La 30ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP30) s’est ouverte le 10 novembre à Belém, au Brésil. Dix ans après l’Accord de Paris, les dirigeants du monde entier se retrouvent pour deux semaines de négociations décisives. Mais entre objectifs trop faibles, absence des États-Unis et inertie face aux énergies fossiles, les défis s’annoncent immenses.
1. Des engagements climatiques largement insuffisants
Les pays signataires de l’Accord de Paris devaient cette année relever leurs ambitions climatiques. Pourtant, seuls 98 États, représentant 72 % des émissions mondiales, ont soumis de nouveaux plans. D’après l’ONU, ces engagements mèneraient à un réchauffement de +2,3 °C à +2,5 °C d’ici 2100, loin de la limite de 1,5 °C fixée en 2015.
Le retrait prévu des États-Unis en janvier 2026 accentue encore cette tendance. La réduction nécessaire devrait atteindre 35 à 55 % des émissions d’ici 2035, mais les contributions actuelles n’envisagent qu’une baisse d’environ 15 %.
2. Le financement climatique, sujet brûlant
Pour que les pays les plus pauvres puissent agir, les promesses de financement sont cruciales. Après un engagement jugé « dérisoire » de 300 milliards de dollars par an décidé à la COP29, le Brésil propose un plan plus ambitieux : mobiliser 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. Mais ce projet repose essentiellement sur les banques de développement et le secteur privé, risquant d’alourdir la dette des nations vulnérables.
Les pays riches, eux, refusent de rouvrir le débat. Le fossé Nord-Sud reste béant.
3. L’Amazonie au cœur des négociations
Le Brésil mise sur la protection des forêts pour redorer son image. Le fonds Tropical Forest Forever Facility (TFFF), lancé à Belém, ambitionne de lever 4 milliards de dollars par an pour récompenser les pays protégeant leurs forêts tropicales. Plus de 5 milliards de dollars ont déjà été promis par plusieurs États, dont la Norvège, la France et l’Allemagne. Lula espère ainsi faire de l’Amazonie un symbole mondial de la lutte contre le réchauffement.
4. Les énergies fossiles, grandes absentes
Malgré les appels à une sortie progressive du pétrole, le sujet reste tabou. Le Brésil, huitième producteur mondial, continue d’investir dans l’exploration pétrolière, tout en promettant de financer sa transition énergétique grâce aux revenus de ce secteur. Une position jugée contradictoire par les ONG, qui dénoncent un manque de cohérence entre discours écologique et politique énergétique.
5. Une COP en quête de crédibilité
Dix ans après l’Accord de Paris, l’échec est flagrant : l’objectif des 1,5 °C est désormais hors d’atteinte. Les onze dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, et 2025 s’annonce comme l’une des pires.
Entre l’influence persistante des lobbys fossiles et la méfiance croissante envers le processus des COP, la conférence de Belém joue sa crédibilité. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a résumé la situation : « Nous avons échoué. »
Le défi de la COP30 sera donc de redonner sens et confiance à une diplomatie climatique en perte de souffle, alors que l’urgence n’a jamais été aussi pressante.










