Le Programme alimentaire mondial (PAM) s’est dit préoccupé de « la crise migratoire sans précédent » à laquelle font face des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes.

« Des millions de personnes ont quitté le Venezuela au cours des dernières années en raison du manque de nourriture, de médicaments et d’autres besoins de base, ainsi que de la perte de moyens de subsistance », a déclaré Hervé Verhoosel, porte-parole du PAM lors d’un point de presse vendredi à Genève.

A ce jour, plus de 3 millions de Vénézuéliens vivraient en dehors de leur pays, notamment en Colombie, au Pérou et en Equateur, pays voisins.

« Cependant, ces chiffres peuvent être plus élevés car ils ne comptabilisent pas les Vénézuéliens sans statut régulier », a précisé M. Verhoosel.

Plus de 3 millions de Vénézuéliens vivraient en dehors de leur pays – Hervé Verhoosel, porte-parole du PAM

Mais dans ces terres d’accueil, les migrants et réfugiés vénézuéliens sont exposés à un risque élevé d’insécurité alimentaire et de malnutrition. Seules 1,7% des femmes allaitantes prennent des suppléments alimentaires et 7% des enfants allaités au lait maternel reçoivent des compléments alimentaires.

Selon l’agence onusienne basée à Rome, plus d’un million de Vénézuéliens se sont ainsi installés en Colombie. Bogota est également confronté à l’arrivée de 400.000 rapatriés colombiens. Les migrants utilisent de plus en plus la Colombie comme corridor pour entrer en Équateur, au Pérou et dans d’autres pays d’Amérique du Sud.

Selon les gouvernements de Quito et de Lima, en octobre 2018, plus de 800.000 personnes sont passées de la Colombie à l’Équateur et plus de 500.000 sont entrées au Pérou. L’Équateur reste aussi un pays de transit.

D’après les Nations Unies, 83% des migrants en provenance de Colombie qui arrivent en Équateur se rendent à la frontière avec le Pérou, tandis que 17% restent en Équateur.

Plus de 5 millions de Vénézuéliens en exil d’ici la fin décembre 2019

« C’est l’un des exodes de masse le plus important dans l’histoire de l’Amérique latine et ces mouvements de populations devraient se poursuivre en 2019 et au-delà », a mis en garde le porte-parole du PAM. Selon M. Verhoosel, si la situation actuelle persiste, environ 5,3 millions de Vénézuéliens vivront en dehors de leur pays d’ici la fin décembre 2019.

Face à cette situation, l’agence onusienne fournit une aide alimentaire en Colombie et en Équateur, en particulier aux femmes et aux enfants vulnérables, qui n’ont pas accès aux services de base et ne savent pas d’où viendra leur prochain repas.

Ainsi d’avril à décembre 2018, le PAM a fourni une aide alimentaire d’urgence à près de 300.000 personnes dans les départements frontaliers colombiens d’Arauca, de La Guajira, de Norte de Santander et de Nariño. Les migrants vénézuéliens, les rapatriés colombiens et les communautés d’accueil ont été assistés.

C’est l’un des exodes de masse le plus important dans l’histoire de l’Amérique latine – Hervé Verhoosel

En outre, le PAM a fourni en Équateur une aide alimentaire à plus de 100.000 migrants vulnérables (87% de Vénézuéliens) dans les provinces d’Esmeraldas, Carchi, Imbabura, Sucumbíos, Pichincha, Saint-Domingue, Guayas et Azuay.

Toutefois pour poursuivre ces opérations humanitaires cette année, l’agence onusienne aurait besoin de 34,3 millions de dollars dans le cadre de son plan de réponse régional des Nations Unies en Équateur. Alors que le flux de migrants en Colombie devrait augmenter, le PAM indique avoir besoin du même financement en Colombie pour répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels des migrants en provenance du Venezuela.

Le PAM s’est enfin dit « prêt et disposé à soutenir le gouvernement du Venezuela si nécessaire ».

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