Réunis les 22 et 23 octobre 2026 à Conakry, des acteurs de la société civile et des professionnels des médias ont échangé sur les priorités des réformes du secteur de l’énergie en Guinée. Organisé par Global EcoAction (GECA), en collaboration avec le Collectif des organisations de la société civile pour la défense des droits des communautés impactées par les projets de développement (CODEC-Guinée), cet atelier de consultation vise à recueillir leurs préoccupations et recommandations pour une transition énergétique juste, inclusive et durable.
Au cours de ces deux jours, les débats ont notamment porté sur les réformes engagées par les autorités guinéennes, les défis de l’accès à l’électricité, la gouvernance du secteur énergétique, ainsi que les possibilités offertes par les ressources naturelles du pays dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
Pour Mamadi Koïvogui, Coordinateur adjoint du CODEC-Guinée, cette consultation s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs années auprès des communautés locales et des organisations de la société civile, avant de s’étendre aux professionnels des médias.

« Il faut réunir les acteurs, les informer et les consulter. Il est également essentiel de prendre en compte l’ensemble de leurs préoccupations pour bâtir un modèle de développement fondé sur une transition énergétique transparente, participative et inclusive ».
Au-delà de la question de l’accès à l’électricité, le responsable du CODEC a insisté sur la nécessité pour la Guinée de tirer profit de ses ressources minières tout en maîtrisant les conséquences économiques, sociales et environnementales de leur exploitation.
« Il est important que nous évaluions la mise en valeur de nos ressources pour ne pas subir la transition énergétique, mais plutôt en devenir un acteur et profiter de nos richesses pour réussir cette transition ».
Cette démarche implique, selon lui, la mise en place de politiques adaptées permettant d’améliorer l’accès à l’électricité tout en garantissant une gestion transparente et inclusive des ressources naturelles.
Du côté des participants, certains ont insisté sur la nécessité d’accompagner la transition énergétique par une meilleure sensibilisation des populations et un renforcement des capacités des acteurs concernés. Parmi eux, Ismaël Baldé, directeur exécutif de l’ONG Jeunesse Active de Guinée, qui a salué les connaissances acquises au cours des deux journées d’échanges, notamment sur les effets de certaines sources d’énergie sur la santé et l’environnement.

« La Guinée dispose de nombreuses ressources, notamment le soleil et l’eau, qui offrent des possibilités de développement de l’énergie solaire et hydroélectrique. Nous devons explorer ces alternatives et éviter une dépendance excessive aux énergies fossiles, notamment au pétrole ».
Pour cet acteur de la société civile, la transition énergétique ne saurait se limiter au remplacement d’une source d’énergie par une autre. Elle doit également intégrer les questions de gestion des équipements, de recyclage et de prévention des risques environnementaux.
« Avant de passer d’une énergie à une autre, il faut savoir comment l’utiliser, la gérer et, lorsque cela est possible, la réutiliser. Il est également indispensable d’informer les populations sur les conséquences de ces changements », a-t-il insisté.
Au cours de cet atelier, les échanges ont largement contribué à identifier les principaux obstacles à l’accès à une énergie fiable et abordable, tout en mettant en évidence les enjeux territoriaux, sociaux, économiques, environnementaux et de genre associés aux réformes du secteur.
C’est pourquoi le renforcement des capacités des organisations de la société civile et les professionnels des médias constitue un levier important pour favoriser l’appropriation des réformes et encourager des choix énergétiques adaptés aux besoins du pays.
Sylla Youn, pour Guineeminesnature.com










