Le comité de suivi des impacts du projet Simandou a publié son 5ème rapport trimestriel le vendredi 16 mai 2025 à Sékhousoria, dans la sous préfecture de Madina Oula, préfecture de Kindia.
La cérémonie a réuni plusieurs personnes impactées par le projet Simandou. Elle s’est déroulée en présence du président de district de Sekhousoria.
Intitulé : « plaidoyer pour le respect des droits des communautés impactées par le projet Simandou », ce rapport de 9 pages s’articule autour de la pollution de l’air et de restriction de terres agricoles.
Dans sa déclaration, le président du comité de suivi des impacts du projet Simandou a insisté sur la nécessité de respecter les droit des communautés.

» Nous rappelons que les droits des communautés affectées sont garantis par le code minier guineen notamment aux articles 106 qui parle de la responsabilité des dommages qui incombe aux entreprises et 142 qui parle qui parle de la réalisation d’EIES […]. Le code de l’environnement en son article 9, impose le respect du principe de précaution, du pollueur- payeur et de la responsabilité environnementale ; la norme de performance 5 de la SFI, qui exige une compensation juste et la restauration des moyens de subsistance après tout déplacement ou impact; Et les plans de gestion environnementale et sociale (PGES)de l’entreprise elle-même. Ces normes ne sont pas symboliques. Elles doivent être appliquées avec rigueur, a déclaré Amara camara, coordinateur du comité de suivi des impacts du projet Simandou à Kindia.
Il a également évoqué les impacts négatifs qui s’accumulent, tandis que les réponses tardent à venir ou restent superficielles.
» Ce rapport est donc un appel à la responsabilité partagée et au respect des principes fondamentaux. A noter comme impacts depuis là : la pollution par la poussière ; les fissures dans plus de 100 maisons », a ajouté Amara camara.
Le comité de suivi des impacts du projet Simandou demande solennellement le winning consortium Simandou et des sous traitants(CRCC 16 et 18 ) d’arroser régulièrement les routes pour limiter la poussière, en particulier dans les zones habitées et agricoles; de renforcer les mesures de compensation pour les champs pollués, y compris un suivi agricole et la remise en état des terre ; de revoir les réparations des maisons fissurées en concertation directe avec les ménages affectés et non de manière unilatérale ; d’améliorer le mécanisme de gestion des plaintes, avec délais clairs, retours écrits et participation effective du comité ; de cesser les négociations parallèles et inclure systématiquement les représentants légitimes des communautés.
La réalisation du projet Simandou a contribué à la détérioration des cultures. Plusieurs champs agricoles ont été dévastés à Sékhousoria. Les victimes sont seules face à cette situation. Elles attendent toujours l’aide du gouvernement.

« J’ai enregistré beaucoup de dégâts. Je ne peux pas expliquer tous mes problèmes. Mon champ a été détruit. Ils ont mis des boues dans mon domaine agricole. Ce n’est plus un terrain productif. Aucun produit ne peut réussir ici. Vous avez vu des boues rouges. Si elles se déversent sur un champ, elles vont endommager les cultures. Ils ne m’ont pas recensés. Le chemin de fer et la route ont détruit on champ. Je n’ai bénéficié d’aucun soutien financier. Je n’ai reçu aucun franc », a indiqué Lamine Sylla.
Comme lui, Mamata Soumah a aussi connu le même sort. Elle ne sait plus à quel saint se vouer.

« On travaillait ici. Nos travaux champêtres sont arrêtés depuis l’arrivée de cette société. On ne peut plus travailler ici. La route a détruit mon champ. Je n’ai aucun domaine agricole. Je suis aujourd’hui à la maison. Je ne travaille pas. Je n’ai reçu aucune somme d’argent pour le dommage subi. Ils nous ont interrogés et on a exposé nos problèmes. Malheureusement, on a reçu aucun franc. Nous souffrons », s’est alarmée Mamata Soumah.
Il est difficile aujourd’hui de vivre à Sékhousoria où les moyens de subsistance sont menacés.
Le 5ème rapport trimestriel comité de suivi des impacts du projet Simandou, couvrant la période de décembre 2024 à février 2025 indique que dans le cadre de la construction du chemin de fer du projet Simandou, les travaux réalisés par CRCC 16 et 18, sous traitants de Winning consortium Simandou, ont provoqué d’importantes pertes de moyens de subsistance dans la sous préfecture de Madina Oula. La poussière générée par le passage des engins, surtout en saison sèche, a fortement dégradé les terres cultivables, compromettant les activités agricoles et la sécurité alimentaire des communautés locales.
De Kindia, Ibrahima Sory Traoré, pour guineeminesnature.com










