L’objectif de cette publication est de dénoncer au Procureur de la République près du Tribunal de Première Instance de Mandiana une pratique à conséquences incalculables, une pratique malencontreuse, lui dénoncer un fait criant qui vise à paralyser le développement durable dans la Préfecture de Mandiana, lui dénoncer l’inaction des autorités qui doivent agir et contrôler, lui dénoncer que l’environnement fait l’objet d’une commercialisation au détriment des générations futures. Que c’est pourquoi même les pires formes de sont exploitation existent et persistent.

L’avenir dans la Préfecture de Mandiana est menacée, elle est en danger. L’avenir dans la Préfecture de Mandiana est incertaine, les générations futures n’auront pas de quoi pour vivre. Car, les conditions de leur existence sont entrain d’être compromis par des pratiques malsaines.

En effet, depuis des décennies notre chère Préfecture fait l’objet d’une exploitation artisanale de l’or. Une pratique peu encadrée, mais jadis, il y avait une dose de respect de l’environnement. Parce que la pratique d’exploitation artisanale de l’or se faisait avec des instruments rudimentaires et les produits chimiques n’étaient jamais utilisés. Donc, on pourrait dore qu’il y avait peut d’impact sur l’environnement et la population.

Mais, très malheureusement, dans ces dernières décennies nous avons assisté à la mécanisation progressive de l’exploitation artisanale de l’or et à l’introduction officieuse graduellement des substances très dangereuses donc leurs utilisations sont strictement encadrées ou même interdites. Au fait, ses substances sont utilisées le plus souvent pour l’agglomération de l’or ou dans le processus de synthétisation du métal jaune.

Maintenant, sans savoir comment utiliser ces substances, ni les conséquences présentes et futures sur la vie humaine, encore moins celle sur l’environnement. Les usagers de ses substances sacrifient leurs vies et celles des tiers. Ils exterminent des espèces de faunes et de flores dans notre Préfecture. Et, ils compromettent ainsi l’avenir des générations futures.

Aussi, cette mécanisation de l’exploitation artisanale de l’or, qu’on pourrait qualifier d’archaïque, est plus qu’une agression. Ces activités hautement criminelles, qualifiées d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat, hissées au même titre que l’atteinte à l’indépendance de l’État, à l’intégrité du territoire de l’État, à sa sécurité etc… (art. 533 CPG). Ne doivent pas rester impunies. C’est pourquoi d’ailleurs, l’atteinte grave à l’environnement même par le Président de la République est qualifiée de haute trahison (161 CG).

Monsieur le Procureur de République près du Tribunal de Première Instance de Mandiana,

Au regard de tout ce qui précède et la nécessité de votre action pour mettre fin à cette pratique néfaste à l’environnement. Et en tant que représentant légal de la société, le défenseur des instruments juridiques de la République de Guinée sur le territoire de la Préfecture de Mandiana et détenteur de l’action publique. Les citoyens sont sans défense face aux cartels, ils sont espoirs et ils ne savent pas quoi faire.

À cet effet, nous voulons porter à votre connaissance qu’il y a des pratiques interdites et sanctionnées non seulement par le droit international mais aussi par nos lois nationales qui se font dans certaines mines artisanales dans votre juridiction. Si rien n’est fait pour arrêter celles-ci l’avenir de la Préfecture de Mandiana est en danger. Si ses pratiques continuent, dans un futur proche nous allons voir des maladies chroniques, la rareté des terres agricoles, le tarissement des cours d’eau, la disparition des espèces de faunes et de flores, la diminution du régime de pluie, la sécheresse, l’élévation de la température dans la Préfecture. Bref, ça sera source des conflits communautaires futurs, pour la recherche du bien être l’eau, la terre cultivable, les zones de pâturage etc…

Monsieur le Procureur de la République

En vertu des dispositions combinées de nos lois, il se trouve sans ambage que l’environnement est bien protégé. Donc, toutes activités contraires à des prescriptions doivent être sanctionnées et d’ailleurs sévèrement.

Ainsi, il est consacré dans notre Constitution que chaque personne à droit à un environnement sain (art.30). Le code pénal a prévu à en ses art.574 et 575 que les atteintes à l’environnement sont des actes attentatoires aux intérêts fondamentaux de la nation comme des actes terroristes. Pour ce faire, une sanction sévère est prévue contre les coupables de ses activités. Aussi, ses pratiques sont fortement sanctionnées par le code l’environnement notamment : l’utilisation des substances chimiques (art.174; 201), l’atteinte à la qualité de l’air (art. 193; 194); la pollution des cours d’eau (art. 177; 178); pollution du sol, pertes de biodiversité (art.175).

Monsieur le Procureur de République du TPI de Mandiana

L’environnement étant d’intérêt général (art.6 CEG) et étant donné qu’il est prévu à l’art. 47 du code de procédure pénale que《le Procureur de la République reçoit les plaintes et dénonciations et apprécie la suite à leur donner》. Dans ce cas présent, qu’il vous plaise d’accorder une attention particulière à ce dossier et tous les cas d’atteinte à l’environnement dans notre Préfecture. Car, la justice constitue le dernier rampart des citoyens désespérés pour avoir de l’espoir de vivre, l’espoir d’avoir une justice pour être rétabli dans leurs droits.

Nous comptons sur vous M. le Procureur, rien que sur vous pour mettre fin à toutes pratiques malsaines sur l’environnement à Mandiana. Parce que, l’environnement constitue le socle de tous les droits de l’homme. C’est pourquoi le Juge Winston de la Cour de Caraïbe disait que 《sans intégrité environnementale, toute référence en matière de droits de l’homme n’est qu’une illusion》.

Nous comptons sur vous pour garantir l’avenir de Mandiana dans une dynamique du développement durable.

Abdramane Diakite, Ingénieur et Juriste Environnementaliste, Consultant sur des questions environnementales, du développement durable et climatiques.