Conakry, le 24 octobre 2026

Honorable Président de l’Assemblée Nationale de la République de Guinée ;

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

Monsieur le Représentant du Chef de l’État ;

Monsieur le Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République ;

Monsieur le Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence de la République ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

Honorables Députés ;

Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée ;

Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines ;

Madame la Gouverneure de la Ville de Conakry ;

Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions diplomatiques et consulaires ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions internationales ;

Mesdames et Messieurs les Conseillers à la Présidence de la République et à la Primature

Mesdames et Messieurs les Représentants du Secteur Privé et de la Société Civile ;

Mesdames et Messieurs les Hauts Cadres de l’Administration ;

Distingués invités, en vos rangs et qualités respectifs, tout protocole observé ;

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un profond sens des responsabilités que je prends la parole aujourd’hui devant la Représentation nationale, à l’occasion de cette séance plénière consacrée à la présentation du projet de Loi de finances rectificative pour l’exercice 2026.

Je voudrais, avant toute chose, saluer la clairvoyance de Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, Président de la République, Chef de l’État, dont la vision de transformation structurelle de notre pays trouve aujourd’hui son expression dans le Programme Simandou 2040. Je voudrais également rendre hommage à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour la coordination de l’action gouvernementale, ainsi qu’à l’Honorable Président de l’Assemblée nationale et à l’ensemble des Honorables Députés pour leur rôle essentiel dans l’examen des choix économiques et budgétaires qui engagent l’avenir de notre nation. Le budget de l’État n’est pas simplement un document de recettes et de dépenses. Il est l’expression chiffrée de nos priorités nationales, de nos arbitrages collectifs et de notre responsabilité envers le peuple guinéen.

Honorable Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Cette communication intervient dans un contexte international particulièrement incertain. Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient accentuent les risques pesant sur l’économie mondiale. Elles contribuent à la hausse des prix de certaines matières premières, ravivent les pressions inflationnistes, durcissent les conditions de financement et perturbent les échanges commerciaux.

L’Afrique n’échappe pas à ces turbulences. La hausse des prix du pétrole, du gaz, des engrais et des produits alimentaires, conjuguée au resserrement des financements extérieurs, impose à nos économies davantage de prudence, de résilience et de discipline. Dans ce contexte, notre responsabilité est double : préserver les équilibres macroéconomiques tout en maintenant le cap de la transformation économique et sociale. C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit la Loi de finances rectificative pour 2026.

Sur le plan national, notre pays a franchi une étape décisive avec l’adoption des lois portant Plan de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2026-2040 et Programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2026-2030. Ces textes consacrent désormais un cadre de référence pour la transformation structurelle de la Guinée. Nos perspectives économiques demeurent porteuses. Les projections pour 2026 tablent sur 8,6 % de croissance économique et un taux d’inflation de 5,2 %. Ces perspectives sont encourageantes. Mais nous savons que la croissance, à elle seule, ne suffit pas. Elle doit se traduire en emplois, en revenus, en infrastructures, en services sociaux de qualité et en opportunités économiques sur l’ensemble du territoire. C’est pourquoi nous devons assurer une meilleure articulation entre la planification nationale, la programmation budgétaire, l’investissement public et l’exécution des politiques sectorielles. Simandou 2040 fixe le cap. La programmation budgétaire organise les moyens. La Loi de finances autorise les choix publics. Et l’exécution doit produire des résultats mesurables pour les Guinéennes et les Guinéens.

Honorable Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

L’année 2026 marque un tournant important dans notre capacité à planifier sur la base de données fiables. Pour la première fois, notre pays dispose simultanément des résultats de trois opérations statistiques majeures : le quatrième  (4e) Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), la sixième (6e) Enquête démographique et de santé (EDS-6), ainsi que le lancement de la deuxième (2e) Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages. À ces avancées s’ajoute le lancement de la collecte des données du premier Recensement Général des Entreprises de la République de Guinée (RGE-1). Cette opération nous permettra de mieux connaître notre appareil productif, d’identifier les secteurs à fort potentiel, de mieux accompagner les petites et moyennes entreprises et d’orienter plus efficacement les investissements. Nous voulons progressivement passer d’une économie que nous observons de manière partielle à une économie que nous connaissons, mesurons et pilotons avec davantage de précision. La présentation de notre troisième (3e) Rapport national volontaire sur les Objectifs de développement durable participe de cette même dynamique : celle d’une Guinée qui renforce progressivement la culture de la donnée, de l’évaluation et de la redevabilité. Parallèlement, nous poursuivons la vulgarisation nationale de Simandou 2040 auprès des gouvernorats, des administrations déconcentrées, des collectivités locales et de nos partenaires techniques et financiers. Nous engageons également le processus de territorialisation de nos priorités à travers les Schémas Régionaux d’Aménagement et de Développement (SRAD). Dans cette même logique, le Programme conjoint de développement local, le PRODEL, conduit avec le Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation et nos partenaires du Système des Nations Unies, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), doit contribuer à rapprocher la transformation nationale des réalités locales. Il s’articulera avec les priorités régionales des huit régions administratives et les plans locaux de développement des 375 communes. Autrement dit, Simandou 2040 donne la direction ; le PRODEL contribue à faire parvenir cette transformation jusqu’au dernier kilomètre, au plus près des populations.

