Le Mali, riche en ressources minières, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un défi fiscal majeur lié au lithium, un métal stratégique pour les batteries électriques. Alors que la demande mondiale explose, les entreprises internationales exploitant ces gisements doivent déterminer le prix de vente de ce métal entre filiales dans différents pays. Ce mécanisme, appelé prix de transfert, peut réduire artificiellement les bénéfices imposables au Mali, privant l’État de recettes fiscales importantes.

Les autorités maliennes cherchent à renforcer la régulation et la transparence dans ce domaine. Selon les experts, l’absence de contrôle efficace des prix de transfert favorise l’érosion de la base fiscale et limite les retombées économiques locales. Les risques sont d’autant plus élevés que le lithium est au cœur de chaînes de valeur internationales dominées par des multinationales, capables d’optimiser leurs flux financiers.

Pour contrer ces pratiques, le gouvernement malien envisage plusieurs mesures : renforcement de l’administration fiscale, audits réguliers des sociétés minières et adoption de législations conformes aux standards internationaux de l’OCDE sur les prix de transfert. L’objectif est double : sécuriser les revenus de l’État tout en maintenant un climat attractif pour les investisseurs étrangers.

Si aucune réforme n’est mise en place rapidement, le Mali pourrait voir une partie significative des gains liés à ce métal stratégique lui échapper, alors même que le lithium pourrait constituer un moteur essentiel de développement industriel et énergétique pour le pays.