Le 27 novembre 2025, un jalon significatif a été posé en faveur de la préservation de la biodiversité en Afrique de l’Ouest, à travers la signature d’un Accord de coopération transfrontalière entre la République du Sénégal et la République de Guinée. Ce texte, émanant d’une collaboration structurée entre la Direction des Parcs Nationaux (DPN) du Sénégal et l’Office Guinéen des Parcs Nationaux et Réserves de Faunes (OGPNRF), poursuit l’objectif d’assurer une gestion concertée, rationnelle et pérenne du complexe écologique Niokolo-Badiar, lequel représente l’un des derniers sanctuaires pour de nombreuses espèces menacées dans la sous-région.

Cet accord, d’une portée stratégique, s’inscrit dans le prolongement d’un mémorandum d’entente le signé le 23 mai 2025 entre les deux ministères des affaires étrangères, de l’intégration africaine. Ce mémorandum avait déjà posé les fondements d’une coopération technique et institutionnelle entre les deux États.

Par le biais du Projet NaturaGuinée financé par l’Union européenne, la Wild Chimpanzee Foundation, partenaire technique de l’OGPNRF, a accompagné les autorités nationales dans les échanges techniques pour formaliser et promouvoir les actions communes dans le paysage Niokolo-Badiar.

L’Accord signé à Dakar instaure un cadre formel pour la coordination des efforts relatifs à la gestion de cet important écosystème transfrontalier. Il prévoit, notamment, la mise en œuvre de patrouilles mixtes de surveillance, les échanges réguliers d’informations sur les menaces telles que le braconnage et le trafic d’espèces sauvages, l’harmonisation des planifications et des politiques de conservation, ainsi que le lancement d’actions conjointes de suivi écologique. Ce dispositif vise à garantir une conservation efficace, cohérente et durable de ce paysage transfrontalier.

Les autorités nationales de deux pays ont unanimement salué cette initiative, réaffirmant qu’aucun État ne saurait, isolément, relever les défis complexes liés à la criminalité faunique, à la pression anthropique et aux effets du changement climatique. Elles ont en outre rappelé que le complexe Niokolo-Badiar demeure l’un des ultimes refuges pour diverses espèces menacées du Sahel, justifiant ainsi la nécessité d’une coopération exemplaire, continue et structurée.

Pour la Wild Chimpanzee Foundation, la conclusion de cet Accord consacre l’aboutissement d’un long processus de dialogue, de soutien technique et de mobilisation des différents acteurs impliqués, mené sur plusieurs mois au cours de l’année 2025. L’appui financier de l’Union européenne, va permettre de soutenir la mise en œuvre de la feuille de route de cet accord.

Sur la base d’une gouvernance conjointe, le Sénégal et la Guinée entament une nouvelle étape dans la préservation du complexe Niokolo-Badiar. L’Accord de Dakar s’impose dès lors comme un modèle de coopération transfrontalière à l’échelle régionale, démontrant qu’une synergie institutionnelle, appuyée par des partenaires techniques et financiers, peut contribuer de manière significative à la protection durable du patrimoine naturel commun.