Dans ce contexte, l’Afrique, qui détient près de 30 % des ressources nécessaires aux énergies renouvelables, voit une occasion en or de développer son économie. L’opportunité est immense. En nouant des partenariats stratégiques avec les grandes puissances, le continent africain pourrait diversifier ses sources de revenus et réduire sa dépendance à la Chine, son principal client. La République Démocratique du Congo par exemple, détient 73% des ressources mondiales de cobalt, essentielles à la fabrication de nos batteries rechargeables. Des territoires comme l’Afrique du Sud, la Tanzanie ou le Burundi possèdent également d’importants gisements de terres rares. Ces pays ont déjà pris la mesure de cet enjeu et multiplient les initiatives pour attirer les investisseurs. Des avantages fiscaux sont instaurés et les conditions d’investissement sur place deviennent de plus en plus compétitives. Cependant, pour s’imposer comme un acteur incontournable de la transition énergétique, l’Afrique doit relever de nombreux défis. Une grande partie de ses richesses demeure sous-exploitée, et beaucoup de pays dépendent des fluctuations du marché en raison d’une spécialisation excessive sur un seul minerai. En RDC, par exemple, le cuivre et le cobalt représentent 40 % du PIB, tandis que d’autres ressources indispensables à la production de batteries, comme le graphite et le manganèse, n’en constituent que 5 %. De plus, la majorité des ressources sont exportées à l’état brut, ce qui empêche les pays producteurs de bénéficier pleinement de la forte demande mondiale. Pour pallier cette situation, des projets de construction d’usines de raffinage et de fabrication de batteries électriques au niveau local sont en discussion. Leur mise en place permettrait de créer davantage de valeur ajoutée, d’augmenter les revenus locaux et de renforcer la compétitivité du continent. Toutefois, développer une industrie de production de batteries électriques et affiner les minerais nécessitent un accès fiable à l’électricité, un autre défi majeur pour de nombreux pays africains. A ce manque d’infrastructures énergétiques, s’ajoute un problème d’insuffisance des infrastructures de transport, qui freine depuis des années l’économie et le développement du secteur minier. Au-delà des aspects économiques, ces projets posent également des défis environnementaux et sociaux.

L’extraction des minerais engendre une pollution importante des sols et des eaux, contribue à la déforestation et émet des gaz à effet de serre, en contradiction avec les objectifs écologiques actuels. Par ailleurs, les conditions de travail dans les mines restent précaires, marquées par des violations des droits humains et le travail des enfants.

Malgré ces nombreux défis qui restent à relever, l’Afrique multiplie les stratégies pour attirer les grandes puissances et exploiter son potentiel minier. Des alliances sont possibles mais aussi des collaborations régionales comme l’accord Zambie – République Démocratique du Congo pour la fabrication de batteries électriques. Selon un rapport de Benchmark Minerals, huit nouvelles mines de terres rares devraient entrer en production d’ici 2029 et permettraient au continent d’assurer 9 % de l’approvisionnement mondial. L’Union européenne, qui cherche à sortir de la dépendance de la Chine son principal fournisseur, vient de dévoiler 47 nouveaux projets miniers concentrés en Europe. La signature de protocoles d’accords entre l’UE et l’Afrique constitue un pas en avant supplémentaire dans cette dynamique.

Source: https://classe-export.com