Dans la Réserve de biosphère du Badiar, le karité constitue une ressource forestière non ligneuse stratégique, à la fois pour la préservation des écosystèmes et pour l’amélioration des moyens de subsistance des communautés locales, en particulier des femmes. C’est dans ce contexte que le projet NaturaGuinée, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la Wild Chimpanzee Foundation (WCF), apporte un appui structuré à l’activité de production et de valorisation du beurre de karité.
Ainsi, cette activité vise principalement à :
- renforcer les capacités techniques et organisationnelles des femmes productrices de beurre de karité, notamment à travers leur structuration en Groupements d’Intérêt Économique (GIE) Karité ;
- améliorer la qualité et la productivité du beurre de karité selon des normes hygiéniques et durables, grâce à l’installation d’unités de transformation composées de décortiqueuses, moulins et baratteuses ;
- accroître les revenus des ménages à travers la valorisation économique du karité et la mise en relation contractuelle avec des acheteurs crédibles ;
- promouvoir la gestion durable des arbres de karité et la conservation de la biodiversité dans la Réserve de biosphère du Badiar, notamment dans la lutte contre les feux de brousse ;
- contribuer à l’autonomisation économique des femmes et au renforcement de leur rôle dans la gouvernance locale des ressources naturelles.
L’activité de production de beurre de karité s’inscrit dans la durée globale du projet NaturaGuinée, avec une mise en œuvre progressive sur plusieurs campagnes de production, incluant des phases de formation, d’équipement, de suivi-accompagnement et de mise en marché.

À l’issue de l’intervention, les résultats attendus sont les suivants :
- des groupements structurés et opérationnels, maîtrisant les techniques améliorées de transformation du karité ;
- une augmentation de la qualité et de la quantité de beurre de karité produit localement ;
- une hausse significative des revenus des femmes bénéficiaires et de leurs ménages ;
- une réduction des pratiques néfastes pour les arbres de karité grâce à une meilleure sensibilisation environnementale ;
- une contribution effective à la conservation des écosystèmes et au développement socio-économique durable de la Réserve de biosphère du Badiar.
Après une première campagne réalisée en 2024, ayant mobilisé 154 productrices issues de 13 villages et permis la transformation de 5,9 tonnes d’amandes en 1,7 tonne de beurre de karité, une deuxième campagne de production s’est déroulée de novembre 2025 à janvier 2026.
Au regard de la forte mobilisation enregistrée, la WCF a accompagné cette campagne en ouvrant deux (02) sites de transformation dans les villages de Sambaldé (commune de Sambailo) et Panthianki (commune de Youkoukoun). Sur ces deux sites, un total de 402 productrices, issues de 17 villages et 15 GIE, ont été appuyées dans la transformation de 21,10 tonnes d’amandes, ayant permis la production de 6,8 tonnes de beurre de karité.

Afin d’améliorer la qualité et la quantité de la production, la WCF a, à la suite de sessions de formation avec les GIE, doté les productrices de sacs de ramassage de noix de karité, de bâches pour le séchage et de sacs en jute pour le stockage des amandes issues du décorticage.
Djadja Sangaré, Présidente du GIE karité de Sambaldé, met en avant les bénéfices directs de l’appui du projet NaturaGuinée pour les femmes productrices, notamment la transformation locale du karité, la réduction des coûts, l’amélioration de la qualité du beurre produit et l’importance de la sensibilisation communautaire pour la protection des arbres de karité contre les feux de brousse.
« Depuis l’année dernière (2024), le projet NaturaGuinée est à Sambaldé pour nous aider dans la transformation du karité en beurre. Avant, nous envoyions nos karités à Koundara pour la transformation et nous payions beaucoup d’argent. Avec le projet NaturaGuinée, nous ne payons aucun centime et nous obtenons une grande quantité de beurre de bonne qualité. Sensibilisons nos maris et nos enfants à arrêter de brûler la brousse afin de nous permettre d’avoir beaucoup de karité. »
De son côté, le Président de la Délégation spéciale de Sambailo souligne l’impact du projet sur l’autonomisation des femmes et l’amélioration de la production de beurre de karité dans plusieurs localités. Il réaffirme également l’engagement des autorités locales à accompagner les actions du projet, en particulier dans la préservation de la Réserve de biosphère du Badiar.
« Cela fait deux ans que le projet NaturaGuinée accompagne nos mamans et nos femmes dans les activités de transformation du karité en beurre. Cela a permis aux productrices de Sambailo, Kamaby et Sareboïdo de transformer gratuitement leurs karités et d’obtenir une grande quantité de beurre de bonne qualité. Je remercie très sincèrement la WCF et le projet NaturaGuinée pour tout ce qu’ils font pour les femmes du Badiar et leur promets notre entière disponibilité pour les accompagner dans la préservation de la Réserve de biosphère du Badiar. »

