Face à une hausse préoccupante des violences basées sur le genre, et un taux alarmant de mortalité néonatale et infantile dans les régions de Conakry et de Nzérékoré, un vaste programme de formation de santé communautaire a été lancé.
Le projet axé sur la santé sexuelle reproductive maternelle, néonatale, infantile, des adolescents et la nutrition (SRMNIA-NUT) est exécuté par le Centre guinéen de formation et d’éducation pour le développement (CEGUIFED), sur financement de l’ONU Femmes. Il consiste à former, sensibiliser et améliorer durablement les comportements liés à la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et la nutrition.
Le programme intervient dans les 13 communes de la capitale Conakry et la commune urbaine de Nzérékoré, et prévoit de former entre 100 à 500 jeunes, et de 1 000 à 2 000 femmes, afin de renforcer leurs connaissances et leurs capacités à adopter des comportements favorables à la santé familiale et communautaire.
Ce vendredi 28 novembre, une vingtaine de femmes bénéficiaires ont poursuivi des formations dans les locaux du CEGUIFED dans le cadre de l’étape de Conakry. Hapou Kofoa Mamy, coordinatrice du projet estime que la réussite de ce programme repose principalement sur la mobilisation d’acteurs de proximité.

« La première semaine, nous avons formé les relais communautaires qui sont au nombre de 53 pour Conakry. Ces relais sont formés sur les thématiques de genre, de violence et de nutrition afin qu’ils puissent sensibiliser les communautés, pour que ce changement de comportement se reflète durablement sur nos localités. La seconde phase portera sur la mise en œuvre réelle à travers des causeries éducatives et des visites à domicile pour sensibiliser les groupements de femmes et les associations de jeunes sur les comportements à adopter en matière de santé reproductive, néonatale et infantile. Aujourd’hui, beaucoup d’ONG forment sur les questions de santé, mais sur la nutrition et la sexualité, on en parle moins. Ce projet aborde pleinement la santé sexuelle, reproductive, néonatale, infantile et celle des adolescents. »
Luc Innocent Touré, est l’un des facilitateurs et expert indépendant en santé communautaire. Il détaille l’approche pédagogique mise en œuvre, et souligne l’importance de la démultiplication de ce programme.

«Nous organisons cette formation afin que les membres des organisations à base communautaire puissent à leur retour démultiplier les connaissances, mais aussi aller vers les communautés pour sensibiliser sur l’égalité de genre et la lutte contre les décès maternels et néonataux. Cette formation s’articule autour de quatre grandes thématiques : la santé maternelle, néonatale, infantile et celle des adolescents ; la nutrition ; les violences basées sur le genre ; et la communication pour le changement social et comportemental. C’est-à-dire, nous leur montrons les techniques d’animation, de communication et les outils nécessaires pour mieux mener leurs activités, notamment sur la santé maternelle, la planification familiale ou les VBG dans les communautés. »
Parmi les bénéficiaires, figure Fatoumata Tatia Fofana, présidente de l’ONG Tatia Guinée. Elle exprime sa satisfaction après une journée de formation et rappelle l’urgence d’agir: « La formation a été très enrichissante. Ils nous ont enseigné beaucoup de thématiques liées aux femmes enceintes : comment elles doivent se comporter, quelles étapes suivre du début de la grossesse jusqu’à l’allaitement. Nous avons tous constaté qu’en Guinée, il y a trop de cas de morts pendant l’accouchement et même lors de l’allaitement. Les femmes doivent suivre toutes les procédures à l’hôpital, et les maris aussi doivent les accompagner moralement et financièrement. À mon retour, je vais partager le message avec les membres de mon ONG, nous allons organiser des causeries pour sensibiliser d’autres femmes. Je remercie les organisateurs pour cette initiative qui peut sauver des vies. »

La journée du vendredi s’est clôturée par une visite de terrain où la représentante de l’ONU Femmes, Dr Dieynaba N’dao, en mission de travail en Guinée, a rencontré les organisations communautaires de base impliquées dans le projet SRMNIA-NUT. Elle a échangé avec elles sur leurs réalités, leurs défis quotidiens, les besoins prioritaires et les actions à renforcer pour maximiser l’impact du programme. Ces différentes rencontres ont été facilitées grâce au fruit du partenariat tripartite entre le l’ONU Femmes, le REMAPSEN et le CEGUIFED.


Younoussa Naby SYLLA
Guineeminesnature.com