Honorable Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

La crédibilité de notre ambition dépend également de notre capacité à mobiliser des partenariats internationaux cohérents avec nos priorités nationales. À cet égard, plusieurs évolutions importantes méritent d’être soulignées. En matière de crédibilité financière, la notation souveraine initiale de la Guinée, obtenue auprès de S&P Global Ratings en septembre 2025 avec une note de B+ et une perspective stable, a été confirmée en mars 2026, avec une perspective relevée à positive. Le 16 septembre 2026, le Conseil de l’OCDE a accepté la candidature de la Guinée à l’adhésion à son Centre de développement. Puis, le 16 octobre, le classement du risque-pays de notre pays a été relevé de la catégorie 7 à la catégorie 6. Ces évolutions constituent des signaux encourageants, renforcent la lisibilité de notre trajectoire et ouvrent des perspectives supplémentaires pour notre dialogue avec les investisseurs et les partenaires financiers. Sur le terrain de la coopération, les ressources attendues au titre de celle-ci s’élèvent à 284,8 millions de US dollars  pour la période 2025-2026.  À cette dynamique s’ajoutent plusieurs engagements et perspectives de financement importants : l’appui non remboursable de 100 millions de yuans de la Chine pour des projets à fort impact social, ainsi que 8 millions de US dollars pour la réalisation de 400 forages d’eau potable ; les engagements de la BADEA, dont 170 millions de US dollars annoncés pour le développement et la construction d’universités ; les 50 millions de US dollars du Fonds saoudien de développement pour le PDRI II ; et le partenariat de 280 millions de US dollars conclu avec le Fonds de l’OPEP pour la période 2026-2028. Nous pouvons également citer les perspectives de financement du Groupe de la Banque islamique de développement pour l’autoroute Kagbélen–Tanènè de 200 millions de US dollars, les engagements de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO de 310,5 millions d’euros pour six projets prioritaires, ainsi que les concours annoncés par nos partenaires français (1,2 milliard d’euros) et japonais dans les domaines des infrastructures et du développement économique. À ces ressources s’ajoutent les coopérations stratégiques engagées avec le Vietnam, l’Azerbaïdjan, l’Australie et la Pologne, ainsi que le Programme de partenariat pays signé avec l’ONUDI le 30 juin 2026, qui vise à structurer un écosystème industriel fondé sur les infrastructures, l’énergie, les compétences, les PME et la transformation locale. Enfin, au terme du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique de l’Ouest et du Centre francophone, WCAF V, le Royaume-Uni a annoncé le relèvement de son ambition d’investissement en Guinée, de 1,8 milliard à 2,7 milliards de livres sterling (environ 3 milliards de US dollars) . Cette annonce constitue un signal de confiance important dans les perspectives de notre pays et dans les opportunités offertes par Simandou 2040. Notre responsabilité consiste désormais à franchir les prochaines étapes : transformer les intentions en accords opérationnels, les accords en projets bancables, les financements en investissements réalisés et les investissements en résultats tangibles. C’est dans cet esprit que nous poursuivons nos échanges avec le Fonds monétaire international en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique et financier, tout en renforçant la planification stratégique, la qualité des statistiques et l’alignement de la coopération internationale sur les priorités nationales. Notre objectif est clair : chaque partenariat doit contribuer davantage à la réalisation de Simandou 2040.

L’année 2026 a également vu progresser la place de la Guinée dans plusieurs instances internationales, avec son élection au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) pour le mandat 2027-2029, la présidence du Conseil des Gouverneurs de la BIDC et la présidence du Bureau de la seizième (16ᵉ) Conférence des Parties de l’African Risk Capacity. Ces responsabilités traduisent une reconnaissance de notre engagement et nous donnent des occasions supplémentaires de contribuer aux réflexions et aux décisions qui concernent le développement de notre continent.

Honorable Président de l’Assemblée Nationale,

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Honorables Députés,

Mesdames et Messieurs,

La Loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 que nous examinons aujourd’hui nous rappelle que les ressources publiques sont limitées et que chaque choix doit être fait avec discernement. Dans un environnement international incertain, nous devons préserver la soutenabilité de nos finances publiques, renforcer l’efficacité de la dépense, améliorer la qualité de l’investissement et veiller à ce que les ressources mobilisées produisent les effets attendus. La planification ne peut être dissociée de cette exigence. Elle doit permettre de hiérarchiser les priorités, d’anticiper les besoins, d’évaluer les résultats et d’éclairer les arbitrages budgétaires. C’est pourquoi nous poursuivrons le renforcement du dispositif national de suivi des politiques publiques, l’intégration des Objectifs de développement durable dans les politiques sectorielles et la mise en cohérence des interventions de nos partenaires avec les objectifs du Programme Simandou 2040. Notre ambition n’est pas simplement de mobiliser davantage de ressources. Elle est de mieux les orienter, de mieux les utiliser et de produire davantage de résultats avec chaque franc investi. La transformation de la Guinée est un effort national qui appelle la mobilisation de toutes les institutions, de toutes les administrations, des collectivités territoriales, du secteur privé, de nos partenaires et de nos concitoyens. Elle exige de la vision, mais aussi de la méthode. De l’ambition, mais aussi de la discipline. Des ressources, mais surtout une capacité collective à les convertir en progrès réel. Sous le leadership du President Mamadi Doumbouya, notre pays s’est doté d’un cadre de transformation qui doit nous permettre de dépasser la gestion des urgences pour construire durablement l’avenir. Notre devoir est désormais de faire vivre cette ambition dans les décisions quotidiennes, dans les choix budgétaires, dans l’exécution des projets et dans les résultats obtenus sur le terrain.

C’est dans cet esprit de responsabilité, de transparence et de confiance dans l’avenir que je soumets notre communication à votre appréciation.

Vive la République de Guinée !

Vive Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, Président de la République, Chef de l’État !

Je vous remercie de votre aimable attention.