Mercredi 22 octobre 2025, l’ananas Baronne de Friguiagbé a été labellisé avec une Indication Géographique Protégée (IGP) par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). La cérémonie de remise du certificat d’IGP s’est déroulée à Conakry, dans un réceptif hôtelier.

L’objectif est de garantir l’authenticité et la qualité de la Baronne, valoriser le savoir-faire des producteurs locaux, stimuler la création d’emplois durables, protéger le nom et l’origine de l’ananas.

Le président de la Fédération des planteurs de la filière fruits de la Basse-Guinée se réjouit de la labellisation de la Baronne de Friguiagbé.

Elhadj Moussa Camara, président de la Fédération des planteurs de la filière fruits de la Basse-Guinée.

« La labellisation de la Baronne a été un long parcours. Nous avons commencé cela en 2017 quand on est parti au Salon de l’Agriculture d’Abidjan. On est parti seulement avec la Baronne parce qu’on cherchait à avoir la qualité de la Baronne comparativement aux autres ananas qu’on vend. Quand les gens ont goûté la Baronne, ils ont demandé ce que nous avons mis dedans, parce qu’ils ne mangeaient pas l’ananas de Côte d’Ivoire qu’ils ne trouvaient pas tellement bon. Nous leur avons dit qu’on n’a rien mis dans notre ananas, c’est un fruit naturel. On découpait les fruits pour les mettre dans des boîtes, sur des assiettes, pour que les gens viennent manger. Les fruits qu’on jetait dans la poubelle, les Ivoiriens venaient ramasser la couronne. Ils nous disaient qu’ils allaient planter chez eux parce que c’est un bon ananas. Cela a attiré notre attention.

Deuxième fait, les travailleurs du laboratoire de biotechnologie de Bamako, qui étaient également présents à Abidjan, sont aussi venus goûter la Baronne. Ils nous ont dit qu’ils voulaient travailler avec nous pour nous aider à multiplier la Baronne à partir de leur laboratoire. On a dit OK. Tout le monde a apprécié la qualité de la Baronne.

Dès qu’on est revenu en Guinée, on est parti voir les départements techniques. On a rencontré le ministre de l’Agriculture, le ministre de l’Industrie et des PME, et le ministre du Commerce d’alors pour leur dire qu’on avait des soucis : les gens s’intéressent à notre variété Baronne. Qu’est-ce qu’il faut faire pour la protéger ? On ne savait pas. C’est au ministère de l’Industrie qu’ils nous ont dit d’introduire la requête. C’est ce qui fut fait.

On avait proposé la Baronne de Friguiagbé, parce qu’elle était beaucoup plus cultivée à Kindia, et l’ananas de Maférinyah, qui était la Cayenne lisse. On a proposé les deux variétés et introduit la demande à l’OAPI. Ils ont envoyé des experts internationaux parmi lesquels figuraient des Français. Ils sont venus travailler sur ces deux variétés. Ils ont beaucoup travaillé à Kindia, Maférinyah et un peu partout.

Après les premières études, les résultats sont venus : c’est la Baronne qui a été retenue comme un produit spécifique. Il fallait l’inscrire pour être étudiée en indication géographique. Beaucoup d’experts sont venus pour travailler sur la Baronne, vérifier pour qu’elle puisse être aujourd’hui en indication géographique », a expliqué Elhadj Moussa Camara, président de la Fédération des planteurs de la filière fruits de la Basse-Guinée.

Beaucoup de structures se sont battues pour que la Baronne puisse être inscrite. La Baronne cultivée à Kindia est de la meilleure qualité.

« Après les études, c’est seulement la Baronne de Friguiagbé qui avait des qualités exceptionnelles. L’étude a démontré que c’est la Baronne de Friguiagbé qui avait des qualités exceptionnelles. Il y a une grande différence entre elle et celle de Maférinyah. À Kindia, les meilleures qualités de la Baronne se trouvent à Friguiagbé et dans une partie de Molota et Damakania. C’est tout. La délimitation géographique est déterminée. La Baronne de Friguiagbé est un produit de luxe exceptionnel. Économiquement, ce fruit rapporte beaucoup à l’État, surtout à l’export. La Baronne de Friguiagbé a une valeur ajoutée différente des autres produits », a ajouté Elhadj Moussa Camara.

Beaucoup de personnes se livrent aujourd’hui à la production d’ananas dans la préfecture de Kindia. Ce fruit aide des milliers de gens à prendre leurs familles en charge.

De Kindia, Ibrahima Sory Traoré, pour guineeminesnature.com