Le premier Vice-maire de la Commune Rurale de Mambya, située dans la préfecture de Kindia, a accordé une interview à notre reporter. Dans cet entretien, Morlaye Bangoura, alias Morlis, a parlé de l’apport des activités minières au développement de la CRD. Par la même occasion, il a demandé un appui constant auprès de l’unique compagnie minière, la CBK, qui opère dans la zone depuis des années, à accorder une formation en faveur des jeunes de la localité. On vous propose de lire ci-dessous l’intégralité de l’interview.

Guineeminesnature: Pouvez-vous nous faire la présentation géographique de votre CRD ?

Vice-maire : La CRD de Mambia est située au nord par la sous- préfecture de Friguiagbé, au sud par la sous-préfecture de Sikhourou dans Forécariah, à l’ouest par la sous-préfecture de Kouriah dans Coyah, et à l’Est par la sous-préfecture de Samayah. Elle regorge une population de 54,349 habitants, composée de treize (13) districts. Et cette population est agro-pastorale, car elle vit à travers l’agriculture et de l’élevage. Certaines pratiquent aussi le commerce en minorité.

Aujourd’hui, la CRD de Mambya abrite un projet minier, je veux parler de la CBK. Vous en tant qu’élu du peuple, quelle relation existe-il entre vous et cette société ?

Depuis très long temps, cette société existe bien avant la troisième République. C’est-à-dire depuis la première république, la deuxième et jusqu’à maintenant la CBK existe.  Alors je vais vous dire qu’il y a une forte relation entre cette société et la Commune Rurale de Mambya. Cette relation existe sur plusieurs facteurs. Depuis l’existence du nouveau Code minier guinéen, il est avéré que la société donne certaines taxes à la Commune. Et ces taxes assurent le développement de la Communauté Rurale. Il s’agit notamment de la construction des écoles, des postes de santé, des forages et tant d’autres. Alors, nous disons que vraiment que depuis la création de cette société jusqu’à nos jours, il n’y a  pas eu de grands problèmes entre nous. Cela est grâce à la bonne compréhension entre les autorités locales et la compagnie.

Dites-nous, comment se passe la gestion de cette taxe ?

La gestion de la taxe se passe très bien. Une fois que la taxe est perçue, on convoque une session ordinaire des conseils de la Commune, sur l’ordre du Monsieur le sous-préfet. Ce qu’on appelle le PAU. Les conseillers se réunissent pour réfléchir sur un projet. C’est-à-dire, on examine pour savoir quels districts n’ont pas d’écoles, des postes de santé ou des forages. D’ailleurs la CBK nous assiste souvent dans la réalisation des forages. Chaque année, on nous donne trois forages. C’est à nous de les orienter dans les différentes communautés. Donc c’est comme ça que les taxes perçues à la CBK sont utilisées chez nous.

Quel regard portez-vous sur la formation et l’employabilité des jeunes de Mambia ?

C’est là où il y a le gros problème, par ce que moi j’aurais souhaité auprès de société de construire un centre de formation pour la jeunesse. Depuis que la CBK a commencé à évoluer ici jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas un centre de formation pour les jeunes. Ils auraient dû commencer  par ça pour permettre à Mambia de fournir aussi assez de cadres. Quand vous partez voir aujourd’hui là où la société exploite les mines tu trouveras peu de jeunes de Mambia qui travaillent. C’est-à-dire, il y a un manque de formation. Mais ce que je veux dire aussi, il faut que la jeunesse accepte de se former pour apprendre des métiers. C’est très important. Même s’il y a l’emploi, si tu n’es pas formé, ce serait difficile. L’emploi n’a besoin que des mains d’œuvres qualifiées. Donc, la première des choses, il faut que la jeunesse accepte de se former pour être à la conquête de l’emploi. Mais je dirai aussi au gouvernement de nous appuyer à avoir un centre de formation dans l’enceinte même de la cite CBK.

Parlons de l’autonomisation des femmes. Comment ça se passe à Mambia ?
Ici, les femmes sont réunies en groupement. Et Chaque année la CBK injecte un montant pour elles. Chaque cérémonie de remise de forage par exemple la CBK vient avec un montant de cinq millions de nos francs pour chaque groupement. Ces montants sont orientés vers les activités agricoles, telles que la saponification, la teinture et tant d’autres. Chacune est dans ses activités. Donc, vraiment nous disons qu’on a un appui particulier de la part de la société.
Parlez-nous des conséquences de l’exploitation minière de la CBK sur l’environnement au niveau de Mambia?

