Montréal, 03 septembre 2026. — Il y a des déplacements qui relèvent de l’agenda de la coopération internationale. Et il y a ceux qui traduisent un changement d’époque.

La participation de la Guinée à la 10ᵉ édition du Forum Afrique Expansion, tenue les 31 août et 1er septembre au Palais des congrès de Montréal, appartient résolument à la seconde catégorie.

Pays vedette de cette édition consacrée au renouvellement des relations économiques entre l’Afrique et le Canada, la Guinée n’est pas venue à Montréal pour simplement présenter ses atouts. Elle y est venue avec une ambition plus grande : présenter une vision, exposer une trajectoire et ouvrir la voie à des partenariats capables d’accélérer sa transformation économique.

Au cœur de cette démarche : SIMANDOU 2040, le cadre national de transformation économique et sociale porté par Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, Président de la République, Chef de l’État.

Une nouvelle équation : passer des relations aux résultats

Pendant longtemps, les relations entre l’Afrique et ses partenaires internationaux ont été largement structurées autour de l’aide, de la coopération institutionnelle et des matières premières.

Une nouvelle époque s’ouvre.

Pour la Guinée, le défi consiste désormais à construire une relation fondée davantage sur l’investissement, la création de valeur, le transfert de technologie, le développement du capital humain et la construction de chaînes de valeur locales.

C’est tout le sens du message porté à Montréal par la délégation guinéenne conduite par le Ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, Monsieur Ismaël NABE, accompagné de son homologue des Infrastructures, Monsieur Facinet Sylla.

Le Forum Afrique Expansion 2026 a précisément choisi de placer au centre des discussions les stratégies gouvernementales, les corridors économiques, l’investissement, l’agroalimentaire, la transformation locale et la coopération internationale . Une grande conférence spécifiquement consacrée à « Simandou 2040 : investir dans la transformation économique de la Guinée », a mis un accent particulier sur les secteurs à fort potentiel tels que l’agritech, les infrastructures et l’innovation.

La Guinée a ainsi présenté non pas une simple liste d’opportunités, mais une nouvelle proposition de partenariat et de stratégie, “ Une stratégie dans laquelle le Canada gagne de nouveaux marchés, de nouvelles chaînes de valeur et de nouveaux relais de croissance. Une stratégie dans laquelle l’Afrique attire davantage d’investissements, développe ses industries, crée des emplois et accélère sa transformation. Une stratégie où chacun apporte quelque chose et où chacun repart avec davantage. a déclaré le Ministre Ismaël NABE lors de son allocution d’ouverture du Forum.

L’objectif est que cette rencontre des capacités produise quelque chose de beaucoup plus puissant : de la valeur créée en Guinée, par et pour une économie guinéenne plus productive, plus diversifiée et plus compétitive.

SIMANDOU 2040 : bien plus qu’un projet minier

À Montréal, un message a été particulièrement clair : SIMANDOU 2040 ne se résume pas au projet Simandou. Le projet minier constitue une opportunité historique. Mais la véritable ambition nationale est plus vaste : utiliser cette fenêtre historique pour construire les fondations d’une économie nouvelle.

Le Programme SIMANDOU 2040 constitue le cadre de référence du développement socio-économique de la Guinée pour les quinze prochaines années, “ qui vise à faire de nos ressources naturelles le point de départ, et non le point d’arrivée, de notre essor économique et social. Nous voulons transformer nos ressources en infrastructures, nos infrastructures en productivité, notre productivité en industries, nos industries en emplois,  et nos emplois en prospérité pour notre population. ” a souligné Monsieur Ismaël NABE.

Il s’agit de transformer les infrastructures en corridors économiques, l’énergie en capacité industrielle, l’agriculture en chaînes de valeur, les talents en capital humain et les investissements en emplois.

Le Canada, un partenaire de la nouvelle transformation

Le choix de Montréal n’est donc pas anodin. Le Canada possède une expérience considérable dans les secteurs qui seront déterminants pour la prochaine phase de transformation de la Guinée : Mines responsables, Ingénierie, Infrastructures, Technologies propres, Finance, Santé Éducation, Développement des compétences, Agriculture,  Gouvernance et Développement durable.

Mais au-delà des secteurs, c’est une nouvelle philosophie de partenariat qui est recherchée. La Guinée ne cherche pas simplement des investisseurs. Elle recherche des partenaires de transformation. Des partenaires prêts à co-construire avec elle des entreprises, des infrastructures, des chaînes de valeur, des compétences et des technologies capables de produire des effets durables.

Cette dynamique traduit également une évolution profonde de la coopération internationale guinéenne. Cette coopération n’est plus seulement une affaire de rencontres et de signatures.

Elle devient un instrument de planification et de transformation. Elle doit rapprocher les besoins du pays des capacités de ses partenaires ; identifier les technologies pertinentes ; attirer les capitaux ; faciliter l’accès aux marchés ; renforcer les compétences nationales ; et surtout assurer la cohérence entre les partenariats internationaux et les priorités nationales.

La coopération n’a de véritable sens que lorsqu’elle renforce les capacités d’un pays à décider, produire et prospérer par lui-même.a réitéré le Ministre Ismaël NABE

C’est dans cette logique que la Guinée entend approfondir ses relations avec le Canada, mais également avec l’ensemble de ses partenaires internationaux.

Il ne s’agit pas de choisir entre ouverture au monde et souveraineté. La nouvelle souveraineté de notre pays se construit précisément par la capacité à transformer l’ouverture au monde en capacités nationales.

De Montréal à Conakry : Un nouveau contrat avec l’avenir

À Montréal, la Guinée a donc envoyé un signal qui dépasse largement le cadre d’un forum économique. Elle a affirmé qu’elle était prête à entrer dans une nouvelle génération de partenariats. Des partenariats plus équilibrés, plus productifs, plus technologiques, plus créateurs d’emplois, plus orientés vers la transformation locale,  et surtout, des partenariats inscrits dans une vision nationale de long terme.

SIMANDOU 2040 est la boussole. Le partenariat international est un levier. L’investissement est un accélérateur. La destination est la transformation de la Guinée.

De Montréal à Conakry, le message est désormais clair : transformer l’ambition en investissements, les investissements en emplois, les emplois en prospérité et la prospérité en avenir pour chaque Guinéenne et chaque Guinéen.

La Guinée ne veut plus seulement être regardée comme une terre de potentiel. Elle veut être surtout reconnue comme une terre de transformation.

Cette transformation ne se fera pas demain. Elle commence maintenant.