justice sociale. Déjà, le constat d’une aggravation des cas de covid-19 sur le continent noir semble exagéré, selon des statistiques officielles. Il y a une augmentation des cas de contamination dans des pays comme la Tunisie et l’Afrique du Sud (membre du G20), qui ne sont pas vraiment des pays pauvres au sens de l’IDA.

Prise globalement, l’Afrique subsaharienne comptabilise au 12 juillet, 3760 cas enregistrés depuis le début de la pandémie, pour chaque million d’habitants. C’est le deuxième plus faible taux de contamination derrière l’Asie de l’Est. Aussi les prévisions ajustées du Fonds monétaire international (FMI) montrent que la croissance économique sera au rendez-vous pour plusieurs pays de la région.

Parlant de la dette en Afrique subsaharienne, elle continue d’être perçue comme exagérée. Or, selon des données conjointes Banque mondiale/FMI, la dette publique extérieure de cette sous-région était de 570 milliards $ à fin 2019, dont plus de 85% sont dus sur le long terme. Rappelons que l’IDA a organisé à Abidjan, le troisième gros événement visant à apporter des solutions qui pourraient profiter à l’Afrique.

Il y a eu la Conférence de Paris dont la proposition de droits de tirage spéciaux (DTS) supplémentaires a été validée par le FMI. Mais à cause de la logique des quotas, l’Afrique risque de ne recevoir qu’une partie assez faible, et l’engagement des pays riches à renoncer à leurs parts de nouveaux DTS n’est pas contraignant. Une autre décision présentée comme forte a été celle des ministres des Finances du G20 d’adopter le principe d’une fiscalité minimale des multinationales du digital.

278 milliards $ de recettes d’impôts supplémentaires sont attendus de cette mesure. Mais 60% de la cagnotte se répartira entre les pays riches, et des secteurs essentiels comme celui des industries extractives ou de la finance qui sont les plus dynamiques en Afrique ne sont pas pris en compte par l’accord.

Avec agenceecofin

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