Un atelier de formation des prestataires de santé sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes a démarré ce lundi 22 décembre 2025 à Conakry. Cette session est organisée par le Centre Guinéen de Formation et d’Éducation pour le Développement (CEGUIFED), avec l’appui financier de l’ONU Femmes, à travers le Fonds Muskoka.

L’objectif de cette formation est de renforcer les capacités des prestataires afin d’améliorer l’accueil, l’écoute et la prise en charge des adolescents et des jeunes au sein des structures sanitaires.

La formation porte sur plusieurs modules clés, notamment : la signification de l’adolescence et ses implications en matière de santé publique ; la santé et le développement des adolescents et des jeunes ; les soins pendant la grossesse, l’accouchement et la prévention des grossesses précoces chez les adolescentes ; les avortements à risque et leur prévention ; les violences et blessures chez les adolescents et les jeunes ; ainsi que le VIH/SIDA chez les adolescents et les jeunes.

Selon Mamady Kankou Camara, formateur, cette session vise avant tout à améliorer la relation entre les prestataires de santé et les jeunes patients. « Cette formation consiste à amener les prestataires à adopter un bon comportement lorsqu’ils reçoivent les adolescents et les jeunes dans les structures sanitaires. Nous avons constaté que les adolescents et les jeunes ne fréquentent pas suffisamment les structures sanitaires, probablement en raison du comportement de certains prestataires. Il est donc important de renforcer leurs capacités afin d’offrir un très bon accueil et d’encourager les jeunes à fréquenter les formations sanitaires ».

Mamady Kankou Camara, formateur.

Il précise que quinze (15) prestataires de santé issus de différentes structures sanitaires prennent part à cette session de renforcement de capacités et porte sur plusieurs modules. « Les modules enseignés portent sur l’APF, l’apprentissage familial, le droit à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que sur la terminologie et les concepts liés à la sexualité. Nous abordons aussi les différents temps d’âge des adolescents et des jeunes, leur développement psychologique, émotionnel et physique, afin d’aider les prestataires à mieux communiquer et répondre à leurs besoins spécifiques ».

La formation, qui se déroule sur trois jours, sera suivie d’un dispositif d’accompagnement et d’évaluation sur le terrain : « La prochaine étape consistera à assurer le suivi des prestataires afin d’évaluer l’amélioration de leur comportement et l’évolution de la fréquentation des structures sanitaires par les jeunes. Réduire la morbidité passe par une prise en charge globale, avec des services réellement adaptés aux préoccupations des adolescents », a souligné le formateur.

Parmi les participantes figure Fatoumata Diouldé Sow, sage-femme au centre de santé amélioré de Loriane Doumbouya, à Kobaya. Elle se réjouit de cette initiative qu’elle juge très bénéfique : « Je suis très contente et ravie d’avoir été invitée à cette formation, car il y a des termes et des notions, notamment sur les droits des adolescents, que je n’avais jamais abordés auparavant. Je n’avais jamais reçu de formation spécifique sur la manière d’accueillir et de prendre en charge les adolescents dans nos structures ».

Elle a insisté sur l’importance de la confidentialité, de l’écoute active et du respect dans la prise en charge des jeunes : « Il est essentiel de bien les accueillir, d’assurer la confidentialité, de garantir leur sécurité et de se mettre à leur place pour éviter de nombreuses conséquences liées aux mariages précoces, aux violences basées sur le genre, aux mutilations génitales féminines et aux grossesses non désirées ».

Évoquant les réalités des maternités, elle a alerté sur les conséquences graves de certaines pratiques encore persistantes dans les communautés : « Les mutilations génitales féminines causent d’énormes complications lors de l’accouchement. J’ai été témoin d’un cas où une femme a dû être opérée parce qu’elle ne pouvait pas accoucher par voie basse ».

Fatoumata Diouldé Sow, participante.

Selon Fatoumata Diouldé Sow, la sensibilisation demeure un levier essentiel de prévention. Elle se dit prête et engagée à mettre en pratique les acquis de cette formation : « Nous devons, à chaque contact, sensibiliser les jeunes pour prévenir les maladies transmissibles comme le VIH et l’hépatite, et promouvoir la double protection afin d’éviter les grossesses non désirées et les avortements clandestins. À notre retour, nous ferons la restitution auprès de nos collègues qui n’ont pas pu participer, afin que l’ensemble du personnel puisse améliorer la prise en charge des adolescents et des jeunes ».

Il faut rappeler qu’à travers cette formation, le CEGUIFED et ses partenaires entendent poser les bases d’un système de santé plus inclusif, capable de répondre efficacement aux besoins spécifiques des adolescents et des jeunes, pour une jeunesse mieux protégée et un avenir sanitaire plus durable en Guinée.

Younoussa Sylla, pour guineeminesnature.com