Cela ne finit pas. Je dirais même que qui exploite happy wheels demo la mine, dégrade l’environnement, voire l’écosystème. De nos jours, l’environnement à Mambia est vraiment bouleversé. C’est pourquoi le plus souvent, on leur demande de venir en aide pour reboiser partout où l’exploitation minière tend vers sa fin. C’est-à-dire, on doit procéder à un système de reboisement dans ces endroits.

Comment arrivez-vous à gérer les conflits entre les miniers et les populations dans les zones d’exploitation?

Ça se passe souvent. Puisque le non-respect de l’engagement crée des problèmes. Bien avant que la société minière ne s’installe dans une zone, il y a des engagements qu’on signe. Et la population reste ferme dans sur ces engagements. Par exemple, il y a des gens qui sont proches des zones d’exploitation minière. Ces gens ont besoin de la lumière. Et dès qu’on parle de ça, du coup les jeunes se révoltent. Parfois avant de se révolter,  ils font d’abord des écrits pour adresser à la commune. Et la commune, à son tour, appelle directement les responsables miniers. Au moment même où je vous parle, on a ces projets d’électrification dans les zones de Koumbassayah, Neugueyah, le terminus vers Friguagbé et un autre endroit situé vers le carrefour de Débélén, qu’on appelle Guèmètikhi. Il y a d’autres projets aussi qui sont en cours. On a un village qui s’appelle Khoniyah qui est en train de mener le combat pour avoir le courant électrique. En un mot, c’est ce que je peux vous dire.
Depuis l’installation de la CBK à Mambia, on entend rarement des bruits des populations. Comment cela se passe-t-il ?

 

Il n’y a pas de secret. Seulement, la bonne compréhension. Vous savez, le responsable ne doit pas rester bras croisé. Un responsable ne doit pas rester dans son bureau. Il faut te promener dans les coins. Dès que tu constates un fait, tu prends des dispositions. Et quand ça concerne la société, on informe directement les responsables de la société. Eux, ils nous écoutent. Donc si on se promène sur le terrain, on verra les réalités palpables et les réalisations. Par exemple, on vient d’organiser un tournoi de football.  Dès que la jeunesse nous a informés de cela, on a vite répondu. On a vu leur terrain de football qui est un peu dégradé, on a écrit à la société et la société nous a envoyé des machines pour bien réparer l’espace. Et si c’est comme ça, est ce que cette jeunesse peut attaquer les biens de cette société quand ils sont en colère. Ils vont venir d’abord vers les autorités pour discuter des problèmes.

Malgré cela, quels sont les difficultés que vous rencontrez dans ce processus ?
D’abord, tout le monde est unanime aujourd’hui que notre environnement est pollué et bouleversé. Cela est un problème et c’est une difficulté qui incombe à tout le monde. Donc, il faudrait qu’on trouve les miniers pour trouver un moyen pour réparer cette situation. C’est  pourquoi cette fois-ci, je veux faire un écrit pour adresser à la société minière. Nous voulons former une équipe avec la jeunesse en petits groupements qui doivent se charger du système de reboisement. Je vais certainement me voir avec le chef cantonnier forestier de me fournir des pépinières. Nous allons mettre main sur un groupe de jeunes en accord avec la société pour qu’on puisse reboiser tous les coins qui ont été touchés par la CBK.

Avez-vous des recommandations ou des messages solennels en guise de conseils à l’endroit des autorités, des populations et les sociétés minières installées dans votre CRD ?

Je commencerai d’abord par vous remercier vous-même. Ensuite, je dirai à nous les autorités, d’abord  au Président de la République de continuer ses initiatives. Nous sommes très contents. Car c’est grâce à lui que notre bureau de la commune rurale change de décor. Il est bien meuble et bien climatisé.
Quant aux communautés,  c’est de prendre un exemple sur nous par rapport à la stratégie de gestion de la situation des mines et la communauté. Malgré, tout ne peut pas être rose, mais ils auront des leçons à tirer. Surtout d’accepter les portes à portes avec les Communautés.
En ce qui concerne la société minière, on leur dirait encore de chercher toujours à renforcer des relations et la confiance. Car c’est un processus gagnant-gagnant. On doit éviter les perturbations dans les zones minières.
Aux jeunes, la manifestation est un droit, mais sachant que détruire les biens communs est un délit. Donc il faut apprendre à se plaindre.

Merci Monsieur

Je vous remercie

Retrouvez à travers les articles l'actualité complète sur les Mines et l'environnement de la Guinée mais aussi les actualités minières et écologiques dans le monde. Mr Younoussa Kass Sylla, Directeur de Publication contacts: +224662322478/657513361, Email:syllayoun87@gmail.com.

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