La croissance de la richesse mondiale et le développement économique bénéficient à de plus en plus de pays, mais, au même moment, les inégalités entre pays développés et pays en développement ne cessent de s’agrandir. La situation est particulièrement alarmante pour certains pays dont les conditions géographiques et le faible niveau des ressources humaines et financières les enferment dans le piège de la pauvreté. C’est à cette catégorie de pays qu’appartient la République de Guinée. Son potentiel devrait être suffisant pour couvrir les besoins de sa population. Cependant, elle dispose d’espace, d’eau et de matières premières qu’elle peine à maîtriser et à valoriser. En effet, un sous-sol riche en minerais, une forêt dense humide étendue et un réseau hydrographique dense sont autant d’éléments favorables sur lesquels l’État centrafricain devrait s’appuyer et développer le secteur agro-pastoral et diversifier les cultures.
Le pays est administrativement subdivisé en 04 grandes régions regroupant les 33 préfectures, y compris Conakry la capitale, 66 sous-préfectures et 38 communes. Il a un taux de croissance démographique relativement faible avec une population estimée à 13 millions d’habitants. La population est inégalement répartie sur l’ensemble du territoire national. La densité de la population sur le plan national est estimée à 8,3 habitants au km2. Elle varie de 1 habitant/km2 dans certaines régions à 9 295 habitants au km2 dans Conakry la capitale. Malgré tous ses avantages naturels, physiques et culturels, la République de Guinée est prise au piège de la fragilité. La mauvaise gouvernance, le manque d’opportunités et la prolifération des politiques ont conduit à l’instabilité politique et affaibli le contrôle de l’État. En proie à un multipartisme chancelant, la République de Guinée baigne dans une culture de la violence politique. Les origines se retrouvèrent dans l’époque coloniale et contribuèrent à pérenniser l’instabilité dont pâtit encore aujourd’hui le pays. La colonisation marqua le destin du pays jusqu’à nos jours. Dès lors, de la Guinée va connaître une évolution politique et constitutionnelle très mouvementée. Sur le plan politique, constitutionnel et institutionnel, l’évolution de la Guinée depuis 1958 est parsemée de nombreux événements de nature diverse. La vie juridique et politique est inspirée de celle de la France. Le droit Guinéen puise ses racines profondes de la colonisation. La période au lendemain de l’indépendance a été marquée par des régimes qui ont stimulé le développement économique, mais ils ont aussi renforcé la gouvernance autoritaire issue de l’époque coloniale. La République de Guinée est devenue indépendant de la France le 02 octobre 1958. Cependant, le contrat social du nouveau pays n’était pas fondé sur le postulat que les citoyens paieraient des taxes au gouvernement en échange de services publics et de la sécurité, mais plutôt sur l’idée que l’État continuerait à exploiter violemment la population au profit d’une élite restreinte, mais puissante. Les prétendants au pouvoir exploitèrent alors de plus en plus l’identité ethnique comme levier de soutien politique. L’État ne parvient pas à se doter suffisamment de ressources permettant de restaurer la cohésion entre les trois dimensions fondamentales d’une économie dynamique en pleine expansion, à savoir la production, la transformation et la redistribution du produit social. Car, les incertitudes politiques et économiques de la République de Guinée ont fait que l’environnement socio-politique reste fragile. La situation sociale demeure précaire en raison de la succession de crises sociopolitiques que la Guinée a connues ces deux dernières décennies. Ce qui explique la forte dégradation des indicateurs sociaux. L’économie guinéenne reste dominée par le secteur minier qui contribue à 43% du PIB en 2016. Ses principales activités sont l’agriculture vivrière et l’élevage qui occupent 55 % de la population. Le potentiel agricole de la Guinée est malheureusement sous exploité en raison de la faiblesse des infrastructures rurales de transport et de commercialisation des produits agricoles. Sa contribution dans l’économie centrafricaine est très marginale. Le secteur secondaire dans son volet industries extractives est tributaire des cours de ses métaux sur le marché mondial. Les industries manufacturières, les activités de bâtiments et travaux publics (BTP) qui forment l’essentiel du secteur secondaire contribuent à 16% du PIB. Le secteur tertiaire représente 41 % du PIB et comporte pour l’essentiel le commerce et les services. Dans l’ensemble, la situation économique du pays reste peu satisfaisante. Le secteur réel est marqué par un faible niveau du PIB qui ne dépasse pas 900 milliards de GNF avec un taux de croissance réel qui oscille entre 3 et 4 % pour un taux d’inflation en moyenne annuelle de 3%. Il y a lieu de préciser que la République de Guinée n’est pas un pays exportateur de pétrole. Toutes les données macroéconomiques sont fournies hors pétrole.
En conclusion, la situation des finances publiques est tributaire du contexte économique et sociopolitique précité. Les crises militaro-politiques survenues en Guinée ont eu des effets négatifs sur la mobilisation des recettes fiscales. L’État Guinéen éprouve de sérieuses difficultés à générer et collecter les impôts et taxes. D’autres causes de cette situation peuvent être relevées dans le taux de pression fiscale. Les recettes fiscales rapportées au PIB ne dépassent pas le seuil de 10 % alors que celles des autres pays de la sous-région atteignent les 15%. Ce faible taux s’explique par la structure du PIB qui accorde un poids important au secteur primaire, notamment l’agriculture qui génère peu de recettes fiscales. A cela s’ajoutent le rétrécissement de la base d‘imposition à la suite de la destruction de certaines entreprises durant les crises et la faiblesse des recouvrements. De ce fait, le niveau des dépenses excède largement les ressources de l’État. L’État mobilise environ 500 milliards GNF en moyenne de recettes fiscales pour des dépenses minimales de 1000 milliards GNF dont la plus grande partie est couverte par les ressources externes. Le solde budgétaire est toujours déficitaire. En 2023, les dépenses totales étaient de 970,2 milliards GNF contre 530,7 milliards GNF de recettes totales. A la faveur d’une légère amélioration des ressources, les dépenses se sont contractées en 2025 à 1320,30 milliards GNF contre 2300,66 milliards GNF de recettes publiques.
Dr MAMADOU ALIOU BAH, Inspecteur Principal des Impôts










