Il y a quelques jours, les autorités guinéennes ont lancé à Conakry une vaste opération de déguerpissement des emprises publiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la politique d’assainissement de la ville, visant à lutter contre l’insalubrité, l’occupation anarchique de l’espace urbain et les inondations récurrentes. Trottoirs, caniveaux, accotements de routes, zones de drainage et autres espaces réservés à l’usage public sont progressivement libérés dans plusieurs de la capitale, notamment Matam, Gbessia, Ratoma, Matoto, Kissosso, Sonfonia, etc.
Selon les responsables en charge de l’assainissement urbain, cette action vise principalement à améliorer le cadre de vie des populations. L’occupation anarchique des emprises publiques est identifiée comme l’une des causes majeures de l’insalubrité et des inondations qui touchent régulièrement Conakry, notamment en période de fortes pluies. Les caniveaux obstrués et les constructions érigées dans les zones non constructibles empêchent l’écoulement normal des eaux, exposant les habitants à de graves risques sanitaires.
Sur le terrain, les opérations consistent à démolir les installations illégales, à évacuer les étals de fortune et à dégager les voies publiques. Les autorités expliquent qu’il s’agit de restaurer la vocation première de ces espaces afin de fluidifier la circulation, faciliter les travaux de nettoyage et renforcer la sécurité routière.
Toutefois, cette opération suscite des réactions contrastées au sein de la population. Si certains citoyens saluent une initiative longtemps attendue pour rendre la ville plus propre et plus accessible, d’autres dénoncent la perte soudaine de leurs activités économiques et le manque de mesures d’accompagnement pour les personnes déguerpies.
Face à ces préoccupations, les autorités appellent au sens civique et rappellent que plusieurs campagnes de sensibilisation avaient été menées avant le lancement des opérations. Elles annoncent également la mise en place de solutions alternatives, notamment la réorganisation des marchés et la création d’espaces commerciaux réglementés.
Au-delà du déguerpissement, les observateurs estiment que l’assainissement durable de Conakry nécessite une politique urbaine plus globale. Celle-ci doit combiner contrôle de l’occupation du sol, planification urbaine, éducation citoyenne et application rigoureuse des textes en vigueur.
En engageant cette opération, les autorités affichent leur volonté de faire de l’assainissement une priorité nationale. Reste désormais à concilier rigueur, justice sociale et dialogue afin que cette démarche contribue réellement à bâtir une capitale plus propre, plus sûre et plus vivable pour tous.
Guineeminesnature.com