Un membre du GIE de Barkatou témoigne des retombées économiques concrètes de l’activité de transformation et de commercialisation du beurre de karité, qui lui ont permis d’investir dans des équipements productifs, améliorant ainsi durablement ses activités de maraîchage et ses conditions de vie.
« Aujourd’hui, grâce à l’appui du projet à travers la transformation et la vente de mon beurre de karité, j’ai pu acheter une motopompe pour faciliter mes activités de maraîchage. Cela a permis de réduire considérablement les difficultés que je rencontrais depuis plusieurs années à cause du manque d’eau. »
Les prochaines étapes du projet NaturaGuinée dans les communautés de la Réserve de biosphère du Badiar porteront sur le renforcement de la chaîne de valeur du karité, la consolidation des capacités des groupements féminins et l’amélioration de l’accès aux marchés. Le projet prévoit également d’intensifier le suivi-accompagnement, de promouvoir la certification et la normalisation du beurre de karité, et de renforcer les actions de gestion durable des ressources naturelles, afin d’assurer la pérennité des acquis et un impact socio-économique et environnemental durable.
Toutefois, il convient de noter que le karité n’est pas la seule filière appuyée par le projet. NaturaGuinée accompagne également les communautés dans le développement des filières apicoles, maraîchères et agricoles.
Le beurre de karité produit avec l’appui du projet NaturaGuinée est destiné en priorité aux marchés local et national, notamment pour des usages alimentaires, cosmétiques et artisanaux. Des partenariats avec des commerçants, des coopératives et des unités de transformation sont envisagés afin de sécuriser l’écoulement des produits. À moyen terme, le projet ambitionne de faciliter l’accès aux marchés régionaux et internationaux grâce à l’amélioration de la qualité, à la normalisation et à la mise en relation avec des acheteurs spécialisés, ouvrant ainsi des perspectives d’exportation.
Dans ce cadre, un contrat d’achat de beurre de karité a été établi avec l’entreprise OKA Cosmétic, permettant de sécuriser les débouchés des productrices locales. À ce jour, 3,3 tonnes de beurre de karité ont été commercialisées, générant un revenu total de 100 000 000 GNF, soit 9 716 euros, au profit des groupements bénéficiaires.
Ces ventes témoignent d’un renforcement effectif des capacités techniques et organisationnelles des productrices, d’une amélioration de la qualité du beurre de karité et d’un impact économique tangible sur les revenus des femmes et de leurs ménages, tout en consolidant une dynamique de production durable dans la Réserve de biosphère du Badiar.
La stratégie de mise en marché du beurre de karité soutenue par le projet NaturaGuinée repose sur l’amélioration continue de la qualité, la valorisation du produit et la sécurisation des débouchés. Des normes de qualité et d’hygiène sont appliquées tout au long du processus de production afin de garantir un beurre de karité conforme aux exigences des marchés cosmétique et alimentaire.

Le projet appuie également le conditionnement et le packaging du produit, avec des emballages adaptés, une identification claire de l’origine et une mise en avant du caractère local, durable et communautaire du beurre de karité du Badiar. La distribution s’effectue à travers des contrats de vente avec des entreprises partenaires, des circuits de commercialisation locaux et nationaux, et, à moyen terme, par l’accès à des marchés régionaux et internationaux, contribuant ainsi à une meilleure valorisation économique du produit et à l’augmentation durable des revenus des productrices.










