LA JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU, 22 MARS.
L’humanité, a, depuis le début de sa prise de conscience face à l’impact de ses actions sur notre milieu de vie, instituée des rencontre de portée mondiale autour des sujets brûlants. C’est-à-dire qui méritent une attention, une action collective et coordonnée.
Dans cette, dynamique une conférence fut organisée à Rio de Janeiro en 1992 appellée sommet de la terre. C’est à cette occasion que les experts ont posé des diagnostics claires sur chaque secteur de vie et ont proposé une solution secteur par secteur. Cette rencontre très stratégique a débouché par l’adoption de plusieurs instruments juridiquements contraignants et non contraignants. Notamment, la Convention sur la Diversité Biologique ; la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, les 109 recommandations et un plan d’action pour le 21e siècle, autrement dit Action 21 ou Agenda 21. Cet Agenda 21 avait proposé l’institution d’une journée internationale de réflexion sur l’eau. Chose qui a été en 1993 par les Nations Unies.
Depuis lors, chaque année un thème de réflexion est proposé autour duquel les acteurs vont échanger et proposer des solutions allant de la protection de l’eau à son égal accès à la population.
En effet, transposons les chiffres en graphique ci-dessous pour savoir la profondeur du problème, le diable est dans les détails. Curieusement, la quantité d’eau sur notre planète est invariable, c’est-à-dire stable. Dans cette quantité, 97% sont des eaux salées. Qui sont impropres à la consommation, sauf après un grand effort de traitement pour peu de résultats. Le reste 0,3% sont de l’eau douce, qui est consommable. Dans les 0,3 % d’eau douce, 68,3% sont des glaces au niveau des deux pôles ; 31,4% sont souterraines et le reste 0,4% constituent les autres. Dans les autres 0,3% sont des eaux de surface, autrement appellé les eaux continentales. Dans cette quantité aussi, 87% sont des lacs, c’est les eaux qui ne coulent presque pas, 11% dans les marais et le reste 2% dans les rivières qui sont facilement accessibles et constamment exposées aux effets de nos activités. Hélas ! Ces pourcentages pourraient ne pas être de même aujourd’hui !
Pour le cas guinéen, c’est le même constat, notre réseau hydrographique est très dense, il regorge 1165 cours d’eau, reparti en 23 bassins versants, dont 14 internationaux et 9 nationaux (PNE,2018). D’où l’appellation de la Guinée, le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest.
Cependant, la réalité du terrain pourrait bien être différente à ce qui se trouve dans les documents officiels. C’est pourquoi nous observons des décalages de nombre de cours d’eau dans les documents officiels par endroit. Donc, il devient impératif pour le Ministère en charge de l’hydraulique de diligenter un inventaire des cours d’eau pour déterminer la quantité exacte. Parce que beaucoup de cours d’eau ont disparu par l’effet de nos activités.
Pour cette année le thème choisi est 《l’eau et l’égalité》. Un thème très intéressant, en raison du fait, il englobe deux préoccupations majeures du 21e siècle. C’est-à-dire, l’eau qui est source de vie et de vitalité et l’égalité. Tellement que le choix n’est pas fortuit chaque terme du thème nous amène à un objectif du développement durable, l’eau ODD6 et l’égalité ODD5. Cela, serait malicieusement fait par les NU pour amener les États à faire leur propre diagnostic sur l’atteinte des ODD dans leur pays.
Alors, posons-nous la question de savoir, existe-t-il un lien entre l’eau et l’égalité ?
La réponse favorable à cette question nous amène à parler sur la divergence (A) et la convergence (B) de ces deux notions prises comme thème de cette année.
A- L’eau et l’égalité, deux notions distinctes
Spécifiquement pris, les deux notions n’évoluent absolument pas dans le même couloir.
L’eau étant un élément constitutif de l’environnement, un écosystème abritant plusieurs espèces est à l’origine de la vie même sur terre. À travers la réaction d’oxydation par les cyanobactéries, l’oxygène est quitté dans le milieu aquatique pour venir sur le milieu terrestre. Ce qui serait l’origine de l’apparition de la vie sur terre. D’où la raison de dire, pas de vie sans l’eau, ou sans l’eau pas de vie ! À cet effet, mon Professeur du cours de 《Traitement des eaux》M.Mory CAMARA, paix à son âme ! nous disait toujours que 《 l’eau est pour l’environnement comme le sang est pour corps humain 》.
Quant à l’égalité, un idéal social qui vise à supprimer des inégalités et établir la justice sociale. Depuis très longtemps nos sociétés se sont construits sur la base de certaines valeurs qui méritent d’être déconstruit pour qu’on parvienne à un équilibre. Cet équilibre renforcera notre vie en société, l’idéal ce n’est pas de parvenir à une égalité stricte. Mais, une équité pour supprimer les pratiques néfastes ou tout au moins réduire cette inégalité. L’inégalité entre le genre, l’inégalité entre les villes et les villages, l’inégalité entre les riches et pauvres et l’inégalité entre pays développés et en développements.
En agissant, on pourrait arriver à diminuer progressivement cela dans nos pratiques, dans certaines activités, comme accès à l’eau.
B- l’eau et l’égalité, deux notions qui convergent
Effectivement dans le secteur de l’eau, ces deux notions se convergent pour l’atteinte du bien être et de l’équilibre social.
Dans le processus de l’accès à l’eau, il y a une disparité qui contraste avec cette réalité. C’est l’inégale répartition de cette ressource vitale, c’est l’inégale accès à cette ressource entre les pays développés et en développements ; entre les villes et les villages ; entre les riches et les pauvres. Mais aussi, c’est l’inégale implication du genre dans la corvée d’eau. À ce niveau, force est de constater que le genre féminin est plus impliqué dans la corvée d’eau que le genre masculin. Ce qui leur prive de se concentrer sur d’autres choses comme les hommes, notamment l’éducation, l’entreprenariat, le repos etc…
Cela favorise un déséquilibre et une injustice sociale entre les différents niveaux susévoqués.
Donc, l’eau devient de ce fait un élément de justice sociale si nous agissons en conséquence. Notre action pourrait diminuer ce fossé, en rendant l’accès équitable à cette ressource vitale. Cela pourrait favoriser le respect des droits humains corollaires au manque ou au difficile accès à l’eau.
À contrario, notre inaction aggraverait et exacerberait cette inégalité. Et continuerait de faire des victimes silencieux.
Voilà une fois encore la pertinence du choix de ce thème cette année 《l’eau et l’égalité》.
Alors, dans l’optique d’inverser cette tendance, les Nations Unies ont proposé ce thème, afin que chaque acteur puisse réfléchir et proposer des solutions de sortie de cette crise sociale qui n’a que trop duré.
Abdramane Diakite, ingénieur et juriste en environnement, consultant sur les questions environnementales, climatique et du Développement Durable.










