À l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, qui sera célébré ce vendredi 2 octobre 2026, les regards se tournent vers l’histoire du pays, mais aussi vers les défis qui restent à relever pour consolider les acquis et construire l’avenir.
Parmi les voix qui s’expriment à cette occasion, celle de Mme Keita Mafory Cissé, Conseillère chargée de Mission au Ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Femme engagée dans le service public et attachée aux valeurs de travail et de patriotisme, elle livre sa lecture de l’indépendance de la Guinée et insiste particulièrement sur la place des femmes dans la construction nationale.
Pour Mme Mafory Cissé, le 2 octobre ne constitue pas seulement une date historique. Il représente l’aboutissement du combat d’un peuple pour sa liberté et sa souveraineté. « Le 2 octobre est bien plus qu’une simple date dans le calendrier national. C’est le symbole du courage d’un peuple qui a choisi la liberté, la dignité et la souveraineté », souligne-t-elle, à l’entame de ses propos.
Mais cette indépendance, selon elle, ne doit pas être considérée uniquement comme un héritage. Elle impose également des responsabilités aux générations actuelles et futures. « L’indépendance n’est pas uniquement un héritage transmis par nos aînés. Elle constitue également une responsabilité que chaque génération doit assumer », estime-t-elle.
Dans cette perspective, Mme Keita Mafory Cissé considère que le meilleur hommage à rendre aux pionniers de l’indépendance consiste à œuvrer au quotidien pour la paix, l’unité nationale et le développement. « Notre devoir est de transformer cet acquis historique en progrès concret pour l’ensemble des Guinéens », affirme Mme Keita.
Au-delà de la portée historique du 2 octobre, Mafory Cissé met l’accent sur la contribution des femmes guinéennes au développement du pays. Selon elle, leur rôle dépasse largement les cadres traditionnellement reconnus.
« Les femmes guinéennes ont été au cœur des grandes étapes de notre histoire nationale. Elles ont contribué à l’éducation des générations, au développement économique, à la préservation de nos valeurs culturelles et spirituelles, mais également au maintien de la cohésion sociale dans les périodes difficiles ».
Pour autant, cette contribution reste, à ses yeux, insuffisamment valorisée. Elle estime nécessaire de mieux reconnaître le travail des femmes qui participent quotidiennement à la vie économique et sociale du pays, y compris celles dont les actions restent peu visibles.
« Nous devons non seulement honorer les grandes figures féminines de notre histoire, mais aussi reconnaître le mérite de toutes ces femmes dynamiques et parfois anonymes qui, chaque jour, construisent silencieusement la Guinée », plaide-t-elle. « Ces femmes, précise-t-elle, sont présentes dans les foyers, les entreprises, les exploitations agricoles, les écoles, les administrations et les communautés ».
Malgré les avancées enregistrées au cours des dernières décennies, plusieurs obstacles continuent cependant de limiter la pleine participation des femmes au développement national. Elle cite notamment l’accès au financement, l’autonomisation économique, la formation professionnelle, l’accès aux nouvelles technologies et la participation aux espaces de décision.
Elle insiste particulièrement sur l’éducation des filles, qu’elle considère comme l’un des leviers essentiels de transformation sociale. « Lorsqu’une fille est éduquée, c’est toute une famille qui progresse et, à travers elle, c’est toute la nation qui avance ».
Pour elle, l’enjeu consiste désormais à permettre aux femmes de participer davantage à la création de richesses, à la gouvernance et à la transformation économique et sociale du pays.
À l’adresse des jeunes filles et des femmes qui souhaitent s’engager davantage dans la vie professionnelle et publique, Mme Mafory Cissé lance un appel à la confiance et à la persévérance. Elle encourage ainsi les femmes à investir dans leur formation et à poursuivre leurs ambitions, quel que soit le domaine choisi.
« Je voudrais leur dire de ne jamais douter de leur valeur. La Guinée a besoin de leurs compétences, de leur intelligence, de leur créativité et de leur leadership. Qu’elles aient l’ambition de devenir entrepreneures, enseignantes, ingénieures, responsables administratives, médecins, agricultrices ou leaders communautaires, elles doivent savoir que leur place est partout où leurs talents peuvent s’exprimer et contribuer au développement du pays », soutient-elle.

À ses yeux, l’autonomisation des femmes dépasse la seule question de l’égalité. « Elle constitue également une exigence de développement national ».
L’engagement de Mme Mafory Cissé s’inscrit également dans une histoire familiale marquée par le service public et l’engagement citoyen. Elle évoque notamment sa mère, Hadja Mariama Sow Cissé, ancienne députée de la République à partir de 1972 et engagée dans la promotion de la femme, de la paix et du leadership féminin.
Elle cite également son défunt père, ancien gouverneur de Conakry, dont elle dit avoir hérité le sens de la responsabilité et de l’intérêt général.
Son prénom, Mafory, revêt lui aussi une dimension particulière à ses yeux. « Je porte également le prénom de Mafory, un prénom chargé de symboles dans l’histoire de notre pays. Pour moi, il représente à la fois un héritage et une responsabilité », confie-t-elle.
Cet héritage familial, explique-t-elle, constitue une source de motivation pour poursuivre son engagement au service de la Guinée, avec « humilité, détermination et sens du devoir ».
Sylla Youn, pour Guineeminesnature.com










