A Kindia, les propriétaires d’unités industrielles traversent une période difficile. Plus d’un millier d’usines d’eaux minérales ont été fermées dans cette région administrative sur décision du gouvernement guinéen, à travers le ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME. L’objectif affiché : assainir le secteur, en mettant fin aux activités illégales de ces entreprises.

Ce lundi, l’inspecteur régional du commerce, de l’industrie et des PME de Kindia, Mamadi 1 Tenin Camara, a tenu à clarifier les raisons de cette mesure.

« Madame la ministre, Dr Diaka Sidibé, en charge de l’Industrie, des PME et du contenu local, a pris la décision de fermer ces unités après un recensement général sur l’ensemble du territoire. Le constat est alarmant : les usines listées ne disposent ni d’autorisation d’implantation, ni d’autorisation d’exploitation, ni de mise sur le marché. Ces documents sont obligatoires. Il y a aussi l’analyse de la qualité et le certificat de conformité qui doivent être fournis », a-t-il expliqué.

Liste de quelques unités de fabrication d’eaux minérales fermées à Kindia

 

Malgré une invitation à une rencontre d’échange, la majorité des propriétaires d’usines ne se sont pas présentés. Une attitude que déplore l’inspecteur.

« Nous pensions que cela pousserait les unités à venir s’informer sur les problèmes rencontrés et les solutions à envisager. À peine cinq usines se sont déplacées. Le communiqué est pourtant clair : il s’agit d’une fermeture immédiate et du retrait des produits. Certains nous demandent : “Mais si vous retirez tous les produits, qu’est-ce que les gens vont boire ?” C’est irresponsable. Nous voulions les informer, les sensibiliser et les former. Certains ne maîtrisent absolument rien en la matière. Mais nous restons à leur écoute.»

Mamadi 1 Tenin Camara précise que des mesures répressives seront prises contre les réfractaires.

« Bien sûr, nous sommes prêts à sévir, sous l’autorité du gouverneur. Nous demandons aux responsables des unités industrielles de se mettre en règle. Le laisser-aller ne peut plus continuer. Nous reconnaissons leur rôle économique, mais dans toute chose, c’est la norme qui doit primer. »

Cette fermeture massive suscite de nombreuses réactions. Certains observateurs craignent qu’elle ne pousse une partie de la population à consommer l’eau des robinets ou des marigots, souvent impropre à la consommation. D’autres pointent du doigt les lenteurs et les difficultés d’obtention des documents administratifs en Guinée, qui freinent la régularisation des activités industrielles.

De Kindia, Ibrahima Sory Traoré,pour guineeminesnature.com