À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN), célébrée chaque 30 janvier, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a conduit une visite de production médiatique au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè.

Une infrastructure de référence

Ce centre, construit et soutenu par la Fondation Raoul Follereau, est dirigé par Oswald Attolou. Il s’agit d’une structure de référence qui combine soins, recherche clinique et accompagnement social. Les journalistes venus des 41 pays membres du REMAPSEN ont pu découvrir les installations et échanger avec les responsables sur les avancées enregistrées.

Des progrès notables dans la lutte

Le coordonnateur national du Programme de lutte contre la lèpre et l’ulcère de Buruli, Dr Delphin Degla, a rappelé les résultats obtenus après près de cinq décennies de lutte organisée.

– Lèpre : environ 300 nouveaux cas par an il y a vingt ans, contre 85 cas en 2025.

– Ulcère de Buruli : près de 300 cas annuels il y a dix ans, contre 135 en 2025, après une baisse notable sous la barre des 100 cas en 2024.

Ces chiffres traduisent l’efficacité des stratégies de dépistage, de traitement et de prévention mises en œuvre au Bénin.

Capacités et services du centre

Le CDTLUB de Pobè dispose de :

– 86 lits, avec un taux d’occupation de 82 % ;

– 298 nouvelles admissions en 2025 ;

– une durée moyenne d’hospitalisation de 79 jours.

Les soins incluent la chirurgie plastique spécialisée MTN, les transfusions, l’oxygénothérapie, la psychothérapie et le suivi clinique. L’équipe pluridisciplinaire compte trois médecins, 14 infirmiers, 15 aides-soignants, un psychologue et une assistante sociale.

Recherche et accompagnement social

Le centre participe à des essais cliniques internationaux visant à réduire la durée des traitements. Au-delà des soins médicaux, il met l’accent sur la réinsertion sociale et la lutte contre la stigmatisation. Une école non formelle y fonctionne, accueillant 47 enfants en primaire et 18 au secondaire, afin d’éviter le décrochage scolaire des jeunes hospitalisés.

Un engagement durable

La visite, conduite par Alice Toussaint, représentante de la Fondation Raoul Follereau au Bénin, a permis de rappeler l’engagement de la Fondation aux côtés de l’État béninois depuis plusieurs décennies. Initialement centrée sur la lèpre, l’action s’est élargie à une approche intégrée des MTN à manifestation cutanée, touchant des populations souvent éloignées des structures de soins.

À Pobè, la lutte contre les maladies tropicales négligées ne se limite pas aux traitements médicaux : elle vise aussi à restaurer la dignité humaine et à redonner une place aux patients dans la société.

AT