A travers une conférence de presse tenue le 19 octobre 2026, à Conakry, les autorités guinéennes ont réaffirmé leur volonté de lutter contre la pollution plastique. Elles accordent un moratoire de six mois à certains acteurs de la filière pour faciliter leur adaptation à la réglementation.
Ce délai doit permettre aux industriels concernés de préparer leur transition vers des solutions de remplacement, sans remettre en cause l’objectif de réduction des déchets plastiques. Le Gouvernement entend notamment promouvoir les emballages alternatifs, le tri, le recyclage et la valorisation des déchets, tout en encourageant la création d’emplois verts et la sensibilisation des citoyens.
Dans une publication du 9 octobre 2026, le ministère de l’Industrie et du Commerce a apporté une précision importante : le moratoire de six mois accordé à la suite d’une demande des industriels concerne exclusivement la production de sachets plastiques destinés au conditionnement de l’eau minérale et minéralisée. Le ministère précise que les autres plastiques à usage unique restent interdits conformément à la réglementation en vigueur.
Cette distinction est essentielle pour comprendre la portée de la mesure. Le moratoire ne constitue pas une suspension générale de l’interdiction des plastiques à usage unique. Il s’agit d’un délai transitoire limité à une catégorie précise de produits, destiné à faciliter l’adaptation des acteurs concernés.
Le ministère indique également que cette période doit favoriser le développement des emballages biodégradables ainsi que les activités des petites et moyennes entreprises engagées dans la collecte, le recyclage et la transformation des déchets plastiques.
Il faut préciser que la situation guinéenne s’inscrit dans un défi environnemental mondial. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), entre 19 et 23 millions de tonnes de déchets plastiques pénètrent chaque année dans les écosystèmes aquatiques de la planète. Ces déchets contaminent les rivières, les lacs et les mers et contribuent à la dégradation des habitats naturels.
Alors que dans les villes guinéennes comme Conakry par exemple, les déchets plastiques abandonnés dans les rues, les caniveaux et les cours d’eau représentent également un défi pour l’assainissement. Ils peuvent obstruer les systèmes d’évacuation des eaux pluviales et dégrader le cadre de vie des populations.
Dans ce contexte, le PNUE préconise une approche couvrant l’ensemble du cycle de vie des produits : réduction des plastiques évitables, conception de produits réutilisables, développement de solutions de substitution et amélioration des systèmes de collecte et de recyclage.
Pour les autorités guinéennes, la lutte contre la pollution plastique doit également ouvrir des perspectives économiques. Le développement de filières locales de collecte, de tri, de recyclage et de transformation des déchets pourrait favoriser l’émergence de nouvelles activités et la création d’emplois verts, notamment pour les jeunes et les petites entreprises.
La réussite de cette transition dépendra cependant de plusieurs facteurs : disponibilité et coût des emballages de remplacement, accompagnement des industriels, clarification des règles applicables et renforcement des infrastructures de gestion des déchets.
Le moratoire de six mois constitue une période d’adaptation pour les acteurs directement concernés. L’enjeu sera de concilier l’application de la réglementation environnementale avec les contraintes économiques de la filière, sans perdre de vue l’objectif de réduction durable de la pollution plastique.
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